Quelqu’un a dit un jour que la force d’une erreur, c’est la part de vérité qu’elle contient. Marwan Bishara en fait une fois de plus la démonstration, dans un article publié dans Le Figaro (http://www.lefigaro.com/debats/20050329.FIG0165.html) et repris par Le Monde (http://forums.lemonde.fr/perl/showthreaded.pl?Cat=&Board=ftm&Number=1500067).
Selon une méthode de propagande bien rodée, il nous offre un amalgame de vérités et de mensonges éhontés, le tout appuyé sur des chiffres apparemment précis et souvent totalement fantaisistes.
Les entraves à la circulation à l’intérieur des territoires ont été dénoncées depuis longtemps même par des officiers israéliens qui contestent leur utilité et leur efficacité. Mais on aimerait savoir comment l’auteur a pu compter 10 barrages militaires autour de Bethléem. On aimerait aussi connaître le nom et voir la photo de cette église qui aurait été « bombardée », ou savoir comment la sœur de l’auteur aurait pu poursuivre imperturbablement sa route dans une voiture « criblée de balles ». « Les neuf hôpitaux, vingt-deux églises et onze mosquées de Bethléem sont aujourd’hui hors d’accès pour les Palestiniens du voisinage et pour le reste du monde. » Faux : que l’auteur se rende sur le « barrage 300 », en cette semaine pascale, et il verra passer sans difficultés des autocars de pèlerins. D’après l’A.F.P., 8200 Palestiniens chrétiens de Judée Samarie et 250 de Gaza ont obtenu l’autorisation de se rendre à Jérusalem et à Nazareth à l’occasion des fêtes pascales. Les chrétiens seraient minoritaires à Bethléem depuis l’an 2000 : faux. il l’étaient déjà depuis les années 80. « Les mesures restrictives contre les chrétiens et les musulmans ont commencé, curieusement, en 1993, avec le processus de paix. » : Faux.
Inutile d’allonger la liste des mensonges que l’auteur a réussi à fourrer en un peu plus d’une page. Mais il faut quand même relever un signe évident de mauvaise foi : rien n’est dit des brimades subies par les chrétiens de la part des musulmans alors qu’il s’agit de la cause principale de leur exode. Et si l’auteur est aussi bien informé qu’il le prétend, il doit savoir qu’aujourd’hui encore, des Palestiniens chrétiens demandent et obtiennent la carte d’identité israélienne.
Que la propagande palestinienne fasse un grand usage de l’amalgame entre vérité et mensonge n’est pas une nouveauté. Que deux grands quotidiens réputés sérieux lui ouvrent complaisamment leurs colonnes est navrant et, plus encore, de nature à susciter les plus grandes inquiétudes.