Données historiques
Les Églises réformées sont également nées de ce sentiment diffus de nécessaires réformes dans l’Église occidentale, mais sous l’impulsion de diverses villes du sud ouest de l’Allemagne, de la Confédération helvétique et de France. À Zurich le prêtre Ulrich Zwingli (1484-1531), acquis à l’humanisme, rompit en 1521 avec la papauté pour ne plus annoncer que “le seul Évangile du Christ”. En 1525 le Conseil de la ville décida d’abolir la messe latine et imposa aux prédicateurs de se conformer à la seule Écriture. À Genève et dans les régions francophones, la réforme est liée au nom de Jean Calvin (1509-1564), juriste de Noyon qui, en 1533, se convertit aux idées nouvelles et entreprit de lutter pour la réforme de l’Église conformément au message de l’Écriture. En 1535 il acheva son Institution de la religion chrétienne (revue ensuite diverses fois jusqu’en 1560), qui fit sa réputation dans les milieux francophones. Passant à Genève où la réforme en cours avait amené à une situation chaotique, il se laissa persuader d’y rester. Il y devint l’organisateur de la réforme dont les idées passeront ensuite en France, en Belgique, en Hollande et en Écosse.
Dans les pays anglophones (États-unis surtout) ces Églises sont appelées “presbytériennes” à cause de leur organisation autour d’un “collège d’anciens (presbytres)” formé du ou des pasteurs ainsi que d’“anciens” nommés par l’assemblée de paroisse. Ce qui unit les Églises réformées c’est davantage un “esprit évangélique” que des textes confessionnels, ce qui explique leur diversité.
Aujourd’hui ces Églises sont unies dans l’Alliance réformée mondiale, organisme d’entraide et de soutien mutuel, sans pouvoir spécifique, qui ne se prétend pas Église, mais laisse aux Églises membres l’indépendance à tous les niveaux. Elles font partie du Conseil Œcuménique des Églises dès sa fondation (1948) et se trouvent en état d’intercommunion avec les Églises luthériennes depuis la signature de la “Concorde de Leuenberg” (1973).
Caractéristiques particulières
Le grand adage de Calvin était Soli Deo gloria (“À Dieu seul la gloire”) et sa préoccupation fondamentale : permettre à la souveraineté de Dieu de s’établir sur l’humanité. Bien qu’ayant posé les fondements d’une Église, Calvin sait qu’elle ne correspond pas exactement avec la vraie Église, qui est invisible et connue de Dieu seul. Les Églises visibles sont au service de l’invisible. La structure fondamentale est celle d’une hiérarchie d’assemblées locales, régionales et nationales se gouvernant elles-mêmes. Les quatre ministères particuliers : pasteurs, docteurs, anciens et diacres, sont des dons de Dieu pour l’édification des communautés.
Dans le culte une grande place est réservée à la Parole de Dieu et à la prédication. Divers mouvements de renouveau liturgique ont poussé les Églises réformées à redécouvrir la Sainte-Cène qui était devenue presque secondaire, surtout à l’époque du rationalisme. Les liturgies adoptées par les Églises sont toujours des propositions qui normalement suivent un ordre général commun, mais peuvent être librement utilisées et modifiées dans la célébration.
Les réformés en Israël
L’Église d’Écosse envoya en 1885 un missionnaire à Tibériade pour y fonder un hôpital ; mais la présence réformée ne s’établit véritablement qu’en 1930, lorsque fut consacrée à Jérusalem l’église écossaise de S. André - à laquelle est associée un hospice pour pèlerins - en mémoire des soldats écossais tombés en Terre sainte en 1917. Outre le culte en anglais auquel participent presque exclusivement des étrangers, cette église sert aussi de lieu de référence à une présence hollandaise s’occupant des ressortissants des Pays-Bas en Terre sainte et sporadiquement à la célébration d’un culte en français. La communauté presbytérienne en Israël (Jérusalem et Tibériade) est presque insignifiante.