L’organisation israélienne de secours Ihoud Hatsala qui travaille en collaboration avec Maguen David Adom comprend près de 1500 secouristes volontaires dont la très grande majorité sont des Juifs religieux orthodoxes. Ils interviennent dans de nombreuses situations pour secourir le plus grand nombre. Munis le plus souvent de motos, ils arrivent les premiers sur les lieux où ils sont appelés. Il s’agit pour eux de prodiguer les premiers soins en attendant l’arrivée d’une ambulance ou d’autres secours plus spécialisés. Sur le qui-vive 24h sur 24h, leur efficacité est surtout due à leur rapidité d’intervention.
Depuis quelque temps 30 Arabes de Jérusalem-est dont deux médecins palestiniens ont rejoint les rangs de l’organisation israélienne. Lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au YMCA de Jérusalem, les nouveaux venus ont reçu leur diplôme de secouristes et ont officiellement été accueillis au sein de l’organisation. Le secrétaire général de Ihoud Hastsala, Eli Bir, parle des nouvelles recrues avec enthousiasme en les qualifiant de "justes". Son président, Zéev Kashash ajoute : "Dans l’organisation, on s’intéresse au but qui est de sauver des vies. Peu importe si le secouriste est juif ou arabe !"
L’intégration de membres arabes dans l’organisation de secours répond aussi à un besoin urgent dans certains quartiers de Jérusalem-est. Dans certains cas, les ambulances attendent d’être accompagnées par des gardes-frontières pour pénétrer dans certains quartiers et de précieuses minutes sont perdues. Ces secouristes mobiles arabes peuvent arriver très rapidement sur les lieux.
Mourad Aliyan, un secouriste arabe, explique que l’entente entre les Juifs orthodoxes et les Arabes est excellente. De plus, ces volontaires non juifs peuvent remplir des tâches interdites aux religieux orthodoxes le jour de Shabbat. Aliyan est devenu un spécialiste de la loi juive. Si sauver une vie repousse les interdictions de la loi juive et si les religieux orthodoxes doivent répondre aux appels au secours le Shabbat et les jours de fête, il n’en reste pas moins que certains actes considérés comme non nécessaires restent interdits. La collaboration de secouristes arabes est alors précieuse.
Pour conclure, Eli Bir témoigne : "Lorsque je vois Mourad s’asseoir avec un volontaire qui vient de l’implantation de Kyriat Arba et tous deux discutant avec un laïc d’Hertzlyia et un religieux orthodoxe de Jérusalem, je me dis : les jours du Messie sont vraiment là !"
Source : Haaretz, 16 octobre 09