Avi Dichter, né le 4 décembre 1952, fut le 11ème directeur du Service de la sécurité générale (Shabak) entre les années 2000 et 2005. Député du parti Kadima en 2006, il fut nommé ministre de la Sécurité Intérieure.
Il naquit et grandit à Ashkélon et fut pupille du "HaShomer HaZa’ir" (la jeune Garde).
Service Militaire
Il fit son service militaire comme combattant dans "le groupe de reconnaissance du chef d’état-major général". Il refusa la proposition de Ehud Barak, le commandant de l’unité, de suivre le cours destiné aux officiers. Durant son service dans la réserve dans le groupe de reconnaissance du chef d’état-major général, il reçut une citation élogieuse : il avait en effet participé au sauvetage d’une équipe qui s’était empêtrée dans un Etat ennemi.
Service de la sécurité générale
Après avoir quitté Tsahal, il fut engagé au Service de la sécurité générale ("Shabak"). Il apprit l’arabe dans un oulpan, puis suivit un cours comme coordinateur des renseignements. Il fut alors placé à un poste dans la région militaire sud. En 1992, il fut nommé commandant de la région militaire sud. Au cours de son mandat à cette fonction, l"’ingénieur", Yahi Ayash, fut éliminé. Pour venger cette action, un terroriste venu de Gaza, qui avait réussi à échapper au contrôle du Service de la sécurité générale, réussit à faire un attentat suicide à Tel-Aviv au Centre Dizengoff.
En 1996, à la suite de l’assassinat de Itzhak Rabin, il fut nommé chef du département de la protection, et en 1999, il fut nommé directeur adjoint du Service de la sécurité générale. Au cours de son service à la sécurité générale, il termina sa licence en criminologie et en psychologie à l’université Bar-Ilan, et sa maîtrise en gestion d’entreprises à l’université de Tel-Aviv.
En mai 2000, il fut nommé par le premier Ministre, Ehud Barak, à la fonction de chef du Service de la sécurité générale. Dichter assuma cette fonction durant la période la plus exigeante quant à l’organisation, celle de l’Intifada d’El Aksa. Durant cette époque, le Service de la sécurité générale réussit à faire échouer de nombreuses tentatives d’attentats, mais chaque fois qu’il échoua dans cette tâche, nombreuses furent les victimes israéliennes. Son plus grand échec, comme il le reconnut, fut en 2001 l’attentat contre le ministre du tourisme d’alors, Rehavam Zéévi.
Sous le commandement d’Avi Dichter, le Service de la sécurité générale intervint dans de nombreuses actions ciblées pour faire échouer les attentats. Il y eut alors accélération de l’utilisation de cette politique, qui avait été mise en place avant que Dichter n’assumât la fonction de responsable du Service de la sécurité générale. En 2004, plus de trois ans après l’irruption de l’Intifada, on put constater en Israël une diminution substantielle des attentats. Ce changement est attribué, et à la barrière de séparation dont Dichter fut l’un des promoteurs, et à la meilleure capacité du Service de la Sécurité générale de faire échouer les attentats. Cette capacité inclut non seulement "éliminations" des responsables des attentats terroristes mais aussi une information précise concernant les attentats suicides. Cette information permet en effet d’arrêter les commandos de terroristes et de saboteurs suicidaires, avant qu’ils ne réussissent à perpétrer leur crime.
Dichter soutint la mise en place de la barrière de séparation et fut l’un de ceux qui poussa le plus à sa construction. Dichter exprima en outre, dans un discours prononcé le jour de la Shoah, son opposition à la libération de prisonniers palestiniens, particulièrement de ceux ayant du sang sur les mains. Dans ce même discours, qui eut lieu presque à la fin de son mandat, il dit que "dans les dernières années s’était développée une nouvelle machine criminelle ayant pour but de tuer les Juifs uniquement parce qu’ils sont juifs". Cette manière de s’exprimer sortant de l’ordinaire suscita la désapprobation de la Gauche et les éloges de la Droite.
Le 15 mai 2005, à la fin de son mandat de cinq ans, Avi Dichter quitta le Service de la sécurité générale. Yuval Diskin, qui avait été l’adjoint de Dichter et le responsable des actions ciblées préventives, le remplaça à cette fonction. Durant son mandat, Avi Dichter reçut des éloges tant de la Droite que de la Gauche. A Droite, on soutint qu’Ariel Sharon n’avait pas prolongé le mandat de Dichter parce que ce dernier avait manifesté son opposition au programme de désengagement. Cependant, il faut se rappeler que dans le paragraphe 3b du règlement du Service de la sécurité générale, il est dit : "La durée du mandat du responsable du Service sera de cinq ans, sauf si le gouvernement avait fixé une période plus courte lors de la décision de la nomination ; le gouvernement est habilité, dans des circonstances exceptionnelles, à prolonger le mandat du chef du Service pour une période supplémentaire qui ne dépassera pas une année".
Carrière politique
Le 28 décembre 2005, Dichter annonça dans une conférence de presse son adhésion au parti Kadima d’Ariel Sharon. Sharon le destina à la fonction de ministre de la Sécurité intérieure afin de lutter contre la criminalité et la violence qui s’étaient accrues dans les rues du pays. D’autres virent en lui un concurrent face à Shaoul Mofaz à la fonction de ministre de la Défense. Au cours de la conférence de presse, Dichter déclara que, depuis le désengagement, "les faits parlent d’eux-mêmes. La diminution du nombre des attentats est importante". Cette déclaration, qui faisait suite à la salve de roquettes sur les localités du Négev occidental et les bombardements à la frontière libanaise, provoqua la désapprobation de la droite. Efi Eitam qualifia même sa décision de "perte du sens de la mesure".
Avi Dichter fut inséré à la cinquième place sur la liste de Kadima à la Knesset et fut élu député de la 17ème Knesset. Ehud Olmert le nomme ministre de la Sécurité Intérieure dans son gouvernement.
Il est réélu député lors des élections à la 18ème Knesset.
Dernière mise à jour le 19 février 09