La brigade juive fut un régiment de combattants créé à la fin de la seconde guerre mondiale en 1944 dans le cadre de l’armée britannique. On l’appela également la brigade hébraïque .
Déjà avant la création de l’Etat d’Israël, des Juifs de la Palestine mandataire s’étaient porté volontaires dans l’armée britannique. Au début ils furent incorporés dans des unités ordinaires, surtout dans les services civils parce qu’au départ les Anglais demandèrent d’enrôler 500 personnes ayant des professions utiles pour l’armée comme chauffeurs, techniciens, infirmiers, maçons en vue de renforcer les unités britanniques du Moyen Orient. Plus tard 500 soldats juifs supplémentaires furent incorporés. Cinq cents autres furent mobilisés dans les unités de terrassement qui furent envoyées au front en France. Au terme, 30 000 Juifs de Palestine furent intégrés dans l’armée anglaise, dont 3 500 femmes.
Avec la progression de la guerre, et sous la pression exercée par les organisations sionistes de la terre d’Israël et de la diaspora, les Britanniques permirent en 1940 aux volontaires de servir dans des unités séparées. Ils proposèrent la même chose aux arabes. Dans la réalité ils furent peu nombreux. Suite à cette décision, les volontaires furent rassemblés en 15 divisions et munis d’armes anciennes, ils furent préposer à la sécurité des camps militaires et des dépôts d’armes.
En mars 1941, les Britanniques renforcèrent leurs forces en Grèce par crainte d’une attaque allemande. Parmi ce renfort, furent incluses des unités d’Eretz Israël (la majorité était juive) pour soutenir le combat. Avec le début du débarquement allemand en Grèce, ces unités furent envoyées sur le front. Il y eu des victimes suite au bombardement de l’artillerie allemande. Parmi les 2400 volontaires juifs en Grèce, 1363 furent faits prisonniers, 147 autres réussirent à quitter la Grèce et 200 moururent au combat.
En 1942 les divisions d’Eretz Israël furent réunies en 3 escadrons, appelés le "régiment eretzisraélien". Même après la création des escadrons et du régiment, la pression de la direction sioniste sur l’Angleterre pour créer un corps militaire juif national et le faire participer activement à la guerre continua. Ceux qui exerçaient cette pression, comme Haïm Weizmann et Moshe Sharett, espéraient faire avancer les exigences nationalistes des Juifs de Palestine au terme de la guerre.
En septembre 1944, vers la fin de la guerre, le gouvernement britannique céda à la pression et annonça la création d’une "division combattante juive". Celle-ci comprenait les 3 escadrons du "régiment eretzisraélien" auquel on joignit les unités de service, dirigées par le brigadier Ernest Frank Benjamin, juif né au Canada et officier du Génie de l’armée britannique. Les officiers du régiment étaient en partie anglais et en partie juifs. Le régiment comptait 5000 soldats au maximum dont 4500 venaient de Palestine. Les autres étaient des émigrés juifs, des soldats juifs de l’armée britannique et des soldats britanniques. Le drapeau de la division était le bouclier de David en jaune sur fond de lignes bleue blanche et bleue, et sur lequel était écrit : "Jewish Brigade Group".
Même après sa création, les Britanniques ne voulurent envoyer la brigade juive sur le front. C’est seulement en mars 1945, deux mois avant la fin de la guerre en Europe, qu’elle fut placée dans le 8ème camp de l’armée britannique sur le front d’Italie du nord. Les soldats participèrent à quelques combats contre l’armée allemande en déroute, pendant un mois, dans la région du fleuve Senio en Italie. Puis la division, en dehors de quelques unités, fut retirée des combats jusqu’à la fin de la guerre. Restés sur place, dans le nord-est de l’Italie, les soldats s’occupèrent alors de sauver des rescapés juifs d’Europe. Avec l’Agence juive, ils s’activèrent de les faire venir illégalement en Palestine. En juillet 1945 cette division fut envoyée en Belgique et en Hollande. Un an après, suite à la tension entre l’autorité britannique et les populations juives de Palestine, la brigade fut dissoute et la majorité de ses soldats rentrèrent au pays et furent déliés de leur service de l’armée britannique.
Concrètement, l’action proprement militaire de la division fut minime. Les volontaires des autres corps d’armée participèrent beaucoup plus au combat. Le plus important pour les dirigeants du mouvement sioniste fut la création d’un corps de combattants juifs indépendant, ce qui leur donna la fierté nationale et fortifia leur volonté de soutenir le combat avec les pays alliés.
Huit cents cinquante volontaires moururent durant la Seconde guerre mondiale, dont 90 soldats du régiment juif.
L’expérience militaire qu’ils acquirent s’exprima au cours de la fondation de Tsahal en 1948. Les chefs de Tsahal furent choisis parmi ces volontaires comme Mordekhaï Makleff et Haïm Laskov qui furent chefs d’état-major de l’armée israélienne, ou encore Ezer Weizman, Haïm Herzog et de nombreuses autres personnalités actives dans le domaine de la Défense.