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Deux frères : Jacob et Esaü dans des traditions juives

dimanche 5 octobre 2008, par I. C.


Au cours d’une conversation téléphonique qui remonte à loin, le Professeur Yeshayahu Leibowitz s’évertuait à m’expliquer le motif de l’une de ses récentes déclarations où, s’inspirant de Voltaire, il affirmait : “Le Dieu des juifs est Dieu. Le Dieu des chrétiens est juif. Il est né juif, Il a vécu juif, Il est mort juif.” Comme l’entretien se prolongeait, il m’invita à le poursuivre chez lui.

Sachant qu’il avait rédigé l’article ‘Jésus’dans l’Encyclopédie Hébraïque dont il était aussi l’éditeur, je me permis de lui rappeler que nous avions en commun la foi en un Dieu créateur et rémunérateur. Ce à quoi il répondit : “Il n’en est rien ! Notre Dieu n’est pas un Dieu qui crée et rémunère mais un Dieu législateur. Il est Celui qui nous a donné la Tora en prescrivant les commandements. C’est pourquoi, le refus de la Tora par les chrétiens nous encourage à voir dans le christianisme une sorte d’antijudaïsme.” Avant d’en prendre congé, je ne pus m’empêcher de lui avouer : “Jusqu’à présent, je pensais que les juifs et les chrétiens pouvaient tout de même se réclamer d’un patrimoine commun, mais à t’entendre parler, il semblerait au contraire qu’un abîme nous sépare.” Peu porté à dorer la pilule, il se contenta d’ajouter : “C’est la pure vérité !”

Cet échange de vues m’est revenu à la mémoire en lisant son commentaire magistral de la Parashat hashavoua , autrement dit, des chapitres de la Tora qui sont lus à la synagogue au cours du Shabbat. Ses propos sur les écrits traditionnels concernant les rapports ambigus de Jacob et d’Esaü - qui préfigurent ceux d’Israël et des nations - jettent une lumière singulière sur ce qui m’avait rendu perplexe au cours de notre rencontre. Ils sont partiellement reproduits ci-dessous. Le conflit des deux frères aide à comprendre l’espace vide qui semble persister entre la Première et la Nouvelle Alliance. Ce manque apparent, intrigant pour plus d’un, fut exprimé on ne peut mieux par Disraeli qui, issu d’une famille juive italienne, avait été reçu à treize ans dans l’Eglise anglicane. Comme la reine Victoria demandait à son premier ministre : “Finalement, quelle est votre religion ?” il répondit : “Entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, il y a une page blanche. Je suis cette page !”

Jacob et Esaü

L’antagonisme ressenti par les enfants d’Isaac remontait au temps où ils étaient dans le sein de leur mère et persista tout au long de leur existence. Leur rivalité est devenue, dans la conscience juive, le symbole du conflit permanent qui oppose Israël à ce qui n’est pas lui si bien que les péripéties vécues par ces deux figures bibliques ont souvent été interprétées à la lumière d’une situation ultérieure où Israël a dû faire face aux nations. Cette mémoire séculaire a entretenu une tension trans-historique qui, avec le temps, a pris les proportions d’un conflit cosmique.

Jacob marche devant Dieu

Au moment de la naissance des jumeaux Jacob et Esaü, le premier naquit en tenant la main agrippée au talon (Héb. : Eqèv) de son frère d’où son nom Yaaqov, ce qui suggère une prédisposition à la priorité qui sera donnée au puîné et non pas à l’autre. Plus tard, le stratagème qui lui conféra le droit d’aînesse (Héb. : Bekhora) fut suivi de la tromperie qui lui valut la bénédiction (Héb. : Berakha). Aussi, les commentateurs ne se sont-ils pas privés de souligner les roueries du père des douze tribus.

Si Abraham, reconnu de son vivant comme Prince de Dieu (Genèse 23.6), est considéré comme le père du Judaïsme, Jacob est devenu le père du peuple juif. Mais, à la différence d’Abraham dont on ne connaît que les éléments saillants de son existence et d’Isaac dont la personnalité reste élusive, les récits concernant Jacob nous rendent sa personnalité très accessible. Comme ses pères, Jacob “marche devant Dieu” mais ce cheminement est parsemé des épreuves communes à tout être humain fait de chair et de sang.

Il connaît tout ce qui informe un destin personnel et touche aux différents aspects de la condition humaine : les problèmes du couple et de l’éducation des enfants, les soucis d’un patrimoine, les dangers de la vie, la jalousie, la rivalité, l’angoisse, le deuil, l’échec sous toutes ses formes. Toutes ces situations, parsemées de rencontres fatidiques où les anges sont parfois présents, revêtent dans son cas une signification symbolique du fait de son rôle déterminant dans l’histoire du peuple élu.

L’histoire de Jacob nous révèle la courbe d’une existence dans toute son ampleur, avec ses hauts et ses bas, tant du point de vue matériel que spirituel, aussi a-t-on pu y voir la première biographie de la littérature universelle. Doué d’une personnalité fortement typée, Jacob sait, à l’occasion, se montrer obstiné. Déjà, dans l’attente de leur naissance, Rébecca constatait que les deux enfants “se heurtaient en son sein”. La personnalité de Jacob est complexe au point de paraître compliquée. Présenté dès le début du récit biblique comme “un homme intègre qui demeurait sous les tentes” (Genèse 25.27), il ne tarde pas à laisser paraître son côté madré. Si courageux qu’il soit, cet homme d’action craint son frère et n’hésite pas à ramper devant lui. I1 a pourtant conquis Sichem, une ville d’Amorites “par l’épée et par l’arc”, une expression qui, dans le Targum araméen, deviendra “suite à ma prière et à ma demande”.

Sur le tard, Jacob avouera à Pharaon : “Ce fut un temps bref et mauvais que les années de ma vie” (Genèse 47.9). Un midrash ira même jusqu’à faire dire à Dieu : “Je n’ai jamais fait un miracle pour lui”. Rien de ce qui arrive à Jacob, le droit d’aînesse, la bénédiction, l’épouse désirée, la richesse, les propriétés, etc... ne lui arrive directement mais au terme de manœuvres et de machinations subtiles. Dieu lui apparaît trois fois : tout d’abord, durant le songe de l’échelle, à Béthel, sur le chemin de l’exil, puis au retour de l’étranger et enfin, au moment de quitter la terre promise pour l’Egypte où il retrouvera, après vingt-deux ans de séparation, Joseph, le fils dont la perte apparente l’avait rendu inconsolable. Cette saga de l’enfant préféré est intentionnellement insérée entre deux moments dont il est dit tout d’abord : “Jacob s’installa au pays où son père avait émigré” (Genèse 37.1) puis ensuite : “Israël se fixa au pays d’Egypte” (Genèse 47.27).

Cette vie mouvementée est manifestement dominée par un changement de nom. Celui qu’il porte au début, Yaaqov, semble symboliser le côté troublant de sa vie. Plus tard un prophète admettra sans fard : “dans le sein maternel il a supplanté son frère” (Osée 12.4). Un siècle et demi après le fils de Beéri, l’un des prophètes de l’exil fit encore une allusion au père des douze tribus, sans toutefois préciser son nom : “Méfiez-vous d’un frère car tout frère ne pense qu’à supplanter.” [Héb : Aqov Yaaqov] (Jérémie 9.3). Cette homophonie rappelle que, dans l’esprit du prophète d’Anatot, les procédés de Jacob n’étaient pas des plus recommandables. Il fut pourtant appelé à recevoir le nom d’Israël qui évoque une sainteté capable d’informer la vie.

Jacob reçoit la Bénédiction

Les commentaires abondent au sujet du transfert de la bénédiction. Parmi ceux-ci, Yalkout Haréouvéni et Midrash Hanéélam n’hésitent pas à en faire une lecture des plus critiques dans l’esprit de rabbi Eliézer pour qui “le comportement de l’homme est une affaire de droiture.” Sachant qu’Esaü est devenu le symbole de l’empire romain, l’auteur du midrash tend à voir dans l’assujettissement d’Israël à Rome, une conséquence lointaine du fait que Jacob ait détourné le droit d’aînesse d’Esaü par tromperie. Des sages de l’école des Tannaïm [1er & 2eme s.] reprochent aussi à Jacob d’avoir accaparé la bénédiction de façon abusive, à la suite de quoi, Esaü “poussa un grand cri au comble de l’amertume” (Genèse 27.34). Comme les auteurs sacrés ont bonne mémoire, il n’est pas étonnant que la même expression revienne plus tard sur les lèvres de Mardochée qui “poussa un grand cri amer” au moment où le peuple juif se trouva menacé de destruction en Babylonie.

Dans son commentaire, Baal Hatourim précise que le nom d’Esaü et le mot Shalom ont la même valeur numérique : 376. Celui dont Isaac avait dit : “De ton épée tu vivras” (Genèse 27.40) porte donc un nom qui selon la guématrie est identifié au mot shalom. Cet auteur signale en outre la place centrale tenue par le mot shalom dans la Bénédiction des prêtres : “Que YHWH porte sur toi son regard et te donne le shalom !” (Nombres 6.26). La paix devant être souhaitée à tout être humain, cette bénédiction sacerdotale laisse entendre que le chemin de la paix offerte à Israël passe inévitablement par l’étape d’une réconciliation avec Esaü. En poursuivant la paix avec une inlassable patience, Israël est invité à se souvenir qu’il ne pourra l’atteindre tant que les familles de Jacob et d’Esaü resteront dans l’attente des retrouvailles.

Il est éclairant de comparer les différentes bénédictions octroyées par Isaac à ses fils. Tout d’abord, celle destinée à Esaü mais dont Jacob fut le bénéficiaire, puis celle qu’Esaü reçut de son père après avoir pleuré amèrement. Les points communs ne doivent pas occulter les dissimilitudes. Dans les deux cas, il est fait mention de “la rosée du ciel et des gras terroirs”. Mais à Jacob, Isaac souhaite : “Qu’Elohim te donne la rosée du ciel et les gras terroirs !” (Genèse 27.28) tandis qu’à Esaü, il se contente de dire : “Parmi les gras terroirs et sous la rosée qui tombe du ciel sera ton habitat !” (Genèse 27.39).

Etant donné que la mention du nom Elohim évoque l’idée de justice, la bénédiction de Jacob revêt une signification liée à cet attribut. Il reçoit certes une bénédiction enviable mais elle reste soumise au critère de justice. Autrement dit, Jacob doit être à la hauteur de ce qu’il a reçu. Par contre, la bénédiction d’Esaü est donnée sans condition, vu que le nom d’Elohim n’y figure pas. Même si cette forme de langage peut, à première vue, laisser entendre qu’Esaü reçoit un statut plus avantageux, il n’en est rien, tant s’en faut. Esaü est en effet dépourvu d’alliance, tandis que le peuple issu de Jacob peut, du fait de l’élection, compter sur Dieu qui lui a dit : “D’un amour éternel, je t’ai aimé” (Jérémie 31.3).

Selon cette interprétation, Esaü et par la suite Edom peuvent envisager la perspective de “gras terroirs et de la rosée qui tombe du ciel” mais certaines versions présentent cette déclaration sous un jour différent en ce sens que l’assurance donnée à Esaü aurait une signification non seulement distincte mais opposée à la promesse faite à Jacob. Suivant cette lecture, communément acceptée dans bien des milieux, il serait dit à Esaü : “Tu n’auras pas de gras terroirs ni la rosée du ciel !” Mais cette vue - pourtant adoptée par Buber et Rozensweig - n’est pas conforme à la façon dont la tradition juive envisage la bénédiction d’Esaü.

Rachi fait remarquer qu’Israël doit se montrer digne de ce qu’il reçoit à l’instar du Tsadiq qui, se sentant tenu de correspondre à la grâce d’Elohim, voit dans cette exigence son plus grand privilège. Au temps d’Osias, roi de Juda, un berger de Teqoa ne manqua pas de le rappeler aux descendants des patriarches : “Vous seuls, je vous ai connus entre toutes les familles de la terre. C’est pourquoi, je vous ferai rendre compte de toutes vos iniquités” (Amos 3.2). Evoquant cette invective, Rachi rappelle que la prérogative de Jacob et des siens s’accompagne d’une responsabilité en ce sens qu’ils ne peuvent jouir de la sollicitude divine sans contrepartie, tant il est vrai qu’en réponse à une élection sans repentance, Dieu attend davantage de ceux qu’il a choisi d’entre tous les autres.

Jacob rencontre Esaü

Au moment de la rencontre avec son frère, Jacob se sent désemparé, alors que dans la solitude du combat de la nuit précédente il s’est montré invincible. En effet, il semble douter maintenant que son ancien comportement vis-à-vis d’Esaü fût vraiment justifié. On y a vu l’expression d’une conscience qui l’empêche de combattre un frère auquel il a causé du tort, si bien que ce qui pourrait sembler une faiblesse dénote en fait un sens moral affiné qui l’aide à ne pas s’accommoder d’une erreur du passé.

En guise de préliminaires à la rencontre, Jacob fait parvenir une offrande à Esaü. Le mot ’présent’ [Héb : Minha] revient à cinq reprises au cours du récit. Après avoir demandé à son frère d’accepter son présent, Jacob lui dit : “Reçois ma bénédiction", comme si son subconscient le faisait revenir à résipiscence en repensant au moment où il avait acquis par ruse la bénédiction d’Isaac qui fut réduit à avouer : “Ton frère est venu en fraude et il a capté ta bénédiction” (Genèse 27.35).

Il est patent que selon le Peshat, autrement dit, le sens obvie du texte de la Tora, les défauts d’Esaü ne sont pas soulignés mais plutôt le tort qui lui est causé. Dans ce contexte, les sages reviennent volontiers sur le dicton : “Dieu protège le persécuté” (Qohélet 3.15). Ils rappellent avec insistance : “Dieu recherche le persécuté [i.e. cherche son bien]. Même si un juste se permet à l’occasion de poursuivre un mécréant Dieu protège toujours l’être en difficulté.

Vingt années ont pu s’écouler depuis l’affaire du droit d’aînesse et de la bénédiction, mais Jacob reste probablement plus affecté que son frère par ce souvenir amer car l’offensé tend habituellement à oublier une injure plus vite que l’offenseur. Son attitude au cours de la confrontation avec Esaü semble dénoter le désir de réformer sa conduite en délaissant ce qui était impliqué dans le nom de Jacob pour assumer ce qui est exprimé dans celui d’Israël. Aussi n’est-il pas fortuit que les récits du changement de nom et celui de la réconciliation avec Esaü soient tellement rapprochés l’un de l’autre.

En évoquant les deux noms de Jacob et d’Israël, l’écrivain Shaï Agnon notait que selon la guématrie, la valeur numérique de Jacob est : 182 et celle d’Israël : 541. La différence s’élevant à : 359 représente la valeur du mot ‘Satan’. Eu égard au fait que Jacob est le nom de faiblesse du père des douze tribus, tandis qu’Israël est celui de sa destinée, le simple rappel de ce qui les sépare est le meilleur moyen de refuser toute régression en s’attachant à un nom aussi prédestiné.

Source : Extrait de Sept années d’entretiens sur la ’Parashat Hashavoua ’ de Yeshayahu Leibowitz. Keter, Jérusalem. 2000. Trad. de l’hébreu, I.C.


Une frilosité fraternelle

"Il arriva un jour que Jacob put s’asseoir tranquillement aux côtés d’Esaü" (Yalkout Shimeoni)

La parabole figurait deux frères qui virent au crépuscule deux étoiles précipitées l’une vers l’autre, se rejoindre avant de disparaître dans le ciel. Et le scribe qui s’interrogeait comme eux sur le sens de cette conjonction céleste n’oubliait pas que l’art de la parabole consiste à établir des liens entre des êtres qui en étaient dépourvus.

Le souvenir de vos rapports, rappelait le sage à l’un des deux intéressés, laisse un rétrospectif malaise car on ne peut oublier que la solitude d’un proche est plus qu’une autre solitaire. En effet, lui disait-il, tu n’arrives même plus à entrevoir les soucis de ton frère, du fait que vos existences n’ont jamais cessé de se séparer. Pour le moment, vos silences ressemblent à des mensonges et vous restez tous deux prisonniers de l’ambiguïté propre aux situations apparemment sans issue.

Tu frappes à une porte mais il en ouvre une autre. Tu l’appelles par son nom, il évite de prononcer le tien. Tu fais une remarque, elle le laisse indifférent. Tu cherches ce qu’il perd et apprécies la compagnie de gens qu’il méconnaît. Tu vas puiser de l’eau en aval, il le fait en amont. Tu observes les feux de l’aurore, il scrute la lune à son déclin. Tu apprends ce qu’il fait par ouï-dire et finis par t’égarer dans la ville où il se trouve.

Vos trous de mémoire ne sont pas les mêmes, d’où certains malentendus. Aussi, l’histoire de votre vie est-elle celle d’une blessure avant d’être la vôtre. Mais vu que la nuit n’est pas toujours aussi épaisse, vous avez également des souvenirs rassurants qui parfois font figure de signes prémonitoires. Tu as fait un rêve au chant du coq et, à midi, il a été saisi par la réalité d’une présence. Le vœu que tu as formulé un soir à la vue de l’étoile du berger, l’a comblé dès l’aurore.

Comme des liens peuvent unir en secret ceux que tout sépare en apparence, vous rêvez d’une croisée de chemins où vous vous attendez car malgré les feintes de l’oubli et les ruses de l’inconscient, vous aspirez encore à mettre au clair vos rapports de voisinage. Après avoir tellement voulu exorciser cette expérience, vous ne désespérez pas de la rendre habitable dans une amitié où l’on voit son frère avec ses yeux à lui, pour devenir éventuellement le gardien attentif de sa solitude.

Entre tant, vous manifestez des aptitudes dont vous ne vous rendiez pas compte. Elles vous aident à explorer les ténèbres d’une histoire où vous pouvez découvrir que la sagesse rend capable d’expliquer le mal et de s’en éloigner sans mot dire. Habitués malgré tout à un territoire intérieur qui vous renvoie aux mêmes souvenirs, vous devenez l’un pour l’autre l’ombre où l’on s’aperçoit que la lumière existe.

Même si les petites distances sont dans certains cas infranchissables, un jour viendra où vos silences finiront par s’entendre quand vous arriverez à prêter l’oreille sans occuper l’espace vide laissé dans l’esprit de l’autre. Libérés des préjugés qui contrarient la sérénité du regard et, cessant d’être sourds aux questions en suspens, vous découvrirez ce qui était perdu. Ayant enfin compris que l’on ne va pas au vrai par des chemins obliques, vous succomberez au désir de la réconciliation en découvrant le luxe d’exister aux yeux d’autrui. Et vous saurez qu’au désert, on voit parfois des fleurs poindre au milieu des pierres.

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2 Messages de forum

  • Pendant 2000 ans l’Eglise des non-juifs chrétiens a fait comme si elle était seule et unique Eglise. La place et le rôle des juifs chrétiens en a été génétiquement oblitérée. L’Eglise des non-juifs chrétiens parle comme si elle était toute l’Eglise sans même plus avoir conscience de la tragique absence de ses frères juifs chrétiens. Alors même que les lettres de Jacques, Pierre et Jude montrent que le débat était loin d’être résolu. Néanmoins, tout est présenté du point de vue des non-juifs chrétiens comme étant la référence absolue. Les nations , les non-juifs, ont fait de ce terme un générique qui voudrait dire les nations unies, tout le monde en quelque sorte. Mais cela n’existait pas encore à l’époque. Le sens est incontestable, il signifie les non-juifs. La seule option qui est laissée à un juif chrétien aujourd’hui est de vivre comme un non-juif chrétien au milieu des non-juifs chrétiens. Leur place de juifs chrétiens n’existe pas, elle est inconcevable Alors même que Jésus, vrai Dieu, est circoncis le huitième jour et a observé des mitsvot. En ressuscitant, Jésus a montré ses mains et son corps transpercés, rien de ce qui fait son histoire incarnée n’est dénié. Sauf pour la circoncision ? Marie, mère de Dieu, née sans péché, n’ayant jamais fauté, à fait circoncire son fils le huitième jour. Une péripétie, un accident ? Un exemple ? Tous les premiers apôtres sont circoncis. Pour faire court, prenons un exemple poussé à l’extrême. Si un non-juif chrétien voulait se faire circoncire et observer des mitsvot, il serait vu comme un fou, un judaïsant, un ovni. Mais, si il le voulait en fidélité à Jésus, vrai Dieu, en fidélité à Marie, mère de Dieu ? Alors là, l’ordinateur des théologiens non-juifs chrétiens entre en syncope. On ne sort pas en 60 ans de 2000 ans d’inconscience. Dans tous les sens du terme. BC

    Répondre à ce message

  • Deux frères : Jacob et Esaü dans des traditions juives 10 octobre 2008 10:05, par Jean d’Agniel

    "sachant qu’Esaü est devenu le symbole de l’empire romain" et par extension dans l’esprit de beaucoup de Juifs le symbole de la Rome Chrétienne et aujourd’hui de la papauté !

    Alors que historiquement, Juifs et Chrétiens ont tous deux été martyrisés avec la même violence inouïe, la même ignominie, la même injustice, par le pouvoir des empereurs Romains !

    Répondre à ce message


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