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Centenaire de la Dédicace de l’église d’Abu Gosh

lundi 3 décembre 2007, par Jean-Marie Allafort


Les frères et soeurs de l’Abbaye bénédictine d’Abu Gosh et leurs amis ont célébré ce samedi 1er décembre le centenaire de la dédicace de l’église Sainte-Marie de la Résurrection. La messe solennelle fut présidée par le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, venu spécialement de Rome pour l’événement, en présence du patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah et de l’abbé général de la congrégation des bénédictins olivétains, Dom Michelangelo Tiribilli.

L’église croisée d’Abu Gosh avait été laissée à l’abandon pendant de nombreux siècles, et c’est seulement en 1907 qu’elle retrouva son utilisation initiale lorsque des moines bénédictins français de la congrégation de Subiaco vinrent s’y installer.

Dans son discours de bienvenu, le père abbé d’Abu Gosh, frère Charles, eut un mot pour chacun des "groupes" présents. La diversité de l’assemblée était représentative des amis de l’abbaye : Palestiniens et Israéliens, Juifs, musulmans et chrétiens de diverses confessions (arméniens orthodoxes, melkites, syriens catholiques, protestants...), représentants du gouvernement français par la présence du consul général de France à Jérusalem, Alain Remy, et de son épouse et du représentant de l’Ordre de Malte, descendant des constructeurs de l’église !

La première lecture fut lue en hébreu et la deuxième en arabe.
Pour rappeler le lien entre les premiers bénédictins qui se réinstallèrent à Abu Gosh il y a 100 ans et l’Eglise syrienne catholique, dont ils dirigèrent le séminaire à Jérusalem, l’Evangile fut lu par un diacre de cette Eglise en langue syriaque.

Dans son homélie, le cardinal Tauran, rappela le sens de la fête d’une dédicace : « Cette église est le sacrement du désir de Dieu d’être présent au milieu de nous ». Il évoqua également le rayonnement de la communauté des frères et des soeurs d’Abu Gosh dans ce pays : « Vous êtes une école de réconciliation au coeur de cette Terre Sainte, terre de contradictions... En vous regardant vivre, je suis convaincu que cette communauté ne laisse personne indifférent, grâce à vous beaucoup viennent boire à la source de l’espérance. »

Après un repas festif, les invités furent conviés à une conférence donnée par Dominique Trimbur, chercheur au CNRS, retraçant l’histoire de la reprise de l’église d’Abu Gosh à la fin du 19ème siècle et insistant sur l’imbrication du politique et du religieux à cette période. Les Ottomans après avoir donné l’église de Lod aux grecs orthodoxes furent pressés par les autorités françaises de faire un geste envers les latins. Ils concédèrent alors l’Eglise d’Abu Gosh et ses dépendances à l’Etat français, et le site devint domaine national de la république en 1873. Après des années de recherches et de tractations, ce furent des bénédictins français de l’ordre de Subiaco qui se virent confier les lieux. Le 12 août 1901, une convention fut signée entre les moines et la France stipulant que les religieux devaient être majoritairement français et servir les intérêts de la république. Il fut décidé, pour se concilier les autochtones, de l’ouverture d’un dispensaire dans le village arabe musulman.

Parallèlement, la France fut sollicitée par l’Eglise syrienne catholique pour ouvrir un séminaire à Jérusalem. C’est sur le mont du scandale (où se trouve actuellement la maison Abraham, le secours catholique français) que les mêmes bénédictins se lancèrent dans cette aventure. Il s’agissait pour la France de contrecarrer les projets des catholiques allemands à Jérusalem après le passage remarqué de Guillaume II à Jérusalem. Abu Gosh fut alors relégué au second plan. Les moines multiplièrent les démarches en vue de la restauration de l’église qui menaçait de s’écrouler. Finalement les autorités françaises accordèrent une aide d’urgence pour les travaux nécessaires.
Le 24 novembre 1907 eut lieu la première bénédiction abbatiale, et le 2 décembre de la même année, l’Eglise rénovée fut dédicacée en grande pompe. Abu Gosh devint alors le lieu de rencontre de la communauté française de Terre Sainte.

En 1953, les moines bénédictins se retirèrent car ils ne pouvaient plus assumer leur vocation monastique à cause de leur ministère au séminaire syrien catholique. Ils furent remplacés par les Lazaristes jusqu’en 1976, où les premiers bénédictins français de la congrégation Mont Olivet reprirent les lieux alors vacants. Dom Grammont, Abbé du Bec-Hellouin, envoya trois frères, Jean-Baptiste Gourion, Charles Galichet (actuel Père Abbé) et Alain Mercier, pour être une présence monastique en Israël avec une ouverture cordiale à tous sans exception. Ils furent rejoints l’année suivante par trois moniales-oblates du Bec-Hellouin.

Mis en ligne le 3 décembre 07

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