Il n’y a toujours pas de métro à Tel Aviv. Et alors que le Tramway de Jérusalem devrait (enfin) entrer en activité en 2011, il n’existe aucun équivalent dans la ville balnéaire. Le projet de petit train pour améliorer la circulation à l’intérieur du Goush Dan n’en est toujours qu’à ses balbutiements, les financements manquent et on parle d’une intervention de l’Etat.
Tel Aviv n’en a donc toujours pas fini avec ses rues embouteillées, ses gros autobus bruyants, ses voies de bus quasi-inexistantes et les dizaines de minutes d’attente aux arrêts bondés, sans siège, en plein soleil. Aussi pour tenter d’améliorer un peu la situation, la mairie de Tel Aviv conjointement avec le ministère des transports et la compagnie Dan qui gère le réseau de la région, ont pris plusieurs initiatives.
Deux nouvelles lignes ont déjà vu le jour : la ligne 37 du centre de Jaffa au Marché Carmel et la ligne 58 qui parcourt Giv’atayim et Ramat Gan pour s’achever à la bourse des diamants. Quatre autres lignes sont aussi rénovées : la ligne 10 de Bat Yam à la gare centrale de trains de Tel Aviv, la ligne 18 qui part du même endroit pour la même destination mais par un trajet différent, la ligne 25 de Bat Yam à l’université de Tel Aviv et la ligne 6 qui vient remplacer l’ancienne ligne 13 dans les quartiers chics du nord de Tel Aviv et de la rivière Hayarkon. On prévoit également une autre ligne reliant la rue Roi George V à Tel Aviv au quartier culturel de Holon et à son grand théâtre.
Par ailleurs sur le modèle de Jérusalem et de Haïfa, et évidemment de nombreuses grandes villes dans le monde, Tel Aviv assure depuis cet été un service de bus public de nuit entre 1 heure et quatre heures de matin entre le port de Tel Aviv et le quartier Florentine, deux quartiers très animés la nuit. Le système a été lancé cet été et devrait se poursuivre à la rentrée. L’objectif affiché, indiquait au mois de juin Ron Huldaï le maire de Tel Aviv sur son blog, était, d’une part d’assurer un moyen facile et peu cher pour les jeunes de rentrer chez eux après leur soirée, d’autre part précise-t-il, de réduire les accidents de la route trop souvent causés par des festivités arrosées d’alcool. Seuls les bus le vendredi soir ne sont pas encore d’actualité, au grand regret de Ron Huldaï qui, dans un article du Yediot Aharonot du 22 juin, ne cachait pas sa volonté d’établir un service public de transport tous les jours et toutes les nuits, sans exception. Il faut noter néanmoins que ce système existe déjà sur d’autres trajets grâce aux minibus (les fameux Shérout), entre Tel Aviv et Petah Tikvah par exemple avec la ligne 66, qui roule sept jours sur sept.
Mais enfin et surtout, fidèles à la réputation de la ville qui ne dort jamais et qui s’amuse, le ministère des transports, du tourisme, la mairie de Tel Aviv et la compagnie Dan ont développé depuis plus d’un an déjà un nouveau concept : la soirée en bus. On connaissait déjà le char de musique mobilisé pour les grandes parades, on y avait introduit aussi des bus, mais le concept cette fois s’étend bien au-delà. La chose est assez déroutante. A défaut de concevoir un bus qui ferait moins de bruit, on en fait rouler qui en font plus. Son à plein tubes, décorations, boissons, et filles décolletées à l’occasion, le bus se transforme pour un soir en petite discothèque. Concept venu principalement de Los Angeles, la soirée en bus a accompagné cet été nombre de bus de tourisme, les bus rouges qui font le tour de la ville. On en voit aussi régulièrement les jours de fête : pour la fête de Pourim (où le déguisement est très répandu, y compris parmi les adultes), au nouvel an (bien que cette fête-ci en revanche soit bien moins suivie en Israël — voir notre article http://www.un-echo-israel.net/Le-No... ), ou pour toute autre occasion. C’est un peu comme un nouvelle mode. La compagnie Dan propose en effet la location de bus pour célébrer tout type de soirée : un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, un anniversaire, une célébration de diplômes ou une simple sortie de nuit. On pourrait se demander en souriant : à quand un mariage ou une bar-mitsvah en autobus ?
Il reste toutefois deux dangers à éviter : d’une part que l’ambiance du bus détourne les automobilistes de la concentration nécessaire pour conduire, d’autre part que le mélange de l’alcool et des mouvements du bus ne provoquent trop de soirées du genre … gâtées.