Adaptation du récit autobiographique* de Jérôme Clément, président de la chaîne de télévision Arte, ce film traite de la transmission de la mémoire de la Shoah aux jeunes générations.
Victor, la quarantaine, s’attarde devant le Mur des déportés à Paris. Il frôle, il touche un ou deux noms gravés dans la pierre. Puis il retrouve sa mère Rivka chez elle entrain « d’écouter » en direct à la télévision le procès Barbie, tandis qu’elle s’affaire à préparer le repas. Victor tente vainement de la faire parler –magnifique Jeanne Moreau- qui ne répond jamais, fait mine d’avoir oublié le sel, d’aller chercher un plat… Rivka veut oublier son passé, finir tranquillement sa vie dans l’appartement de son enfance, au milieu de ses objets familiers et auprès de ses enfants et petits-enfants. Victor découvre les papiers de famille, prend alors conscience de cette fêlure devenue chez sa mère abîme infranchissable. Mais un jour Rivka décide de transmettre. Scène émouvante où, à la Synagogue, elle confie à son petit-fils l’étoile jaune qui l’avait rejetée au ban de la société et envoyé sans retour, ses parents à Auschwitz.
Les silences, la lenteur de certaines images, les temps morts, rendent ce film oppressant, parfois pesant. C’est cependant un beau film qui assume son rôle de transmission, transmission d’autant plus essentielle qu’avec le temps les témoins se font plus rares.
*« Plus tard tu comprendras » de J. Clément. Grasset 2005