Ariel Sharon (Sheinerman, né en 1928), 12ème Premier Ministre d’Israël.
Exerça les fonctions de ministre de la Défense, de ministre des
Infrastructures, de ministre des Affaires étrangères, et de Général
de Tsahal. Une des figures politiques dominantes et les plus
controversées de toute l’histoire de l’Etat d’Israël.
Comme militaire, général de Tsahal, Sharon participa en tant que
commandant de division à la guerre des Six Jours et à celle de Yom
Kippour. Comme homme politique, il eut l’initiative de la fondation du
Likoud, fut impliqué dans la guerre du Liban, et finalement fut choisi
comme Secrétaire général du Likoud et comme Premier Ministre.
Son enfance et son action militaire
Né au village de Malal. pratiqua l’agronomie. Fils de Déborah et de
Samuel Sheinerman, émigrants de la troisième vague d’immigration, qui
émigrèrent de Russie en Israël après la première guerre mondiale.
Tous deux s’installèrent au village de Malal et furent à la tête
d’une entreprise agricole. Ariel est le second d’une famille de deux
enfants. Sa soeur aînée porte le prénom de Judith.
Sharon fit ses études secondaires à Tel-Aviv. En 1945, il rejoignit
les rangs de la "Haganah", et commença une carrière militaire qui se
déroula sur de nombreuses années. Durant la guerre d’Indépendance, il
fut, alors qu’il était âgé de seulement vingt ans, chef de section
dans l’unité "Alexandroni" ; il fut blessé durant le siège de Latroun.
En 1949, il fut commandant de compagnie et, en 1951, il fut nommé
officier de renseignements de commandement, au commandement de la
région Centre. En 1953, il fonda l’Unité 101 dont le but était
d’effectuer des opérations de représailles en réponse aux attaques
des infiltrés, ("Padayion"). Parallèlement il étudiait en vue
d’obtenir une licence en Histoire et en Orientalisme à l’Université
Hébraïque de Jérusalem.
Sous sa direction, l’unité effectua avec succès un assez grand nombre
d’opérations de représailles. Cette unité est, aux yeux de nombreux
chercheurs, responsable de l’orientation des valeurs dans la conduite
de la lutte et de la victoire. En octobre 1953, l’opération de
représailles s’acheva au village de Kabya par un nombre important de
tués, (soixante-dix environ). Les circonstances de l’opération de
Kabya font toujours l’objet d’un débat, et à cause d’elle, Sharon
essuya plus d’une fois la critique. En janvier 1954, l’unité 101
fusionna avec l’escadron de parachutistes, sous le commandement de
Sharon, et les opérations de représailles continuèrent dans ce cadre.
En 1956, il fut nommé commandant de la brigade des parachutistes et
combattit à l’opération de Qadesh. Durant le déroulement de cette
opération, la force placée sous le commandement de Sharon participa
au difficile combat du col de Mitla. Ce combat fit de nombreuses
victimes et suite à ce combat, Sharon fut très vivement critiqué : il
lui était reproché d’avoir mené un combat qui, dès le départ, était
superflu. A la suite de cette critique, Sharon partit étudier en
Grande Bretagne à l’école de commandement et son avancement à Tsahal
fut bloqué sur une longue période.
Dans les années 1958-1962, il étudia le droit à l’Université
Hébraïque de Jérusalem et commanda la brigade et l’Ecole des soldats
de première classe. Avec la nomination d’Itzhak Rabin comme chef
d’état-major général en 1964, Sharon fut nommé à la tête de
la région Centre, et deux ans après en 1966, il reçut le grade de
Général.
Il participa à la Guerre des Six Jours comme commandant de la
division des blindés et jouit alors d’une grande estime. En 1970, il
fut nommé commandant de la région Sud. Il participa à la guerre
d’usure, critiqua très vivement la politique du chef d’état-major
général d’alors, Haim Bar-Lev, et se brouilla avec ses pairs à
l’état-major général. A la fin de la guerre d’usure (août 1970) et
durant l’année 1971, il fut chargé de la liquidation des cellules de
terroristes dans la Bande de Gaza. De même il évacua les bédouins du
Nord Sinaï, action pour laquelle il fut blâmé par le chef
d’état-major général.
En juin 1973, Sharon se retira de Tsahal et se libéra pour se
présenter dans le cadre du parti libéral aux élections à la Knesset
qui eurent lieu cette année-là. Entre juin et octobre 1973, il
s’activa énergiquement pour fonder le Likoud.
A la déclaration de la guerre de Yom Kippur, Sharon fut rappelé comme
chef de la division des blindés, se brouilla avec le commandement,
traversa le canal de Suez, opération qui fut le commencement d’un
changement dans le déroulement de la guerre.
Le passage à la politique
Aux élections à la Knesset qui eurent lieu en décembre 1973, Sharon
fut élu député, mais au bout d’un an (décembre 1974), il démissionna
et revint servir à Tsahal.
Dans les années 75-76, il remplit la fonction de conseiller du
Premier Ministre, Itzhak Rabin, dans le domaine de la sécurité. Aux
élections de la neuvième Knesset (1977), il se présenta à la tête du
parti qu’il avait fondé "Shlomzion", qui gagna deux sièges. Après les
élections, son parti fusionna avec le mouvement "Hérout". Dans le
gouvernement que mit en place Menahem Bégin, Sharon fut nommé
ministre de l’Agriculture. Durant cette période, il appela au
renforcement de la colonisation juive dans les territoires de Judée
et de Samarie.
En 1980, après la démission d’Ezer Weizman de la fonction de ministre
de la Défense, Sharon aspira a être nommé à sa place, mais Bégin
refusa sa demande et entre les deux hommes la relation devint très
tendue. C’est seulement après les élections à la dixième Knesset
(1981) que Sharon fut nommé ministre de la Défense. Dans le cadre de
sa fonction, il prit l’initiative de l’opération "Ornim", destinée à
liquider les bases des terroristes au Liban et à arrêter les
offensives contre la frontière nord. L’opération qui se réalisa sous
le nom d’"Opération Paix de la Galilée" ("Shlom ha-Galil")
commença le 6 juin 1982. Sharon y fut mêlé à tous les niveaux, et
selon les affirmations de ceux qui le critiquent, il réalisa
certaines parties de l’opération sans en tenir informé le Premier
Ministre, Ménahem Bégin, ni avoir reçu son accord.
En septembre 1982, après l’attentat contre le Président du Liban,
Beshir Gemayel, les forces des Phalanges libanaises massacrèrent les
habitants palestiniens de deux camps de réfugiés au Liban, Sabra et
Shatila. Dans le compte-rendu de la Commission Kahane, qui enquêta
sur l’affaire et sur la responsabilité de l’Etat d’Israël dans les
événements, il fut établi que Sharon était responsable pour n’avoir
pas tenu compte de la possibilité du massacre, à la fois dans la
prise de décision de faire entrer les phalanges dans les camps et
pour n’avoir pas pris les moyens pour empêcher la possibilité du
massacre. A la suite de la proposition de la commission, le Premier
Ministre d’alors, Ménahem Bégin, releva Sharon de sa charge de
Ministre de la Défense.
Sharon continua toutefois d’assumer dans ce gouvernement la charge de
ministre sans portefeuille. Dans le gouvernement d’union nationale qui fut mis en place après les élections de 1984, il fut nommé ministre de
l’Industrie et du Commerce, et ce, malgré l’opposition des députés du
Ma’arakh.
En février 1990, Sharon démissionna du gouvernement, à la
suite de son opposition à la décision du gouvernement d’organiser des
élections dans les Territoires. Après la chute du gouvernement, le
15 mars, Sharon fut nommé ministre de la Construction et de
l’Habitation dans le gouvernement que mit en place Itzhak Shamir. A
l’occasion de cette fonction, il stimula de façon massive la
construction dans les Territoires. A l’occasion des élections de
1992, Sharon se présenta afin d’être élu Secrétaire Général du Likoud,
mais il arriva en troisième position après Itzhak Shamir et David
Lévi. La chute du Likoud aux élections amena la démission de Shamir de
la tête du parti. Aux élections primaires, qui eurent lieu à
l’intérieur du mouvement en février 93, Sharon s’abstint de se
présenter contre Binyamin Netanyahu.
Dans le gouvernement que mit en place Netanyahu en 1996, au départ,
le nom de Sharon n’apparaissait pas, mais par suite de l’ultimatum
que posa David Lévi, on créa pour lui le ministère des
Infrastructures nationales. Il fut membre du Cabinet de
Sécurité et assuma, à la fin de la législature, la charge de ministre
des Affaires étrangères.
Premier Ministre
Suite à l’échec aux élections de 1999, Netanyahu démissionna du
poste de la direction du Likoud. Aux élections primaires du mouvement
qui eurent lieu en septembre 1999, Sharon fut élu Secrétaire Général
du Likoud. A la quinzième Knesset, il assuma la charge de membre de la
Commission des Affaires étrangères et de la Sécurité.
En septembre 2000, il fit une visite très médiatisée au mont du
Temple, malgré plusieurs avertissements de différentes instances.
Après la visite explosa une vague d’émeutes violentes chez les
Palestiniens des Territoires de Judée et de Samarie et de la Bande de
Gaza, ainsi que chez les citoyens arabes israéliens. Cette vague
marqua en fait le commencement de l’Intifada d’El Aqsa. Le lien de
cause à effet entre la visite de Sharon et l’explosion de l’Intifada
est sujet à une controverse publique et politique, certains voyant en
effet dans la visite une cause accidentelle qui servit de prétexte
aux Palestiniens pour renouveler le combat violent contre l’Etat
d’Israël.
Aux élections qui eurent lieu le 6 février 2001, Sharon se présenta
face Ehud Barak à la fonction de Premier Ministre et gagna avec une
énorme différence.
Le 7 mars 2001, Sharon mit en place un gouvernement d’union
nationale. En janvier 2003, il conduisit le Likoud à une victoire
éclatante aux élections à la Knesset et forma un nouveau gouvernement
sous sa responsabilité, mais non un gouvernement d’union. A ces
élections, son fils, Omri Sharon, fut élu comme député sur la liste
du parti Likoud. Au cours de l’année 2003, Sharon et ses fils (Gilad
et Omri) furent l’objet d’une enquête par la police israélienne.
L’enquête porta sur deux affaires : le prêt reçu du millionnaire ,
Cyril Qeren et l’emploi problématique de Gilad Sharon par l’homme
d’affaires, Dudi Apel.
Le 18 décembre 2003, Sharon présenta son programme de désengagement unilatéral de la Bande de Gaza. Les détails complets de ce programme
furent présentés en avril 2004. Sharon informa alors qu’il avait
l’intention d’exécuter le programme de désengagement et de séparation
de la Bande de Gaza. Ce programme incluait l’évacuation de toutes les
implantations juives de la Bande ainsi que l’évacuation de quelques
implantations situées au nord de la Samarie. En janvier 2005, le parti travailliste dirigé alors par Shimon Pérès décide de rejoindre la coalition et de former un gouvernement d’union nationale sans les partis de droite et le parti Shass.
Au cours des mois qui
suivirent, Sharon réussit, en dépit de nombreuses difficultés, à
maintenir la stabilité de son gouvernement et à amener à l’étape de
réalisation le programme de désengagement. En août 2005, les
implantations israéliennes de la Bande de Gaza ainsi que quatre
autres implantations situées au nord de la Samarie furent évacuées.
Après l’élection d’Amir Péretz à la tête du parti travailliste, Sharon voyant qu’il n’a pas la possibilité de poursuivre son programme politique au sein de son propre parti décide le 21 novembre 2005 de le quitter et de créer une nouvelle formation politique qui prendra le nom de Kadima.
Le soir du 18 décembre 2005, à trois mois des élections pour la 17ème Knesset, Ariel Sharon est hospitalisé d’urgence à l’hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem après avoir été victime d’une attaque cérébrale. Il reprends quelques jours plus tard ses activités. Les médecins sont optimistes. Mais le 4 janvier 2006 au soir, Sharon est à nouveau hospitalisé d’urgence après avoir subi une nouvelle attaque cérébrale qualifiée de « sérieuse » par son médecin personnel. Il est placé dans un « coma profond sous respiration artificielle » pendant plusieurs jours.
Après de cinq mois de coma, il est transféré le 28 mai 2006 au centre médical de soins palliatifs de l’hôpital Tel Hashomer à Tel Aviv.
Dans sa vie personnelle, Sharon a subi plusieurs tragédies : sa
première femme, Margalit, inspectrice principale d’un l’hôpital
psychiatrique était âgée de 30 ans lorsqu’elle fut tuée dans un
accident de voitures. En 1968, son fils Gour, âgé de 11 ans fut tué
en jouant avec un révolver. En l’an 2000, il perdit sa seconde
épouse, Lili.
Réside à la ferme des Sycomores.