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Le kibboutz Kfar Hashalom (village de la paix) à Dimona
La plus grande partie les Hébreux noirs, plus de 2 000, habitent dans ce kibboutz de ville, le plus grand du pays. Il est soutenu par le Mouvement Kibboutzique Unifié et a reçu pour la construction de son école une aide du gouvernement américain. A l’entrée de ce kibboutz, une enseigne : Village de la paix. Un ancien centre d’intégration transformé en kibboutz de ville. Des petites maisons en dur auxquelles ont été ajoutées des chambres en bois recouvertes de tissu noir. Devant, une petite cour ou jardinet. Les ruelles d’un peu plus d’un mètre de large séparent les rangées de maisons. Beaucoup de jeunes et d’enfants habillés en bleu, s’ils sont en primaire, en vert, pour les lycéens et en rouge s’ils vont faire du sport. Tous les garçons portent une calotte blanche et les filles un foulard. Ils fréquentent l’école Ahva (fraternité), grand bâtiment construit en face du village rassemblant tous les écoliers hébreux noirs de Dimona, Arad et Mitzpe Ramon. Les enseignants sont en majorité des Israéliens mais également des Hébreux noirs.
Dans ce kibboutz la vie communautaire est privilégiée. Elle est organisée de façon très systématique selon les tranches d’âge : les enfants, les adolescents (jusqu’à 20 ans), les jeunes (jusqu’à 35 ans), les seniors hommes et les seniors femmes. Chaque groupe a ses activités et ses services communautaires. Quatre fois par an, a lieu à Dimona un rassemblement national de l’une de ces classes d’âge. Le 2 novembre, c’était les seniors hommes. Le but de ces rassemblements : faire fonctionner "le Royaume" à l’échelle nationale.
La direction de la communauté est assurée par Ben Ammi. Il est à la tête d’un conseil de 12 princes, responsables de la vie spirituelle du kibboutz. 12 ministres ont, quant à eux, la responsabilité des affaires courantes : économie, éducation, sport, loisirs.
Notre guide, Avihaï, nous conduit à la Guest House du village, une maison comme les autres avec d’un côté un salon pour accueillir les visiteurs, et de l’autre la salle de musculation. Il nous raconte l’épopée des Hébreux noirs et leur arrivée en Israël. Puis il nous conduit au restaurant. Là encore, une petite maison avec une salle de restaurant, huit tables et de la nourriture végétalienne.
La Maison de la Vie, la maternité, est dans le village. Elle est composée d’une salle équipée pour l’accouchement naturel et de deux jolies pièces aux couleurs fraîches. Les femmes qui y accouchent sont assistées uniquement par des femmes et restent deux semaines à la maternité. Les femmes du village se relaient pour leur préparer le repas. Et Avihaï, notre guide, de préciser : « 1000 enfants sont nés ici. Moi aussi. »
Nous visitons également un magasin où se confectionnent et se vendent des vêtements en coton aux couleurs vives, des produits végétaliens à base de soja (tofu, lait et fromage), des fruits, des légumes, des amandes…
L’Ecole des prophètes. En février 2005 fut fondée l’Ecole des prophètes intitulée Institut Docteur Martin Luther King Ben Ami. Son but : promouvoir une nouvelle humanité. Cet institut supérieur dispense un enseignement spirituel basé en particulier sur la pensée de Martin Luther King : faire régner la paix, enseigner la non-violence et la réconciliation aux familles, aux religions, et aux nations. Cet institut n’est pas qu’un bâtiment, mais un lieu de réflexion et de partage. A l’entrée de cette petite maison une photo de Ben Ami Ben Israël en compagnie du leader noir pacifiste. Dans la salle, des photos, des livres, une table, des fauteuils. C’est là qu’ont lieu régulièrement des réunions groupant des responsables internationaux, religieux ou politiques, désirant élaborer des chemins de non violence et de réconciliation. Des cours y sont également donnés pour les responsables de Kfar Hashalom. C’est l’Ecole des prophètes.
La clinique du village à 2 Km est essentiellement préventive. Il y règne une atmosphère douce de lumière, de musique et de couleurs. Le médecin, tout en blanc, explique les méthodes médicales de ce lieu holistique, permettant une approche globale de la personne. L’accent est mis sur la propreté de l’intestin purifié par de l’eau pure. Les grands malades sont envoyés à l’hôpital. Le médecin est formé dans l’Ecole des Prophètes.
Toutes ces activités du kibboutz vont grandement améliorer la situation économique qui dépendait encore beaucoup de l’aide financière de l’Etat (allocations familiales en particulier.)
De plus en plus de membres du kibboutz travaillent à l’extérieur : Dimona, Beershéva, Tel Aviv, Arad. La vente des produits biologiques fabriqués par l’usine ou par les médecins s’organise aussi à l’extérieur. Depuis peu cette communauté a également reçu l’autorisation de développer son agriculture biologique dans des terrains avoisinants. Un secteur qui va certainement s’accroître dans ce pays friand de nourriture bio.
En février 2007 Kfar Hashalom surpeuplé, logeant 150 familles dans un espace prévu pour 50, reçut du maire de Dimona, Meir Cohen, une parcelle de terre pour y construire un nouveau quartier. Mais ce terrain ne convenant pas à la communauté, rien n’a pu être aménagé pour le moment.
Il faudrait encore parler de la troupe de ballets qui se produit à Dimona et dans les festivals internationaux ainsi que de la maison de production de DVD, les « Chants de Délivrance », composés et joués par leurs groupes musicaux. Enfin un musée où ils présentent leur vision de l’histoire des Hébreux et des Africains.
Les Hébreux noirs, une communauté qui respire la santé morale et physique et qui s’intègre de plus en plus dans la société israélienne moderne.
Les African hebrew israelite nation of Jerusalem existent également dans d’autres pays : En Amérique, en Afrique (Libéria, Ghana, Kenia, Afrique du sud), en Europe (Allemagne, Angleterre).