Opération du gouvernement d’Israël pour faire venir les Juifs du Yemen en Israël en 1949 et 1950. Cette opération fut aussi appelée « venue du Messie » par les Juifs du Yemen eux-mêmes.
La communauté des Juifs du Yémen est une des plus anciennes communautés juives de la diaspora. Pendant des centaines d’années elle a été isolée du reste du monde juif et elle n’a eu de rapports qu’avec la petite communauté juive du pays d’Israël.
Avec le début de la première immigration en 1881, il y a eu un réveil national au sein des Juifs yéménites et des milliers de personnes ont immigré en Eretz Israël.
Au début du 20ème siècle, des envoyés des pionniers sionistes sont arrivés au Yémen et ont persuadé 20 000 Juifs d’immigrer. En 1945 un groupe de 5000 Juifs a quitté le Yémen. Ils ont été arrêtés par les Anglais (à cause de la politique du « Livre blanc » qui limitait l’immigration vers la Palestine) et placés dans un camp, (que l’Agence Juive avait organisé et qui servait de station de transit aux immigrants), proche de la ville d’Aden au sud du Yémen. Les Juifs avaient appelés ce camp « rédemption », et ils ne purent le quitter pour venir en Israël qu’en 1948.
La veille de la naissance de l’Etat, il y avait 50 000 Juifs au Yémen. Après l’Indépendance et la guerre qui a suivi et avec le soutien des pays arabes (et parmi eux le Yémen) aux Arabes d’Israël, la situation des Juifs au Yémen s’est détériorée, tant de la part des autorités que de celle des populations locales qui ont commencé à attaquer les Juifs.
Au début de 1949, le chef du gouvernement du Yémen, l’Imam Yishia, a été assassiné et son fils lui a succédé. En mai de cette année-là, il a décidé de laisser partir les Juifs du pays. Grâce à la nouvelle situation, et par peur de ce qui pourrait arriver, le gouvernement d’Israël avec à sa tête Ben Gourion a décidé « l’opération tapis volant », pour amener les Juifs yéménites en Israël.
Au début cette opération était très désordonnée. Tout d’abord les gens de l’Agence juive qui étaient envoyés pour encourager l’immigration et l’organiser, n’étaient pas suffisants, et ils ignoraient le nombre de ceux qui voulaient immigrer. Les délégués de l’Agence juive devaient aussi faire leur travail secrètement par peur des autorités locales, car la population musulmane, comme dans d’autres pays arabes, s’opposait à cette action.
Lorsque la nouvelle de l’ouverture des frontières du Yémen s’est répandue, les Juifs qui étaient dispersés dans des dizaines de villes, mais également dans des villages éloignés, ont commencé à affluer au camp « rédemption » à Aden. Celui-ci, qui avait servi des années auparavant de prison pour les immigrants juifs qui voulaient partir, a cette fois été aménagé, avec l’aide des autorités yéménites, pour faciliter le départ des Juifs en Israël.
Pendant leur transport au camp « rédemption » à Aden, ils ont été victimes d’attaques de la part des habitants musulmans et de voleurs de grand chemin, et ils sont arrivés au camp épuisés et souffrants avec souvent de nombreuses blessures. Vers la fin de 1949, le camp qui aurait dû contenir quelques centaines de personnes, en comptait plus de 10 000. L’encombrement et les conditions sanitaires déplorables ont provoqué chez un grand nombre de personnes dans le camp une détérioration de leur état physique. L’équipe de médecins qui était venue d’Israël pour les examiner, a été épouvantée devant cette vision, et à rapporté aux autorités qu’il fallait hâter le rythme de l’immigration. Mais, à ce moment là, l’Etat d’Israël se trouvait dans une de ses heures les plus difficiles. La situation sur place, et l’ordre donné par Ben Gourion, ont fait accélérer le nombre et le rythme des vols qui amenaient les Juifs yéménites.
Dans le cadre de « l’opération tapis volant », 47 000 Juifs yéménites, 1 500 juifs d’Aden et 500 de Djibouti et d’Erytrée sont arrivés en Israël, sur 380 vols. Le dernier avion a atterri en septembre 1950.