Indiscutablement, il s’est passé quelque chose entre les juifs et les chrétiens en ce mois d’avril 2005. L’attention et l’émotion avec lesquelles l’opinion israélienne a suivi les derniers moments de Jean-Paul II, les messages de sympathie que nous avons reçus, l’accueil de l’élection de Benoît XVI nous ont montré les fruits de ce que Jean-Paul II avait semé tout au long de son pontificat, et particulièrement lors de son voyage en Israël, culminant dans sa visite à Yad-vashem et sa prière devant le mur occidental du temple.
Au début de cette année, nous étions nombreux à déplorer l’écart considérable (quatre semaines !) que le calendrier avait introduit entre les deux célébrations de la pâque, par les catholiques et par les juifs. Les événements dont personne n’est maître ont donné à ces quatre semaines une signification imprévisible. Jean-Paul II a vécu son passage au terme de la semaine pascale, au moment précis du passage du septième au huitième jour. Son successeur a inauguré son pontificat le premier jour de la pâque juive, le quinze nissan, premier jour des pains azymes, inauguration d’un temps nouveau après l’élimination du « vieux ferment ».
L’histoire recèle des significations cachées qui seront révélées en leur temps. L’avenir verra peut-être dans les jours que nous vivons, en ce ces premières années de millénaire, le début d’une ère nouvelle dans les relations entre l’Église et le peuple dont elle est née.