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Boycott culturel à Aix-en-Provence

mardi 27 juillet 2010, par Antoinette Bremond


Le département des Lettres Modernes de l’université de Provence, Aix-Marseille 1, avait décidé, en 2008, d’organiser un colloque intitulé « Ecrire aujourd’hui en Méditerranée » prévu pour avril 2011. Anne Roche, professeur de Lettres Modernes à l’université d’Aix, l’une des organisatrices de ce colloque, prend contact avec Esther Orner, écrivain d’expression française et professeur de Traduction à l’université Bar Ilan (Israël). Elle lui propose de participer à ce colloque. Esther est partie prenante, le sujet correspondant à ses qualifications.

Née en Allemagne, elle passe son enfance en Belgique comme « enfant caché » pendant la guerre. Elle immigre en Israël en 1950, à 13 ans. Elle passe ensuite une vingtaine d’années à Paris. Depuis 1983, elle vit à Tel Aviv où elle enseigne la Traduction à l’université de Bar Ilan et l’hébreu à de nouveaux immigrants. Elle a publié des récits dans « Les cahiers du nouveau commerce » et vient de sortir son premier roman : « Autobiographie de personne », Edition Métropolis.

En juillet 2010 Esther Orner reçoit une lettre de l’un des organisateurs du colloque disant entre autres : « Tout récemment, lors de notre dernière réunion du comité scientifique, il a été dit que certains écrivains arabes, invités, ne viendraient pas si un ou une écrivain israélien(e) était présent(e) ». Il avait été donc décidé d’annuler sa participation à ce colloque.

Esther n’a pas été vraiment surprise. Ce n’était pas son premier boycott ! ! Elle ne prend pas ce boycottage comme une attaque personnelle, cette réaction étant, à son avis, contre la culture israélienne, contre le peuple juif. « Si je comprends bien, Israël ne fait pas (plus) partie du pourtour de la Méditerranée !... Je m’inquiète pour la délégitimation d’Israël qui est en marche. Que les Européens puissent participer à cela montre qu’ils n’ont rien appris de l’Histoire. »

Anne Roche s’oppose à cette décision et démissionne du comité. Elle est la seule à le faire, même si d’autres n’avaient pas été d’accord avec ce boycott culturel. « Il faut en parler », dit l’écrivain francophone israélienne. « Ce genre de boycott devient monnaie courante, touchant des artistes, des écrivains, des intellectuels, même des films. Il faut faire quelque chose. »

Il faut savoir que cet été, un groupe de Français pro-Palestinien parcourt la France pour « accabler Israël de tous les vices ».

Plus encore, il y a actuellement des intellectuels israéliens des universités du pays qui préconisent ce boycott tout en continuant à profiter des apports des universités. Pour Esther Orner, « c’est de la folie !... une manière de se faire bien voir à l’étranger. »


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