Samedi 19 novembre après-midi, Monseigneur Fouad Twal, précédemment archevêque de Tunis et nommé coadjuteur du patriarche latin Michel Sabbah, a été accueilli solennellement dans l’église « con-cathédrale » du patriarcat (la cathédrale du Jéusalem est la basilique du Saint-Sépulcre). Après les paroles d’introduction du patriarche Michel Sabbah, lecture fut donnée, en arabe et en français, de la bulle de nomination. Nous y avons relevé, au passage, la formule « Jésus né du peuple juif ». Toute l’église locale était représentée à la cérémonie, non seulement par le peuple qui emplissait le lieu, où se mêlaient laïcs et religieux de multiples communautés, mais aussi par les chefs ou délégués des diverses Églises chrétiennes, catholiques, orthodoxes et réformées. Mgr Twal présidait la célébration de l’eucharistie, entouré des évêques auxiliaires du patriarcat, du délégué et nonce apostolique, des évêques catholiques orientaux de Jérusalem, du custode de terre sainte, des abbés bénédictins et cistercien et d’un nombreux clergé.
Dans son homélie, prononcée en arabe et en français, Mgr Twal évoqua d’abord des souvenirs personnels. Né en Jordanie, il avait exercé ses premiers ministères dans le diocèse après avoir été ordonné prêtre dans cette même église du patriarcat latin. Avec un humour qui détendit l’assemblée, il avoua que si Dieu l’avait choisi malgré ses limites pour revenir travailler dans cette région difficile, c’était sans doute qu’il avait l’intention de le faire le travail lui-même ! Il évoqua la vie de l’église catholique de Terre Sainte, avec ses caractéristiques, ses problèmes et ses aspirations : la présence des communautés religieuses de toutes origines, l’importance du travail des éducateurs, le travail obscur du clergé de base, le désir unanime de parvenir à la paix, le chômage, qui n’éparge aucun des pays qui composent le patriarcat, la souffrance et la pauvreté, l’émigration des chrétiens, les relations avec les autres confessions chrétiennes, la collaboration avec la custodie, l’importance d’un dialogue avec l’Islam. Avant de conclure, il adressa un salut au peuple juif, rappelant les paroles prononcées récemment par le pape Benoît XVI lors de sa rencontre avec les deux grands rabbins d’Israël.
Prononcée en arabe, français, anglais, italien, espagnol et hébreu, la prière des fidèles manifestait le caractère cosmopolite et la vocation universelle de l’Église de Jérusalem.
À la fin de la célébration, le délégué et nonce apostolique, Mgr Pietro Sambi, rappela que Mgr Twal avait exercé des fonctions dans la diplomatie pontificale avant son ministère à Tunis, et qu’ils avaient eu l’occasion de travailler ensemble en Amérique latine.
Mgr Twal est désormais le principal collaborateur de Mgr Michel Sabbah, appelé à lui succéder dès que ce dernier cessera d’exercer ses fonctions. Un écho d’Israël lui souhaite la bienvenue et lui présente ses meilleurs vœux.
Voir aussi : La hiérarchie catholique à Jérusalem