Aaron est un père de famille respecté de la communauté juive ultra-orthodoxe de Jérusalem. Sa vie est bouleversée à partir du jour où il rencontre un jeune étudiant homosexuel qui devient son apprenti-boucher.
Marié avec Rivka, Aaron entend bien résister à l’attrait qui le submerge pour Ezri : « nous surmonterons ce défi » lui dit-il. Toute empreinte de souffrance, une relation de tendresse s’établit entre eux, relation qui contraste avec l’austérité, l’intransigeance d’une communauté où l’homosexualité est inconcevable. Qui contraste aussi avec le seul lieu où elle peut se vivre : l’espace clos et froid de la boucherie où les deux amants travaillent. Devant les pressions et les menaces, Aaron dira simplement : « J’étais mort, je revis maintenant ». Aaron est aussi sincère dans l’amour qu’il porte à sa femme, que dans sa passion pour Ezri, que dans l’adhésion à sa foi. Après un échange avec sa femme, échange empreint d’amour et de reconnaissance de sa faiblesse, Aaron fera son choix.
Abordant un sujet tabou on aurait pu craindre que le réalisateur s’adonne à une vive critique du milieu juif orthodoxe. Non, Haïm Tabakman exprime ici combien « la force de la foi et de ses règles place les hommes dans des situations extrêmes, qui mettent à nu la nature humaine ». Dans le regard de Zohar Strauss, magnifique interprète d’Aaron, se lisent la douceur, la détresse, le trouble devant la jeunesse désespérée d’Ezri et l’incompréhension douloureuse de son épouse.