Haim Weizmann, (1874-1952), scientifique, homme politique et premier président de l’Etat d’Israël.
Haim Weizmann naquit en Russie dans la ville de Motol, qui se trouve aujourd’hui sur le territoire de la Biélorussie. Il fut le troisième d’une famille de quinze enfants, nés de Rachel et de Ezer Weizmann. Trois d’entre eux moururent en bas âge. Il fit ses premières années d’études dans une école traditionnelle juive, puis étudia ensuite au lycée technique de la ville de Pinsk. Durant ses études, il manifesta de claires aptitudes pour les disciplines scientifiques, termina ses études avec le prix d’excellence et se montra tout particulièrement doué pour la chimie. Durant ces mêmes années, il milita dans le mouvement sioniste, et à l’âge de 15 ans, il fonda une association du nom de Safah Berurah, qui oeuvra en vue de l’enseignement de la langue hébraïque.
A la fin de ses études au lycée, Haim Weizmann partit pour l’Allemagne et la Suisse, où il continua ses études de chimie dans des institutions académiques. Au cours de ses études, il fit connaissance d’un groupe d’étudiants juifs sionistes et fut grandement influencé par eux. Durant ces mêmes années, il façonna, en tant que juif et militant sioniste, son identité, qu’il formula en ces termes : "Travailler parmi les Juifs, en faveur des Juifs et d’une manière juive".
En 1898, Haim Weizmann participa au deuxième Congrès sioniste en tant que délégué de la ville de Pinsk. A partir de ce moment, il fut l’un des militants les plus en vue du mouvement sionniste et l’un des leaders de la "fraction démocratique", qui était constituée de personnes qui pensaient que le mouvement n’avait pas à se limiter à une action politique, mais devait agir dans les domaines de la culture et de la société, ce qui était contraire à la position de Benjamin Zéev Herzl. Haim Weizmann s’opposait également à Benjamin Zéev Herzl sur le sujet d’une implantation possible des Juifs en Ouganda.
En 1899, Haim Weizmann reçut de l’université de Fribourg (Suisse) le diplôme de docteur en chimie organique. En 1900, il connut à Genève sa future femme Vera Chatzmann. En 1904, il émigra en Angleterre et reçut le poste de maître de conférences en Chimie de l’Université de Manchester. En 1906, il épousa Véra dont il eut deux enfants : Bengi et Mikaël ; en 1907, il fit sa première visite en Israël.
Durant la période de la première guerre mondiale, Haim Weizmann travailla comme chimiste et apporta une aide importante aux efforts de guerre des Britaniques. Il développa un nouveau procédé afin de produire, à partir du maïs, de l’acétone, matière qui joua un rôle de première importance dans la création d’explosifs. En fait sont attachées au nom de Haim Weizmann plus de cent vingt découvertes. Grâce à son dévouement en faveur des forces britanniques, il acquit une grande estime de la Grande-Bretagne ; il profita de cette relation pour créer des liens étroits avec les chefs du gouvernement et les rapprocher de l’idée sioniste. Il est connu pour avoir exercé une grande influence sur la Déclaration de Balfour de 1917.
En 1917, Haim Weizmann fut élu président de la fédération sioniste anglaise. Au début de 1918, il vint en Israël, en tant que président de la commission des délégués, qui posa les fondations des établissements du Yishuv sioniste en Israël. En juin 1918, il rencontra près d’Akaba, sur une proposition des Britanniques, l’émir Faysal ben Hussein. Tous deux signèrent ensuite l’accord Faysal- Weizmann, à propos de la collaboration entre sionistes et arabes en Israël. Quelques mois plus tard, Faysal émit des réserves, à plusieurs occasions, sur les conséquences politiques de l’accord et de la soi-disant reconnaissance du droit des Juifs à une autodétermination dans les frontières israéliennes.
En 1920, Haim Weizmann fut élu président de la Confédération sioniste, fonction qu’il assuma de façon quasi-continue jusqu’en 1946.
Entre les deux guerres mondiales, Haim Weizmann fut le leader incontesté du mouvement sioniste. Il eut pour devise le "sionisme synthétique", qui associait le travail concret en Israël à une activité diplomatique, modèle Herzl, et désira établir le "foyer national" en Israël à partir de deux fondements : implantation agricole et science. C’est pourquoi, il soutint les coopérations paysannes et ouvrières, et les entreprises du mouvement travailliste en Israël, même si sa conception du monde était libérale et bourgeoise. Parmi les grands résultats des années 20 : la fondation de l’Agence juive avec la participation de capitalistes juifs non sionistes afin d’activer la construction d’Israël.
Après les événements de 1929 (début du recul britannique part rapport à la Déclaration Balfour), Haim Weizmann, qui était connu pour sa position pro-britannique, démissionna de sa fonction. Il revint sur cette décision lorsque le Premier Ministre, Ramsey Macdonald, lui envoya une lettre encourageant l’idée sioniste. En 1931, le Congrès sioniste ne le choisit pas comme président du mouvement, mais quatre années plus tard il fut à nouveau élu à cette fonction.
Haim Weizmann choisit une politique modérée vis-à-vis des Arabes, et jusqu’en 1937, il soutint le programme de la collaboration politique entre les Juifs et les Arabes en Israël. Ce programme prônait un Etat à deux identités nationales, qui ne tenait pas compte du rapport numérique entre les deux entités. Après la mise en place de la commission Phil (1936-1937), Haim Weizmann changea de conception et commença à soutenir le programme proposé par la commission, à savoir la création d’un Etat juif sur une petite partie d’Israël. Il milita au cours de la Seconde guerre mondiale en faveur de la création d’unités militaires hébraïques dans l’armée britannique, et contribua de nouveau grâce à son aptitude scientifique à l’effort de la guerre. Son fils, Michaël, qui servit comme pilote dans l’armée de l’air britannique pendant la seconde guerre mondiale fut déclaré disparu, après que son avion fût tombé, semble-t-il, dans la mer, lors d’une mission de reconnaissance contre des sous-marins allemands. Durant des années qui suivirent la guerre, Haim Weizmann continua à temps partiel son travail scientifique.
Pendant et après la guerre, Haim Weizmann milita en faveur de la création d’un Etat juif et de l’immigration en Israël des réfugiés de la Shoah. Durant la période du combat contre les Britanniques, il fut en faveur d’une ligne modérée, et c’est sur cet arrière-fond que ses relations avec David Ben Gourion, le responsable de la direction de l’Agence Juive, aboutirent à une crise. Au vingt-deuxième Congrès sioniste qui se tint en 1946, il ne fut pas élu président de la Confédération sioniste, et le poste demeura vacant. Malgré tout, il continua son activité politique, dont le sommet fut de convaincre le président des Etats-Unis, Harry Truman, du besoin d’inclure le Néguev dans les limites de l’Etat Juif (novembre 1947).
Après la fondation de l’Etat, Haim Weizmann fut élu président du "Conseil provisoire de l’Etat" et le 17 février 1949, la première Knesset l’élut comme le premier Président de l’Etat. En novembre 1951, il fut élu Président pour un second mandat ; cependant une année après, il démissionna par suite d’une grave maladie.
Haim Weizmann fut l’un des grands leaders du peuple juif au vingtième siècle. Il fut connu pour une rare aptitude à convaincre et fut très populaire dans toutes les couches du public. A la fin de sa vie, il exprima plus d’une fois son regret d’être arrivé trop tard et de n’avoir vu la fondation de l’Etat d’Israël qu’alors qu’il était déjà âgé et malade. Ses aspirations à être un président ayant l’autorité nécessaire pour gouverner ne furent pas remplies. Dans son livre autobiographique "Epreuve et erreur" (1949), il décrit son parcours jusqu’au moment de la création de l’Etat. Ses lettres en hébreu et en anglais furent publiées dans une dizaine de volumes. Il est l’oncle du septième Président de l’Etat d’Israël, Haim Weizmann. Il aida à la fondation de l’Université Hébraïque de Jérusalem et en assuma la fonction de président.
La maison de Haim Weizmann
En 1943, l’épouse de Haim Weizmann, Véra, acquit un terrain d’une grandeur d’environ cinq hectares, situé à proximité de l’Institut Sieff pour la Science, Institut qui avait reçu comme nom celui de son ancien propriétaire. Elle avait confié la réalisation du plan de la maison à Eric Mendelson, juif, résident en Allemagne, qui était considéré comme l’un des architectes les plus brillants du siècle dernier. Mendelson arriva en Israël, examina le lieu, et tenta de convaincre Haim Weizmann de construire une grande et magnifique maison. "Je veux une maison qui soit convenable, mais non une construction luxueuse", décida Haim Weizmann. Mendelson dressa les plans d’une maison simple, possédant dix-huit pièces, s’étendant sur près de mille mètres carrés. Le couple Weizmann exigea que la construction soit confiée uniquement à des ouvriers juifs et que tous les matériaux soient produits en Israël. En 1937, environ deux années après le début du travail, la maison se dressait sur la hauteur. Par la suite, fut planté autour un grand parc, contenant des arbres d’agrément et des arbres fruitiers.
Depuis le 2 novembre 1949, jour anniversaire des soixante-quinze ans de Haim Weizmann, le lieu est appelé de son nom : Institut Weizmann pour la Science". Haim Weizmann fut à la tête de l’Institut depuis l’année de sa fondation jusqu’en 1952 et posséda sur place un laboratoire de recherche. La tombe de Haim Weizmann ainsi que celle de son épouse se trouvent dans la cour de leur maison, dans la partie orientale de l’Institut Weizmann.