La synagogue Tiferet Israel (« Gloire d’Israël ») ou Nisan Beck, est située dans le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem. Ce sont des cercles de Hasidim qui la construisirent. Elle fut détruite par les Jordaniens lors de la prise de la vieille ville en 1948.
Aujourd’hui, il n’en reste que des ruines.
La construction de la synagogue
La synagogue fut bâtie dans les années 60 du 19ème siècle par des Hasidim appartenant aux cercles de Ruzhin et Sadigora. C’est le rabbin Israël Friedmann Marozin qui collecta des fonds pour acheter le terrain sur lequel elle fut construite qui lui donna le nom de Tiferet Israel.
La tradition raconte que le rabbin Israël paya très rapidement, pour empêcher les gens de l’Eglise russe-provoslave d’acheter ce terrain pour y construire une église.
Le tsar russe Nicolas Ier fulmina de colère lorsqu’il apprit que les Juifs l’avaient devancé dans l’achat du terrain. Il déclara alors : "Encore une fois les Juifs du rabbin Friedmann (qui s’était enfui de la Russie) ont gagné". Les Russes durent alors acheter un terrain en dehors des remparts de la vieille ville. Ce terrain qui existe jusqu’à ce jour porte le nom de : Migrash ha-Russim (« le terrain des Russes »).
Même après l’achat du terrain les constructeurs de la synagogue durent faire face à de nombreux obstacles. Sur le terrain se trouvait la tombe d’un scheik musulman du nom d’Abou-Shosh, et il fallut la déplacer. Il ne fut pas facile acquérir le permis de construire. Son obtention nécessita l’intervention personnelle du Kaiser Franz Joseph. La construction commença en 1857 et dura jusqu’en 1872.
La personne la plus engagée dans la construction de la synagogue fut Nisan Beck, homme public jérosolémitain, l’un des chefs du cercle des Hasidim de Jérusalem. Il fut l’administrateur principal de la synagogue jusqu’à sa mort en 1899. Pour cette raison, la synagogue fut surnommée en yiddish par les gens de Jérusalem Nisash Shom, c’est-à-dire "la synagogue de Nisan". Nisan Beck fit lui-même le plan du bâtiment et s’inspira beaucoup de celui de la synagogue Hurva située elle aussi dans la vieille ville de Jérusalem. Il se fit aider par un architecte russe qui apportait aussi sa contribution à la construction, sur le terrain acheté par les Russes, de l’église de la Ste Trinité.
La synagogue avait une longueur et une largeur de 11 mètres, et elle était, pour l’époque, relativement élevée. Sa construction coûta très cher et, l’argent manquant, et on ne put poursuivre toute sa construction, et c’est ainsi qu’elle resta sans coupole.
La légende raconte qu’au début de 1870 le Kaiser Franz Joseph visita la synagogue. Cette visite faisait partie de sa visite au Moyen Orient au moment de l’ouverture du canal de Suez. Ayant demandé pourquoi elle avait pas de coupole, il lui fut répondu : "Monsieur le Kaiser, la synagogue a enlevé son chapeau en votre honneur". L’Empereur comprit l’allusion et fit don des 1000 francs nécessaires à la construction de la coupole.
Celle-ci fut peinte en vert et cela ne plut pas aux musulmans pour qui le vert est une couleur sacrée.
Dans le journal "La gazelle" de 1887, il est raconté que le baron de Rothschild qui avait appris que la coupole peinte en vert énervait les musulmans, envoya de l’argent à l’administrateur Nisan Beck afin de la peindre d’une autre couleur.
Comme sa voisine la Hurva, la synagogue Tiferet Israel fut pendant la guerre d’Indépendance une "position" pour les combattants du quartier juif de la vieille ville.
Destruction de la synagogue
Lors de la guerre d’Indépendance, après la prise de la vieille ville par les Jordaniens, ceux-ci détruisirent presque toute la synagogue. Seule subsista une partie de la façade. La synagogue Hurva fut quant à elle complètement détruite par les Jordaniens. Deux belles synagogues existaient dans la vieille ville et, comme les mosquées sur le mont du Temple, chacune avait une coupole.
Après la reprise de la vieille ville et le retour des Juifs dans ce quartier, cette synagogue ne fut pas reconstruite. La façade ornée de la synagogue Tiferet Israël rappelle celle de la synagogue ancienne de Baraam en Haute Galilée et c’est cette dernière qui a probablement inspiré les architectes. Dans le sous-sol, il est encore possible de voir les ruines d’un bain rituel.
Les ruines de cette synagogue sont situées dans la rue des Karaïtes, au sud-est de l’endroit où fut élevée la yeshiva (école talmudique) du Mur, et à l’ouest d’un bâtiment d’habitation où se trouve la synagogue des Karaïtes (l’une des 11 synagogues Karaïtes existant en Israël).
Sur le lieu même de sa construction, on peut voir des affiches explicatives et les photos de la synagogue avant sa destruction.
