En voyant flamber les poubelles de Mea Shearim lors des manifestations d’opposition à la « Gay pride », plus d’un téléspectateur aura spontanément établi l’équation entre « ultra-orthodoxes » - pour employer une expression idiote malheureusement trop incrustée dans le vocabulaire pour qu’on puisse l’éviter - et intolérance fanatique. La question a été assez débattue dans le courrier des lecteurs pour qu’il soit inutile d’y revenir.
Le présent numéro fera découvrir un autre aspect de l’engagement de ces religieux qu’on appelle ici les « Haredim » : Yad Sarah, un organisme où le bénévolat est mis au service de l’imagination pour venir en aide aux infirmes et aux malades, spécialement les plus pauvres, et dont le fondateur - ironie du sort - n’est autre que Uri Lupoliansky, aujourd’hui très religieux maire de Jérusalem, qui a été molesté récemment par les manifestants, haredim comme lui, hostiles au défilé des homosexuels.
Les Haredim, ce sont aussi les volontaires de Zaka, premiers présents sur les lieux des attentats pour secourir les blessés et rendre aux morts les honneurs d’un traitement décent, unanimement respectés par les Israéliens de tous bords. Et quiconque a fréquenté les hôpitaux religieux, comme par exemple Sha`arei Tsedeq à Jérusalem, sait avec quelle humanité les malades y sont accueillis et entourés de soins. Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur l’hôpital israélien en général comme lieu de rencontre entre Juifs et Arabes, israéliens et palestiniens.
La réalité, ici comme dans d’autres domaines, est complexe et contrastée. Tant pis pour ceux qui estiment que les idées simples sont une boussole infaillible. Tant pis aussi pour ceux qui pensent que plus on est religieux, plus on est fanatique. Tant mieux qui pour ceux qui continuent de croire qu’on peut encore espérer en l’humanité.