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Golda Meir

mercredi 13 septembre 2006, par Eliane Ketterer


Golda Meir (Mebovitz) (1898-1978), Premier ministre d’Israël (1969-1974), une des fondatrices du Mapaï. Elle démissionna de sa fonction par suite de protestations de l’opinion publique après la guerre de Kippour.

Golda Mebovitz, par la suite Golda Meir, est née dans la ville de Kiev en Ukraine. Lorsqu’elle fut âgée de 6 ans, ses parents émigrèrent par suite de difficultés économiques aux Etats-Unis dans la ville de Milwakee. Dès son jeune âge, elle fut impliquée dans une activité politique sioniste et socialiste. En 1915, elle rejoignit le parti des Poale Zion. En 1912, dès la fin de ses études au séminaire chargé de former les enseignants, elle émigra avec son mari, Maurice Meyerson, en Israël (qui était alors sous le mandat britannique).

Le couple s’installa au Kibbutz de Merhaviah et Golda Meyerson fut nommée déléguée du Kibbutz à la Confédération du Travail. Lorsqu’elle reçut, trois années après, une fonction au syndicat du commerce de la Confédération, elle quitta le Kibbutz pour Tel-Aviv. En 1928, elle fut nommée secrétaire du Mo’etset ha-Po’a lot (Conseil des ouvrières). Après quatre années, elle partit pour les Etats-Unis, en tant que secrétaire de l’organisaton des femmes du mouvement he-Halutz. Lorsqu’elle revint en Israël en 1934, elle fut choisie comme secrétaire du comité exécutif de la Histadrout et, un peu plus tard, elle fut responsable du département politique de l’organisation.

Durant la période de la seconde guerre mondiale, Golda Meyerson joua un rôle important dans la médiation entre la direction du Yishuv et le délégué du mandat britannique. En 1946, les britanniques arrêtèrent de nombreux responsables du Yishuv sioniste en Israël (en particulier durant le "shabbat noir"), et parmi eux le responsable du département politique de l’Agence Juive, Moshe Sharet. Golda Meir prit sa place et partit pour les Etats-Unis afin de mobiliser des fonds pour aider le financement du futur Etat. Quelques jours avant la proclamation de l’indépendance de l’Etat d’Israël, Golda Meir partit en secret en Jordanie, déguisée en arabe, afin de rencontrer le roi Abdallah. Sa tentative pour le convaincre de ne pas se joindre à l’offensive des Etats arabes échoua.

Au début de 1948, David Ben Gourion nomma Golda Meyerson membre du Conseil temporaire de l’Etat. Après le création de l’Etat, elle fut nommée ambassadrice à Moscou. Elle fut élue à la première Knesset en 1949 et occupa au titre du Mapaï le poste de Ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Dans le cadre de cette fonction, elle inaugura divers projets de construction intensive afin de permettre l’installation des nouveaux immigrants. Lorsque, six années après, elle fut nommée ministre des Affaires étrangères, elle changea son nom de Meyerson en Meir. Au ministère des Affaires étrangères, elle conduisit une politique de soutien d’Israël aux Etats africains et elle s’employa à renforcer les relations entre Israël et les Etats-Unis.

Après que Golda Meir eût quitté le gouvernement en 1966, elle fut nommée Secrétaire du Mapaï et appartint dans son parti au camp de Lévi Eshkol. Deux années plus tard, elle quitta cette fonction, car elle était atteinte d’un cancer. A la fin de la guerre des Six Jours, elle aida à l’union des deux fractions du Mapaï, qui devint alors le parti du Ma’arakh, (de nos jours le parti travailliste). A la mort de Lévi Eshkol, en février 1969, elle fut élue par les gens du Mapaï à la tête du gouvernement, devenant la seconde femme de l’histoire mondiale à occuper le poste de Chef d’un gouvernement. Golda Meir eut une position inflexible ; elle refusa de reconnaître que les Palestiniens étaient une réalité nationale dotée de droits : "Il n’y a rien de tel avec les Palestiniens, Je suis moi-même Palestinienne", avait-elle l’habitude de dire quand elle était interviewée.

En 1971, Golda Meir rencontra le délégué du mouvement contestataire social, "Les Panthères noires", et n’admit pas leurs revendications qui parlaient de discrimination et de frustration. Après cette rencontre, elle fut citée comme ayant dit : "Ils ne sont pas aimables", phrase qui est demeurée ancrée dans la mémoire publique, comme le signe d’un écart entre elle et les couches sociales en difficulté.

Golda Meir avait l’habitude de faire des consultations non officielles dans son cabinet, en particulier avec le ministre des Finances d’alors, Pinhas Sapir, ainsi qu’avec le ministre sans portefeuille Israël Galili. De telles consultations entraînèrent de nombreuses critiques après la guerre de Kippour ; on soutint en effet que les décisions cruciales furent prises dans "le cabinet de Golda" et non dans les réunions du gouvernement.

En 1973, Golda Meir fut élue une nouvelle fois à son poste ; cependant en avril 1974, elle démissionna à la suite de protestations de l’opinion publique contre elle, après la publication du compte-rendu intermédiaire de la commission Agranat qui la dégageait de la responsabilité directe dans le déclenchement de la guerre de Kippour.
Deux mois après, elle démissionna également de son poste de la Knesset. Le débat public sur la mesure de responsabilité de Golda Meir dans l’échec de la guerre de Kippour se poursuit encore et nombreux sont ceux qui soutiennent que la commission Agranat fut créée afin d’innocenter les chefs politiques de la responsabilité de l’échec.


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