Samuel Maoz vient d’avoir 19 ans en juin 1982. A travers le viseur de son char d’assaut il montre sa guerre, son expérience vécue. C’est sa manière de se libérer d’un traumatisme qui l’a hanté plus de vingt ans.
Hormis la date, le pays que seul le titre indique, nous ignorons tout de cette guerre : les causes, les ennemis, la durée. La présence dans le tank d’un blessé syrien, puis d’un phalangiste libanais, ne font qu’embrouiller les pistes de celui qui ne connait pas bien les événements. Aucune intrigue, seule compte l’avancée du char blindé. Par le viseur, nous ne voyons que cadavres d’hommes, d’enfants, bête de somme déchiquetée, une tête éclatée d’un joueur d’échecs..... A l’intérieur, la peur viscérale de quatre jeunes soldats, les nausées, l’odeur de la crasse, tout cela dans un habitacle étroit, véritable caisse de résonnance du fracas permanent de ferraille, d’obus. « Quelque chose là-bas est mort en moi » dira S.Maoz. Dans toute guerre il n’y a vraiment que des perdants.
Lion d’or à Venise ce film est une véhémente protestation contre toutes les guerres de la planète.