Des chiffres et des mots
Mardi 31 août, 14.45 : double attentat dans deux autobus à Be’er Sheva. Bilan : 16 morts et 94 blessés, dont 7 dans un état grave ou critique. Toute l’après-midi, les chaînes israéliennes de télévision commentent l’événement et donnent les dernières informations. Comme toujours, les bombes étaient enrobées de clous, de vis, de petits morceaux de tôle et autres fragments métalliques destinés à déchiqueter au maximum la chair des victimes.
Dans l’après-midi, Le Monde donne la nouvelle au conditionnel. Dans le journal de 20 heures, France 2 parle de 15 morts sans faire aucune mention des blessés, montre une habitante de Be’er Shéva interpellant Ariel Sharon, puis laisse Charles Enderlin tirer la morale de l’histoire.
L’horreur est ramenée à un chiffre (revu à la baisse) et un commentaire politique. Pour nous qui vivons sur place, c’est malheureusement la routine.
Michel Remaud
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Les Palestiniens s’enferment eux-mêmes...
Un nouvel attentat a de nouveau frappé le pays. Cette fois-ci ce n’est ni à Jérusalem ni à Tel Aviv ou Haïfa mais à Bersheva, la capitale du Néguev, à la porte du désert où vivent en paix avec les Juifs des dizaines de milliers de Bédouins.
Seize personnes, y compris un garçon de 3 ans, ont été tuées et environ 100 autres ont été blessées ce mardi après-midi, dernier jour des grandes vacances, dans un double attentat dans deux autobus.
Le Hamas a revendiqué ces actions terroristes qu’un chrétien de Bethléem rencontré il y a quelques jours, qualifiait d’actes de résistance... Le pays n’avait pas connu d’attentat suicide depuis 5 mois et les Israéliens, surtout durant ces mois de juillet et août, avaient presque oublié que l’Intifada rentrait dans sa quatrième année.
Au journal de 20h, Charles Enderlin, correspondant de France 2 en Israël, n’a pas manqué de nous montrer une femme dont le fils est vigile dans les autobus qui demandait à Sharon de liquider les Palestiniens. Si l’on peut comprendre sa colère sans y adhérer, on est en droit de se demander pourquoi il fallait renvoyer ainsi dos à dos les Palestiniens et les Israéliens ? Qui est victime ? Qui est terroriste ? Qui est responsable ?
Les terroristes étaient, selon toute vraisemblance, sortis de la région d’Hébron, secteur où le mur de sécurité n’a pas été érigé. La polémique rebondit donc et s’amplifie. Du point de vue des statistiques, l’efficacité de la barrière de sécurité peut être difficilement remise en question et les politiques, de droite comme de gauche, demandent l’accélération de sa construction.
Les organisations terroristes sont les premiers responsables de l’enfermement des Palestiniens derrière des murs et des clôtures. Si la solution adoptée d’ériger des barrières est du court terme et risque de se retourner contre Israël, elle reste pour l’heure la réponse la moins mauvaise au terrorisme.
Les experts de la sécurité du ministère de la Défense, de Tsahal et des services de renseignements prévoient une augmentation des attentats plus le plan de démantèlement des implantations de la Bande de Gaza se précisera. Sharon se dit déterminé à poursuivre son projet tout comme Rabin ou Pérès se disaient déterminés à poursuivre le processus de paix... Les terroristes palestiniens donnent raison à la frange dure des habitants des implantations de Gaza et de Cisjordanie et desservent plus que jamais la cause palestinienne.
Jean-Marie Allafort