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David Lévi

mercredi 15 août 2007, par Eliane Ketterer


David Lévi, né en 1937, député au titre du Likoud, fut plusieurs fois ministre des Affaires étrangères, et vice-Premier ministre.

Natif de Rabat au Maroc. David Lévi immigra en Israël en 1957. Il fut à la tête du groupe “bleu ciel blanc” et fut membre du comité exécutif de la Confédération générale du travail. En 1969, David Lévi fut élu à la Knesset, et de suite après l’arrivée de la droite au pouvoir en 1977, il reçut le portefeuille de l’Intégration des immigrants dans le gouvernement de Menahem Begin.

Autour de David Lévi se forma un camp de partisans fidèles avec entre autres Mikhaël Kleiner, Elie ben-Elisar, Reuven Rivlin. Sur le terrain et dans les réunions, il y avait autour de lui des milliers de partisans, prêts à agir en sa faveur, à cause de son action contre la discrimination des communautés orientales.

Après les élections de 1981, le geste de David Lévi eut un retentissement dans le public lorsqu’il refusa de venir prêter serment dans le second gouvernement de Menahem Begin, tant qu’il ne lui était pas assuré qu’il serait nommé vice-Premier ministre. Aux 10ème et 11ème Knessets, il fut vice-Premier ministre et ministre du Logement et de la Construction. En tant que ministre de la Construction dans le gouvernement de Menahem Begin, il encouragea le projet de restauration des quartiers, projet qu’il considéra avec fierté comme l’entreprise de sa vie.

Après la démission de Menahem Begin du gouvernement, en 1983 David Lévi se présenta contre Itzhak Shamir afin de devenir Premier ministre lors des élections primaires du Likoud. Les résultats furent les suivants : Itzhak Shamir 59%, David Lévi 41%. Ce fut le début d’antagonismes incessants entre les deux. En effet Itzhak Shamir lui avait promis le portefeuille des Affaires étrangères, mais, contrairement à sa promesse, il continua de le retenir jusqu’aux élections. Dans le gouvernement d’union qui fut mis en place en 1984, David Lévi fut encore ministre du Logement et de la Construction en même temps que vice-Premier ministre. En 1985, il fut l’un des deux ministres du Likoud à voter en faveur du retrait d’Israël du Liban.

La grande crise suivante dans les relations entre David Lévi et son collègue du parti eut lieu lors du Congrès du mouvement Herut en 1986. Son adversaire, Moshe Arens, accusa le camp de David Lévi de la tentative de s’emparer du parti par des méthodes contestables. Après les troubles qui eurent lieu à ce même congrès, Itzhak Shamir dénomma les gens de David Lévi, “bande de criminels”. Dans le second gouvernement d’union nationale, lorsque le gouvernement adopta le programme de négociations avec les Palestiniens, David Lévi créa avec Itzhak Modaï et Ariel Sharon un groupe qui fut dénommé les “passionnés”. David Lévi et ses partenaires tentèrent de contourner Itzhak Shamir à droite et de torpiller l’initiative politique.

En mars 1990, le parti travailliste fit éclater le gouvernement d’union nationale et Itzhak Shamir mit en place un gouvernement étroit, où pour la première fois, David Lévi prêta serment comme ministre des Affaires étrangères d’Israël. A l’époque de son mandat comme ministre des Affaires étrangères, David Lévi entretint un système opaque de relations avec son adjoint d’alors au ministère, Binyamin Netanyahu. En tant que ministre des Affaires Etrangères, David Lévi soutint la tenue de la Conférence de Madrid, mais il n’y participa pas, après que Itzhak Shamir eût décidé de ne pas l’inclure dans la délégation israélienne.

A l’approche des élections de 1992, David Lévi fut repoussé à une place défavorable sur la liste du Likoud et ses gens se trouvèrent à des places où ils n’avaient aucune chance d’être élus. En réponse, lors du congrès du parti, en mars 1992, quelques jours après la défaite face à Itzhak Rabbin, David Lévi fit “le discours des singes” et dit : “J’étais à leurs yeux comme un singe qui vient de descendre de l’arbre”. Dans ce même discours, David Lévi annonça sa démission du gouvernement. David Lévi revint à Beit Shéan, mais après avoir obtenu la promesse d’être numéro deux dans le gouvernement que formerait le Likoud, même s’il n’était pas classé à cette place à la Knesset, il revint sur sa démission.

La même année, David Lévi annonça qu’il se présenterait face à Beni Begin, Moshe Katzav et Netanyahu pour diriger le parti. En janvier 1993, Binyamin Netanyahu dévoila dans une émission en direct l’affaire de l’enregistrement de témoignages selon lesquels il serait infidèle à sa femme, et accusa le chantage de “quelqu’un de haut placé dans le Likoud, qui est entouré d’une bande de criminels”. On estima qu’il visait David Lévi et ses gens. Le système de diffamations entre les deux dégénéra en affronts personnels. Finalement Netanyahu l’emporta sur David Lévi.

Après cette affaire, les gens de David Lévi se préparèrent à quitter le gouvernement. Ses proches, l’entrepreneur David Apel, son adjoint Jacob Bardougo et son frère Maxime Lévi programmèrent ce départ. En juin 1995, David Lévi quitta le Likoud et créa le parti Gesher.

En 1996, après sa réconciliation avec Binyamin Netanyahu, Gesher fit fusion avec le Likoud. David Lévi fut nommé remplaçant du Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, membre du cabinet politique et de sécurité, secrétaire général de la commission interministérielle pour les questions de société et de protection sociale, et membre de la commission interministérielle de l’économie, mais un mois seulement après la victoire, se manifesta la première crise entre les deux. David Lévi menaça de démissionner, si l’on ne trouvait pas un portefeuille convenant à Ariel Sharon dans le gouvernement. Netanyahu battit en retraite et intégra Ariel Sharon au gouvernement. En août 1996, David Lévi menaça à nouveau de démissionner, mais revint sur sa décision après avoir obtenu la promesse qu’il participerait aux décisions politiques. Après plusieurs autres crises, David Lévi organisa une conférence de presse le 4 janvier 1998 et annonça sa démission.

A l’approche des élections de 1999, le parti Gesher s’unit au parti travailliste et au mouvement Meïmad et ensemble formèrent Israel Ahat. Après la victoire de Ehud Barak aux élections de 1999, David Lévi fut à nouveau ministre des Affaires étrangères. A l’approche du sommet de Camp David, Lévi fut mis à l’écart des contacts politiques. Après qu’il eût compris que sa fonction n’avait plus de contenu, et à la suite de son opposition aux compromis politiques que Ehud Barak proposait dans les pourparlers avec les Palestiniens, David Lévi présenta sa démission du gouvernement au début d’août 2000.

A l’approche des élections de l’an 2000, David Lévi annonça son soutien et celui de son parti au candidat, Ariel Sharon. A l’approche des élections à la 16ème Knesset, et après que son parti, Gesher, eût cessé de fait ses activités comme groupe indépendant, David Lévi revint au Likoud et fut élu à ce titre à la Knesset. A sa grande déception, il n’est pas nommé ministre. Il est membre de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense.

Aux élections de 2006, David Lévi n’est pas réélu à la Knesset et quitte la vie politique après 37 de présence au parlement israélien.

En 2002, trois des fils de David Lévi furent blessés dans un attentat.

A fait des études secondaires. Marié et père de 12 enfants. Réside à Beit Shéan.


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