En Israël, les gens expriment volontiers leurs convictions au moyen d’autocollants apposés à l’arrière des voitures. Voici, pêle-mêle et dans leur variété contrastée, quelques spécimens de ce qu’on peut lire dans les embouteillages ou en attendant que le feu passe au vert :
Nous n’avons personne sur qui nous appuyer, sinon sur notre père qui est aux cieux (Mishna Sota 9,15).
Le peuple avec le Golan.
Les criminels d’Oslo en jugement !
Juif, Dieu t’aime. Ne l’abandonne pas.
Seul l’amour entraîne l’amour.
Le Saint, béni soit-il, nous t’aimons.
(Le passage de la troisième à la deuxième personne s’explique par le caractère fixe de la formule "le Saint, béni soit-il !", employée pratiquement comme un nom propre de Dieu).
Le démantèlement des implantations déchire le peuple.
(Jeu de mots sur "démantèlement" (`aqirat) et "déchire" (qora`at), qui s’écrivent avec les mêmes lettres).
Ron Arad est né pour la liberté.
Ron Arad est un pilote israélien abattu au Liban en 1986 et dont on ignore s’il est encore en vie. En hébreu, la formule rime : "Ron Arad - la-hofesh nolad."
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
(Citation de Lévitique 19,18).
Fais un sourire, tout contribue au bien ! - avec, en caractères plus petits, cette citation de Rabbi Nahman de Bratslav :
Quand l’homme sait que tout ce qui lui arrive est pour son bien, c’est pour lui comme le monde à venir.
Il est interdit de leur donner un État.
Un temps pour aimer.
Contrairement à ce qu’on attendrait, cette citation n’est pas suivie de la référence à Qohelet 3,8, mais du cachet du ministère de l’éducation.
Israël veut la paix.
La terre du Golan est l’héritage de nos pères.
Le Golan est à nous pour toujours.
Jérusalem, je fais serment.
Tu conduiras pour ton prochain comme pour toi-même.
À Jérusalem, ta ville, reviens, dans ta miséricorde.
(Extrait de la prière des dix-huit bénédictions).
Assez des expériences sur les animaux !
Notre père et notre roi, garde nos soldats.
Cherche la paix et poursuis-la. (Psaume 34,15)
Assez de l’occupation !
C’est un grand commandement que d’être dans la joie (Rabbi Nahman de Bratslav).
Ce véhicule ne roule pas le shabbat.
Ariel Sharon, un dirigeant pour la paix.
C’est la qualité qui décide. Mouvement pour la qualité du gouvernement en Israël.
Père, fais miséricorde.
La vallée du Jourdain est israélienne.
Notre père et notre roi, qui sièges dans les hauteurs, sauve-nous de nos ennemis, dans ta grande miséricorde.
Nous t’aimons, Terre d’Israël.
Avant tout... calme-toi.
Quitter les territoires !
La paix avec le Golan.
J’aime tout Juif.
Unité d’Israël.
La paix commence de l’intérieur.
Qui que tu sois, quel que tu sois, le Saint, béni soit-il, t’aime vraiment.
On peut lire aussi le mot historique prononcé par Bill Clinton après l’assassinat de Y. Rabin :
Shalom, haver ! ("Salut, ami !"),
et surtout les variantes
Haver, atta haser ("Ami, tu manques") ou Haver, ani zokher ("Ami, je me souviens.")
Il y a quelques années, on a pu lire aussi le slogan :
Am ehad, giur ehad ("Un peuple, une conversion"),
contestant la validité des conversions faites par les mouvements juifs non orthodoxes.
La réplique est apparue immédiatement, au moyen du remplacement du r par un s :
Am ehad, gius ehad ("Un peuple, une conscription" )
(allusion aux exemptions du service militaire dont bénéficiaient certains étudiants orthodoxes).
En matière de calembour, la palme revient sans doute à un autocollant qu’on a pu voir pendant la guerre du Golfe, au début de 1991 : un dessin représentant un poisson équipé d’un masque à gaz, avec la légende :
’Al tid’ag. ("N’aie pas peur").
Précision indispensable : en hébreu, poisson se dit dag.
C’est aussi pendant la guerre du Golfe qu’on pouvait souvent lire l’invitation :
Tehillim neged tilim ("Psaumes contre missiles").