Une de nos lectrices, qui vit en France après avoir séjourné plusieurs années en Israël, participait récemment à une réunion d’une association à laquelle elle appartient. La chemise de plastique dans laquelle elle avait rangé ses documents portait, en hébreu, l’inscription : « Université Hébraïque de Jérusalem ». On lui a demandé de faire disparaître cet objet dont la vue offensait les autres participants. Bien sûr, on n’est pas antisémite, mais la présence de caractères hébraïques sur un objet usuel acquis en Israël est une provocation qui passe les limites du tolérable.
Une religieuse catholique de nationalité française, venant d’Israël et débarquant à l’aéroport de Nice après avoir fait escale à Zurich, s’est vue prise à partie par une policière de la sécurité française pour le simple fait qu’elle avait embarqué à Tel-Aviv. Après l’avoir harcelée de questions aussi stupides qu’arrogantes, la fonctionnaire de police a conclu son interrogatoire par cette déclaration : « Madame, vous ne devriez pas être fière du pays d’où vous venez. »
Nous avons reçu récemment un message électronique nous accusant, sans autre forme de procès, de mensonge, agrémenté d’une appréciation d’un style ordurier sur le premier ministre israélien Ariel Sharon et se concluant par cette proclamation : « La jeunesse palestinienne vaincra. » Il n’y aurait pas là de quoi nous émouvoir outre mesure si l’auteur de ce message, qui se pique d’avoir « l’intelligence du cœur », ne nous recommandait un site Internet qui se définit lui-même comme « le portail chrétien du dialogue interreligieux », défenseur des valeurs personnifiées par Jean-Paul II et Mère Teresa - et qui ne brille pas, c’est trop peu dire, par son amour d’Israël.
En ce début de 2004, en France, on peut donc être accusé de provocation parce qu’on lit l’hébreu, se voir infliger une leçon de morale par une représentante de l’ordre public parce qu’on a pris l’avion à Tel-Aviv et être accusé de mensonge parce qu’on pratique l’ascèse de la vérité. Signe, s’il en était besoin, de la nécessité du travail d’information que nous avons entrepris.
C’est pourquoi, soutenus par vos encouragements, nous continuerons à vous communiquer, avec les moyens modestes qui sont les nôtres, notre part de vérité.