Les récits bibliques sont devenus paradigmatiques par le truchement d’une tradition où ne cessait de se préciser une orientation bien définie. Ils ont survécus grâce à une communauté qui, induite par les prophètes à se souvenir de ce qui venait, suivait la courbe d’une histoire où elle pût se reconnaître. En interprétant ces textes fondateurs, le peuple dont ils étaient issus cherchait en effet à se comprendre lui-même avec un sentiment de connaturalité affective. Née en même temps que l’Ecriture, la lecture qu’il en fait aujourd’hui jouit encore d’un privilège unique de co-naissance qui le met en syntonie avec le texte sacré.
Après avoir entendu Dieu lui dire : “Pars de ton pays, de ta famille et de la maison de ton père ...”, Abraham reçut aussi l’ordre de renoncer à ses deux fils. Si le renvoi d’Ishmaël laissait entrevoir une mort éventuelle, l’issue de la ligature d’Itshak ne faisait aucun doute. Mais le Dieu qui avait demandé à Abraham de sacrifier ses enfants, envoya aussi son ange pour assurer leur avenir en les sauvant in extremis. Le lien entre ces deux occurrences est souligné dans le texte de la Genèse par des correspondances de forme et de fond.
Ensuite d’une intervention céleste, le champ de vision des deux parents s’élargit en les rendant capables de découvrir ce qu’ils ne pouvaient voir auparavant. Dans le cas d’Hagar, “Elohim lui ouvrit les veux et elle vit un puits avec de l’eau. Elle alla remplir l’outre et elle fil boire le garçon”. De façon analogue, “Abraham leva les veux et vit qu’un bélier était pris par les cornes dans un fourré. Il alla le prendre. ” En regardant soudain une réalité qu’ils n’avaient pas vue, ils nous rappelaient que le durable en nous est souvent le don d’un instant.
Si les bénédictions promises aux enfants semblaient compromises par le danger menaçant leur vie, le risque d’une disparition n’annulait pas les espoirs d’une grandeur nationale. Au moment où l’eau de l’outre fut épuisée, Hagar reçut une promesse concernant Ishmaël : “De lui je ferai une grande nation. ” Mais la voix parlant à Abraham envisageait une tout autre perspective : “Parce que tu as fait cela et n’as pas épargné ton fils unique, Je m’engage à te bénir et à faire proliférer ta descendance ... c’est en elle que se béniront toutes les familles de la terre. ”
Les assurances concernant les deux fils, tout comme leurs futurs liens de parenté, avaient des connotations différentes. Ishmaël reçut certes une bénédiction céleste : “Elohim fut avec le garçon qui grandit et habita au désert. C’était un tireur d’arc”, un mode de vie qui n’impliquait pas la possession d’une terre. Son appartenance nationale fut ensuite confirmée au moment de son mariage lorsque “sa mère lui fit épouser une femme du pays d’Egypte ” Abraham, de son côté, entendit d’en haut : “C’est à ta descendance que je donnerai ce pays.” Le moment venu, il envoya le plus ancien serviteur de sa maison en Aram pour y trouver une femme convenant à Itshak car il ne voulait pas lui donner “une fille de cananéens”, ni le laisser aller au pays d’où il était sorti lui-même.
Le renvoi d’Ishmaël était, au niveau des faits et de la sensibilité, l’équivalent de la ligature d’Itshak dont l’épreuve fit en quelque sorte pendant à celle de son frère aîné. La pensée de perdre ses deux enfants fut, pour Abraham, cause d’une souffrance d’autant plus ressentie qu’il s’agissait là d’actes moralement répréhensibles. Dans la ligature d’Isthak, il était confronté à l’interdiction d’ôter la vie à un être humain, selon la mise en demeure faite à Noé et à ses fils : “Qui versera le sang de 1’homme, par l’homme verra son sang versé.” Dans le cas d’Ishmaël, il se sentait tenu d’obtempérer bon gré mal gré à la volonté de Sara qui lui demandait de chasser l’enfant et sa mère dans un désert où la survie était improbable.
Etonné par le fait qu’Abraham eût chassé Ishmaël et sa mère, sans les munir de provisions, Rabbi Abraham Ibn Ezra [1092-1167] ne manquait pas de reconnaître qu’il avait agi là en toute justice, car s’il avait donné un viatique à Hagar contre l’avis de Sara, c’eût été contraire à la volonté divine. La Tora rappelle toutefois qu’après la mort de Sara, il fit des donations, aux fils de ses concubines. On peut penser qu’à l’instar de l’épreuve d’Itshak dont le dénouement fut heureux, le renvoi d’Ishmaël s’inscrivait lui aussi dans le cadre plus général de l’avenir destiné à deux peuples différents. “C’est par Itshak qu’une descendance portera ton nom. Mais du fils de la servante, je ferai aussi une nation.”
L’intérêt porté par la Tora au sort réservé à chacun des enfants se retrouve dans leurs noms. Le fils de Sara fut nommé Itshak [Héb. Il rira] car son père avait ri à l’annonce de sa naissance. Sara avait fait de même lors de l’apparition aux chênes de Mambré, mais après l’accomplissement de la promesse, elle ajouta : “Elohim m’a donné un sujet de rire. Quiconque l’apprendra rira [Héb. Itshak] à mon sujet.” Ce futur a longtemps marqué la tradition d’un peuple en le sensibilisant au pouvoir prospectif de telles paroles. Puis, le moment vint où un sentiment d’imminence finit par s’emparer de sa conscience collective, lorsque - sous la pression prophétique - chaque instant devint la petite porte où pourrait paraitre le Messie.
Le nom d’Ishmaël était lui aussi prégnant de signification. Lorsque Hagar, maltraitée par Sara, dut prendre la fuite, l’ange de YHWH la trouva près d’une source dans le désert et lui dit : “Voici que tu es enceinte et tu enfanteras un fils, tu lui donneras le nom d’Ishmaël cor YHWH a entendu [Héb. Shama] ta détresse. Véritable sauvage, cet homme. Sa main contre tous, la main de tous contre lui. A la face de tous ses frères, il demeure.”
Le premier des frères à en éprouver les effets allait être Itshak, déjà en projet dans j’Esprit de Dieu. Mais Ishmaël ne se situait lui-même que par référence à son frère car Itshak était le dépositaire exclusif des privilèges du choix divin. Plus tard, Hagar dut fuir à nouveau pour éviter la colère de Sara qui s’abstint toujours de nommer Ishmaël car il demeura à tout jamais pour elle, le fils de “sa servante égyptienne”. L’ayant trouvée à bout de forces au désert de Beer-Shéva, l’ange d’Elohim conféra au nom de son enfant une signification supplémentaire en lui disant : “Ne crains pas car Elohim a entendu [Héb. Shama] la voix du garçon là où il est.”
L’éloignement du frère aîné au profit du cadet aurait pu devenir un motif d’aigreur pour son père et de ressentiment à l’égard de son frère. Il n’en fut rien, car Itshak et Ishmaël se retrouvèrent pour ensevelir leur père à Hébron dans la grotte de Makpéla qui avait été cédée à Abraham par Ephron le Hittite. Cette réunion inattendue montrait que leur comportement était dépourvu de tout relent d’amertume ou de suffisance. Ils étaient sans joute conscients que le souvenir amer de leur séparation pourrait finalement contribuer à les rapprocher, Le sacrifice exigé, en son temps, de leur père allait devenir une bénédiction en permettant à chacun d’eux de survivre en s’insérant dans une histoire vécue.
Dans son commentaire sur les paroles d’Hagar, “Je fuis devant Sarai, ma maîtresse”, le Baal haTourim [1270-1340] notait que ce verbe ne reparaît qu’une autre fois dans la Bible, dans un contexte d’épreuve nationale : “Au bruit de la cavalerie et des archers, toute ville prend la fuite” [Jérémie 4.29]. Comme le mot archer avait qualifié Ishmaël, ce codificateur discernait en filigrane une analogie entre les tribulations d’un peuple et celles d’une personne. Cette attention portée aux significations en latence était d’autant plus justifiée qu’un mot biblique doit manifester toutes ses virtualités avant de livrer son sens ultime.
Le midrash ne manque pas de faire l’éloge d’Hagar dans l’espoir de compenser l’impression d’injustice qui pouvait résulter de son éloignement de la maison familiale. Le besoin de faire réparation pour ce rejet affleure, entre autres, dans la description de l’arrivée de Rivka à Beer-Shéva. Pressentant peut-être un recoupement de l’histoire, “Itshak vint au puits de Lahaï Roï ” [Le Vivant me voit], à l’endroit même où Hagar s’était enfuie après avoir quitté Abraham pour la première fois.
Comme cela se passait après la mort de Sara, le midrash supplée complaisamment à la réserve du récit biblique en précisant qu’Itshak se rendit au puits de Lahaï Roï en vue de faire revenir Hagar au sein de la famille. Ce faisant, il voulait réparer le tort qu’il avait ¬involontairement - causé à Hagar et à son frère Ishmaël. “Itshak [. . .] était resté méditer dans la campagne à l’approche du soir.” A ce moment, une caravane arriva du pays des deux fleuves. “Il leva les yeux et vit les chameaux qui arrivaient. Rivka leva les yeux, vit Itshak, sauta de chameau ...” et sans attendre, “Itshak la fit entrer dans sa tente.” Un besoin de réconciliation familiale avait induit un homme à partir à la recherche d’une femme et, sur ces entrefaites, il trouva sa femme.
De même qu’une autre interprétation du nom d’Ishmaël, “il entendra Dieu”, implique une révélation différée, de même, le nom d’Itshak, “il rira”, implique une joie différée. On peut y voir le rappel d’une différence de destin, en dépit des privilèges communs. Le Talmud de Jérusalem (Berakhot 5.6) rappelait en effet que, dans la Bible, trois personnages, Itshak, Salomon et Josias, avaient porté, avant même de naître, leur nom devant Dieu, non sans ajouter : “également Ishmaël parmi les nations.” Cette particularité semblait attribuable au fait qu’ils avaient été appelés à relancer l’histoire du salut au moment d’un blocage. Mais la mention insolite d’Ishmaël s’accompagnait tout de même d’une réserve non dépourvue d’insinuation.
Cette différence de statut se manifeste, entre autres, dans la description de leurs descendances respectives. Pour évoquer celle des petits-fils d’Itshak, la Tora mentionne les douze tribus d’Israël mais se contente dans le cas d’Ishmaël, de signaler douze princes. Là, un peuple, ici des individus. Une telle disparité n’enlève rien à la dignité d’Ishmaël car le souvenir du jour où Ishmaël fut réuni à ses pères, a incité l’auteur sacré à user du verbe Gava [il rendit l’âme], comme pour la mort d’un tsadik, autrement dit, d’un juste. Selon une tradition rapportée par Rachi, ce privilège lui fut accordé pour s’être repenti à la fin de ses jours en participant à la célébration des funérailles d’Abraham.
Le renvoi d’Hagar et de son fils avait été occasionné par une contrariété de sa maîtresse, le jour où Itshak fut sevré. Sara vit s’amuser [Héb. Metsahek] le fils d’Hagar l’égyptienne et dit à Abraham : “Chasse la servante et son fils.” Signifiant à la fois ‛s’amuser’ et ‛rire’, la forme verbale utilisée ici était lourde de sous-entendus. Ishmaël rit non seulement au présent - c’était un rire prématuré - mais au Piel qui est la forme intensive du verbe en question. Les réactions à l’immédiat étant chez lui sans inhibition, le temps où il vivait était tout simplement court-circuité.
L’ambiance du festin où fut confirmée l’autonomie d’Itshak porta l’aîné à rire incontinent. Comme il ne pouvait se faire à un caractère différent, la présence de son frère puîné lui devenait pesante. Son ricanement était l’opposé du rire où le héros de la fête manifestait une joie dont les implications seraient manifestées plus tard. Mais, pressentant un défaut de nature, l’ange rencontré près de la source avait déjà qualifié Ishmaël de “véritable sauvage”, une désignation recouvrant l’idée de jouissance instantanée, qui serait, en son temps, impliquée dans le présent Metsahek.
Serait-ce l’effet d’un hasard que la communauté culturelle issue d’Ishmaël, n’ait guère assimilé la notion du temps ? L’Islam n’a, par exemple, jamais pu intérioriser l’idée du repos hebdomadaire, le vendredi étant simplement un jour où la prière en commun est recommandée. De plus, les calendriers musulmans sont exclusivement lunaires et ne connaissent pas l’ancrage du rythme cosmique des saisons. Le signe lunaire, croissant et décroissant est perçu dans l’immédiateté de ses clartés sommaires qui ne peuvent donner accès aux structures mêmes du temps. Cette courte vue semble avoir encouragé l’Islam à voir dans la vie d’ici-bas une simple occasion d’envisager l’au-delà. Autant dire que les penseurs musulmans avaient de bonnes raisons de se montrer réservés sur le sens de l’histoire.
Intrigué par ce peu d’intérêt pour la valeur du temps, Franz Rosenzweig [1886-1929] s’interrogeait dans L’Etoile de la Rédemption sur la nature même de la révélation coranique :
« Dans l’Islam, dit-il, la révélation n’est pas un événement survenant entre Dieu et l’homme, une rencontre où Dieu se manifeste dans une complète self-négation ou dans son divin self-sacrifice. C’est plutôt un don offert librement que Dieu dépose dans les mains de l’homme. Le premier mot de la révélation à Mohammed est : “Lis ! ”, au moment où la page d’un livre lui apparaît. Cet écrit venu du Ciel lui est offert par l’archange au cours d’une révélation nocturne.
« Pour le Judaïsme, la Loi orale est plus ancienne et plus sainte que la Loi écrite et Jésus n’a confié aucun écrit à ses disciples. L’Islam au contraire, est depuis ses débuts la religion d’un Livre qui vient du Ciel. Pourrait-on imaginer un renoncement plus explicite à l’idée que Dieu puisse descendre ici-bas pour se donner Lui-même à l’être humain ? Dans cette perspective, Il siège au plus haut des Cieux et se contente de présenter à la créature - un Livre. »
Confiant toutefois dans l’avenir d’Ishmaël et de sa descendance, le Talmud ne craint pas d’affirmer : “Quiconque aperçoit Ishmaël en songe est assuré de voir son rêve exaucé” (Berakhot 56b). Quoi qu’il en soit, on serait bien inspiré de ne pas oublier que la parenté des descendances d’Itshak et d’Ishmaël rappelle, toutes proportions gardées, l’analogie de la foi où Emmanuel Kant voyait non pas “une similarité imparfaite de deux réalités, mais une parfaite similarité de rapports entre deux réalités bien différentes.”
Comme aucun contact ne peut s’établir entre des éléments identiques, la similitude est toujours cause de séparation. Dans cette logique, Abraham dit à son neveu Lot qui pourtant, selon le midrash, lui ressemblait : “Sépare-toi de moi ! ” après lui avoir déclaré : “Nous sommes frères”, au moment de la querelle de ses bergers avec ceux de Lot. Inversement, la définition d’une réalité est facilitée en partant de son contraire. Ainsi Abraham, pour naître à lui-même dut-il quitter Haran après être sorti d’Our en Chaldée à la suite de son père. De même, le peuple d’Israël reçut l’ordre de se séparer des égyptiens pour atteindre la stature nécessaire à la poursuite de son idéal. Avec le temps, la lecture à l’envers des pratiques égyptiennes le préserva d’y retourner en esprit en renforçant le sentiment d’une dissonance avec cette culture.
Une telle rupture alla jusqu’au refus de prononcer le nom même de ce pays qui ne figure jamais dans le Tanakh (Ancien Testament). En effet, le grec Aigyptos - d’où vient le mot copte - est la déformation du nom égyptien de Memphis, Het-Ka-Ptah, qui fut la capitale de l’Ancien Empire. Mais le pays de Ramsès est toujours désigné dans la Bible sous le nom de Mitsraïm qui étymologiquement signifie : limite, frontière, une dénomination dont le flou est des plus significatifs.
Paradoxalement, il ne peut y avoir d’association vraie qu’avec des contraires dont la séparation n’est jamais absolue, aussi, les accolades de 1’histoire biblique ne sauraient-elles surprendre. La Tora signale, à ce propos, qu’Esaü “alla trouver Ishmaël et, en plus de ses femmes, il épousa Mahalat, fille d’Ishmaël”. Ce resserrement des liens familiaux paraissait d’autant plus notable que, pour la première fois, une femme de la maison d’Ishmaël était mentionnée nommément dans le texte biblique.
Bien plus tard, les frères de Joseph “le vendirent pour vingt shèqels d’argent aux Ishmaélites qui le menèrent en Egypte.” Dans cet enchevêtrement de destins où les motivations des intéressés opéraient souvent à retardement, la descendance d’Hagar donnait à celle de Sara de continuer à vivre, en sauvant celui qui - du fond de son exil - allait assurer la permanence d’Israël. A considérer ces chassés-croisés de situations, où la signification de la trame d’une histoire procédait de la fin, il semblerait qu’il n’y ait rien de tel pour réconcilier des traditions concurrentes que d’évoquer, le cas échéant les liens généalogiques de leurs représentants.
Les sages en avaient suffisamment vu pour comprendre que la contrariété peut devenir source de communication. Aussi, les descendants d’Itshak et d’Ishmaël, en se nourrissant typologiquement de la substance de leurs contradictions, pourraient-ils envisager, au sein de leurs dissemblances, l’éventualité d’une rencontre qui ne saurait être l’effet du hasard, à moins que ce dernier ne soit considéré comme l’écriture mystérieuse de Dieu. Un échange culturel et religieux où l’on s’efforce de faire remonter à la surface des harmonies latentes suppose en effet la présence d’une altérité ouverte aux inspirations d’en haut car l’humain ne saurait y suffire.
Mûri par les épreuves, Itshak avait sûrement compris que, pour chercher une source, on doit accepter d’être seul et que le secours dont il ressentait le besoin lui viendrait d’un Dieu qui, sans lui ressembler, serait toujours près de lui, “là où il est”. Rassuré par cette lueur d’espoir, cet homme qui n’était plus dans sa prime jeunesse était peut-être venu, comme dans un songe éveillé, chercher la réalisation d’un rêve près du puits de Lahaï Roï, à la tombée de la nuit.
C’était la source où Hagar avait reçu de l’ange la promesse d’un enfant. Aussi, la perspective d’une seconde naissance - la vraie - ne pouvait-elle s’offrir à Itshak de façon plus claire. “Il avait eu Sara pour mère. Il prit Rivka et elle devint sa femme.” Que de sous-entendus dans ce modèle de concision ! Comme sous l’effet d’une urgence qui eût cheminé lentement, il devenait le sourcier d’une lumière perdue et découvrait, à cet endroit fatidique, que pour lui, le chemin déclinant du soir pouvait devenir celui d’un nouveau matin.