Derniers articleS

Bus et soirées à Tel Aviv
Il n’y a toujours pas de métro à Tel Aviv. Et alors que le Tramway de (...) >lire la suite


Tout peut changer : quelques préjugés à l’épreuve
Les organisations juives n’aident que les Juifs, les ultra-orthodoxes (...) >lire la suite


Mobilisation des Israéliens en vue des fêtes de Rosh Hashana
Le titre principal du journal Maariv vendredi dernier était : 530 280 (...) >lire la suite


Telmap, pionner israélien de la navigation en ligne
Ce qui rend les « téléphones intelligents » intelligents c’est leur (...) >lire la suite


Un écho d’Israël a besoin de vous pour continuer
Grâce à vos dons, Un écho d’Israël peut continuer à se développer et (...) >lire la suite


Rentrée scolaire : plus d’étude de l’arabe et plus de judaïsme
Ce 1er septembre est le jour de la rentrée scolaire en Israël pour un peu (...) >lire la suite


Une pièce en or rare de 2 200 ans découverte à Tel Kadesh
Une pièce en or très rare de 2 200 ans a été découverte sur le site de Tel (...) >lire la suite



Toutes les nouvelles

Vous recherchez un article, utilisez notre moteur de recherche :

Vous êtes dans : Accueil >> Nouvelles

Incident de Yad va-Shem : de quoi parle-t-on ?

lundi 16 avril 2007, par Michel Remaud


La presse internationale s’est fait l’écho de l’incident diplomatique survenu récemment entre le Saint-Siège et l’État d’Israël à propos de la cérémonie à la mémoire des disparus de la Shoa. Cet incident mêle, semble-t-il, des problèmes différents. Sans pouvoir entrer dans des détails qui nous sont en partie inconnus, on peut au moins essayer de les présenter dans les grandes lignes.

Selon la presse, la raison invoquée par le nonce pour justifier sa décision de ne pas participer aux cérémonies commémoratives de la Shoa était la légende accompagnant une photographie du pape Pie XII, selon laquelle le rôle de ce dernier pendant la seconde guerre mondiale serait objet de controverses. Il faut ajouter d’ailleurs que le nonce est finalement revenu sur sa décision, après que la direction de Yad va-Shem ait annoncé sa décision de reconsidérer le texte qui faisait problème.

Que le rôle de Pie XII pendant la seconde guerre mondiale soit l’objet de controverses est une affirmation difficilement contestable : il est objectif de dire est que le jugement des historiens sur la question n’est pas unanime. Dans l’état actuel de la documentation disponible, en tous cas pour le grand public, il semble que tout ait été dit sur la question et que la polémique ne puisse guère que ressasser indéfiniment les mêmes arguments, les uns reprochant au pape son silence et les autres faisant valoir qu’il avait jugé plus efficace d’agir par la diplomatie que par une protestation publique et solennelle. Chacun de ces deux points de vue peut faire l’objet de plaidoiries passionnées.

Les choses sont malheureusement plus complexes. La presse s’est contentée de résumer la première phrase de la légende, qui dit exactement : « La réaction de Pie XII au massacre des Juifs est objet de controverse. » La suite du texte (voir ci-dessous) est unilatérale, au point qu’on ne voit guère, à partir de ces données, sur quoi aurait pu porter une controverse. J’ajouterai pour ma part que j’ai été désagréablement surpris, lors de la visite de Yad va-Shem, de voir que l’une des premières images est une photo des deux célèbres statues de la cathédrale de Strasbourg représentant l’Église et la Synagogue, et portant en surimpression une citation de saint Augustin. Chercher dans les Pères de l’Église (et surtout chez saint Augustin, qui n’est quand même pas le plus violent) la cause lointaine de la Shoa me paraît beaucoup plus contestable historiquement que d’évoquer le rôle de la diplomatie vaticane.

D’après les commentaires entendus ici, la réaction du nonce pourrait s’expliquer aussi, en partie, par un arrière-fond qui n’a rien à voir avec le souvenir de Pie XII : l’enlisement des négociations entre le Saint-Siège et l’État d’Israël sur le statut juridique des communautés chrétiennes. Il y a maintenant plus de treize ans que le Saint-Siège a reconnu l’État d’Israël. Or, depuis tout ce temps, les réunions bilatérales sur l’application de cet « accord fondamental » n’ont toujours abouti à rien. Ces rencontres ne parviennent jamais à un accord, elles sont souvent différées ou annulées, à l’initiative d’Israël, qui invoque toutes sortes de prétextes : changements de gouvernements, conjoncture internationale... La toute dernière, prévue pour le 28 mars dernier, a été annulée unilatéralement quarante-huit heures à l’avance. On comprend que le nonce, à peine arrivé spécialement à Rome, ait été indisposé de s’entendre dire que la réunion n’aurait pas lieu et qu’il pouvait rentrer chez lui.

Où est le problème ? La plupart des communautés religieuses de terre sainte possèdent de vastes propriétés, acquises en général au XIXe siècle sur des terrains qui étaient souvent désertiques et qui se trouvent aujourd’hui englobées dans les agglomérations modernes. Au nom d’un privilège accordé par l’empire ottoman, puis maintenu au temps du mandat britannique, ces communautés sont exonérées d’impôts. Aujourd’hui, les termes du dilemme sont clairs : ou les communautés continuent à bénéficier de cette exemption, et ce sont alors de vastes immeubles et des hectares de zones urbaines qui se trouvent bénéficier d’un privilège que d’aucuns trouvent exorbitant ; ou Israël exige que les communautés chrétiennes payent les impôts comme tout le monde, et dans ce cas, on peut prévoir à court terme leur disparition pure et simple, puisqu’elles n’ont pas les moyens de payer. Selon le point de vue ou l’on se place, on pourra dire qu’il est anormal que des chrétiens étrangers bénéficient d’un statut fiscal privilégié par rapport aux Israéliens, ou qu’il est impensable de voir disparaître les communautés religieuses chrétiennes de terre sainte. Chacun de ces points de vue pourrait être indéfiniment commenté. Ce n’est pas ici le lieu de proposer une solution de compromis qui serait acceptable par tout le monde, mais, dans le tintamarre des indignations contradictoires, il est bon de savoir, au moins, de quoi on parle.

La légende accompagnant la photo de Pie XII

"La réaction de Pie XII au massacre des Juifs est objet de controverse. En 1933, alors qu’il était secrétaire d’État du Vatican, il prit une part active dans l’établissement d’un concordat avec le régime allemand pour garantir les droits de l’Église en Allemagne, même si cela signifiait la reconnaissance du régime nazi raciste. Élu pape en 1939, il fit disparaître une lettre contre le racisme et l’antisémitisme préparée par son prédécesseur. Même lorsque des rapports sur le massacre des Juifs parvinrent au Vatican, le pape ne protesta, ni verbalement, ni par écrit. En décembre 1942, il s’abstint de signer une déclaration des Alliés condamnant l’extermination des Juifs. Quand les Juifs furent déportés de Rome vers Auschwitz, le pape n’intervint pas. Le pape conserva sa position de neutralité tout au long de la guerre, à l’exception, vers la fin, d’appels aux gouvernants de Hongrie et de Slovaquie. Son silence et l’absence de directives mit les gens d’Église de toute l’Europe dans l’obligation de réagir de leur propre initiative".
(traduction : un écho d’Israël)

La question d’une encyclique préparée par Pie XI est beaucoup plus complexe que ce qu’en dit ce texte. On pourra se reporter à ce sujet au livre de Georges Passeleq et Bernard Suchecky L’encyclique cachée de Pie XI, Paris, Éditions de la Découverte, 1995. Pie XI lui-même n’a jamais vu la dernière version de cette encyclique.

Répondre à cet article

18 Messages de forum

  • Merci infiniment à un Echos d’Israel pour toutes ces efforts et ce travail afin d’aider tout à chacun à y voir un peu plus clair. C’est un travail difficile, plein d’écueil et si ingrat. Et ce, à travers tous les temps et les camps. Mais c’est aussi un bel hommage rendu à tous ceux de bonne volonté qui se sont battus et se battent pour tenter d’aider à la paix. BC

    Répondre à ce message

  • > Incident de Yad va-Shem : de quoi parle-t-on ? 16 avril 2007 21:32, par Matthias HELMLINGER

    Pourquoi Michel Remaud trouve-t-il choquant que les photos de l’église et de la synagogue (cathédrale de Strasbourg, mais on trouve les mêmes à Notre Dame de Paris) représentées la première en statue de jeune femme triomphante avec le calice de l’eucharistie et la deuxième en statue de jeune femme déchue avec les dix commandements soient exposées à Yad Vashem ? N’est-ce pas l’enseignement du mépris des Juifs par l’Eglise en Europe qui a généralisé et systématisé l’antisémitisme, et ainsi préparé le terrain à la Shoah ? Pour Saint-Augustin, Abraham et les prophètes juifs étaient de bons Juifs, parce que chrétiens avant le temps... Fraternellement, Matthias HELMLINGER

    Répondre à ce message

    • Parce qu’il serait erroné de laisser croire à une continuité pure et simple entre l’anti-judaïsme chrétien, qui a souvent versé dans l’antisémitisme, et l’idéologie nazie, qui n’était pas moins anti-chrétienne qu’elle n’était anti-juive. Dietrich Bonhoeffer et beaucoup d’autres ont payé assez cher pour le savoir. Et si on avait encore besoin d’arguments pour s’en convaincre, il suffirait de lire le livre de Hermann Rauschning "Hitler m’a dit" (Aimery Somogy, Pluriel, 1979, en particulier les pages 91-94). Que l’antisémitisme chrétien ait préparé le terrain en anesthésiant les consciences, qu’il y ait eu même des complicités objectives, tout le monde est d’accord là-dessus (ou devrait l’être en tous cas). Mais sur un sujet aussi délicat et explosif, meux vaut aider le public à faire les distinctions nécessaires que d’entretenir des confusions, qui sont erronées historiquement et qui ne peuvent qu’exacerber les tensions au lieu de les apaiser.

      M. R.

      Répondre à ce message

    • Cela peut choquer. Dans cette affaire il y a un mélange des genres. Le propre d’un Mémorial, d’un musée, est de porter à la connaissance du public des faits (historiques, autres) incontestables, sur lesquels il y a un consensus de la communauté scientifique. Qui plus est le Mémorial n’a pas vocation à traiter de questions à connotations religieuses ou théologiques (choix d’un auteur plutôt qu’un autre, d’une iconographie plutôt qu’une autre). Les questions sur cette période et Pie XII sont encore en débat entre historiens, toutes les pièces ne sont pas disponibles. Il faut faire la distinction entre les salles de recherches et d’études du Mémorial et les salles ouvertes au public. Pour le reste il existe suffisament de faits historiques incontestables (des mesures antijuives du Codex Theodosis dès le IVè siècle, en passant par les massacres des croisades, les expulsions, les pogroms) pour ne pas avoir besoin de s’aventurer sur des domaines qui ne sont pas de sa vocation première. Il y a eu confusion des genres. Avoir la capacité à ne pas outrepasser les règles primordiales et déonthologiques de son domaine d’activité, c’est précisémment pour cela que l’on nomme des gens à des postes de responsabilité. Le poste de directeur de Yad Vashem n’y fait pas exception. Pour l’avoir mal géré, il y aura eu les effets les plus néfastes. C’est aussi pour éviter cela que l’on nomme des responsables. BC

      Répondre à ce message

    • > Incident de Yad va-Shem : de quoi parle-t-on ? 20 avril 2007 16:01, par Jean de Bon Sens

      On parle toujours d’antijudaïsme catholique mais je témoigne qu’étant adolescent avant le concile Vatican II, il n’est jamais venu à l’un quelconque de membres de notre famille que la phrase, sur "les juifs perfides" entendue une fois par an et enlevée à la demande de Jean XXIII, n’a jamais suscité un quelconque sentiment d’antijudaïsme parmi nous tous. Il était extrêmement clair que cette phrase concernait exclusivement le Sanhédrin de l’époque et non les juifs vivant en France 2000 ans plus tard ! C’est comme si, les Italiens en voulait aux Français de nos jours, parce que les Gaulois ont mis à sac (avec certainement pas mal de victimes et de saccages de temples dédiés aux divinités romaines) Rome et ses alentours par deux fois (épisode bien connue des latinistes des oies du Capitole !). Par contre, ayant été au retour de pélérinages en Terre Sainte, durant les années 80, aux Journées pour Israël à Paris, j’ai été extrêmement choqué de journaux et/ou revues proférant des blasphèmes sacrilèges (pour nous Catholiques) d’une grossierté inouïe, à l’égard de la Vierge Marie, alors qu’elle est avant tout, et pour le Peuple Juif, une humble jeune fille d’Israël, descendante de l’illustre Roi David !

      Répondre à ce message

    • Une circulaire de Pie XII aux religieux : Accueillez les juifs persécutés ! Révélation du cardinal Bertone

      ROME, Jeudi 19 avril 2007 (ZENIT.org) - Une circulaire de Pie XII aux instituts religieux, en date du 25 octobre 1943, a demandé explicitement aux religieux d’accueillir dans leurs maisons les juifs persécutés, a révélé mardi dernier le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone.

      Le pape Eugenio Pacelli, disait-il, a en effet adressé cette « circulaire de la secrétairerie d’Etat » dans laquelle il demandait d’offrir « l’hospitalité aux juifs persécutés par les nazis dans tous les instituts religieux et d’ouvrir les instituts et aussi les catacombes ».

      C’est à l’occasion de la présentation du livre de Maria Franca Mellano intitulé « L’œuvre salésienne de Pie XI sur l’Appio Tusculano à Rome », à l’institut Pie XI, que le cardinal salésien a commenté la crise suscitée à Jérusalem par une légende placée sous une photo de Pie XII au Mémorial de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem. La légende évoque son prétendu « silence » et son absence de directives pour dénoncer la Shoah.

      Le livre de Maria Franca Mellano mentionne les centaines de réfugiés juifs accueillis par cette institution pendant la seconde guerre mondiale : une « histoire lumineuse de générosité et d’attention », a commenté le cardinal Bertone.

      « Mais, ajoutait-il, cette œuvre a été rendue possible, non seulement ici mais partout, par une circulaire de la secrétairerie d’Etat avec le sceau de Pie XII ».

      « Il est impossible, précisait le secrétaire d’Etat, que Pie XII, qui a signé cette circulaire, n’ait pas approuvé une telle décision ».

      A la suite de la protestation du nonce en Israël, Mgr Antonio Franco, le président du Mémorial, M. Avner Shalev, a promis de reconsidérer la façon dont le pape Pie XII y est présenté. ZF07041903

      Répondre à ce message

      • Je crois que cet incident cache un problème bien plus subtil : il s’agit de la cause pour la béatification du Pape Pie XII qui est en jeu. Or, celle-ci se heurte à cette incontournable difficulté : le silence du Pape Pie XII et d’une grande partie de la hierarchie catholique durant la guerre au sujet du massacre des juifs. Qu’il y ait eu ça et là des voix, nul ne le conteste, mais, dans l’ensemble, hélas, ce fut le grand silence. Or, à la faveur de la cause pour la béatification de Pie XII, je comprends très bien que les réactions juives soient très vives. Le Pape Pie XII avait choisi la voie diplomatique afin d’éviter de plus grandes souffrances...disait Zenit il y a un jour ou deux. A qui ont été épargnées ces souffrances ? Certainement pas aux enfants juifs jetés vivants dans les fours crématoires, par économie de zyclon B. Soudainement apparaissent des circulaires dans lesquelles on voudrait lire la bienveillance pontificale...Peut-être, mais le silence a quand même été là, incontestable, et pour quelques dixaines ou même centaines de vies sauves, combien de morts ? La plus haute autorité morale d’Europe s’est tue. Cela est un fait. Ou, si elle a dit quelque chose, ce fut dit de façon tellement "diplomatique", que personne n’a rien compris ni entendu ! Je crois qu’aujourd’hui cette cause de la béatification de Pie XII ne fait que porter préjudice à la cause de béatification du Pape Jean Paul II. Là, oui, voilà un Pape courageux ! Il n’a jamais hésité à dénoncer le totalitarisme soviétique, lui ! Il n’a jamais hésité à encourager le mouvement de libération de son pays natal, ni des autres pays du giron soviétique, et cela lui a coûté cher : l’attentat dont il a été victime l’a bien prouvé. Voilà un homme dont la puissance des convictions a démoli le totalitarisme. Voilà un homme qui ne s’est pas tu, bien au contraire, et qui a commencé par dire aux catholiques "n’ayez pas peur !" Quel écart entre ces deux papes ! DK

        Répondre à ce message

        • > Incident de Yad va-Shem : de quoi parle-t-on ? 21 avril 2007 19:06, par Jean de Bon-Sens

          Un saint n’est pas un homme parfait ! Un très grand saint a d’ailleurs dit sur ce sujet : "les plus grands saints pèchent sept fois par jour". Pie XII a comme tout homme commis de très nombreux péchés dont il recevait le pardon de Dieu au moyen de ses confessions très régulières. La canonisation de Pie XII poursuivra son cours. Pie XII sera béatifié si et seulement si les témoins extrêmement nombreux démontre l’héroïcité de ses vertus et si par son intermédiaire, Dieu réalise un miracle physique. Son attitude vis à vis des Juifs durant la guerre est tout à son honneur. Directement des milliers de vies sauvées, indirectement des centaines de milliers de vies sauvées par des catholiques de base qui étaient tout de même sous son autorité. D’ailleurs, son prétendu silence vis à vis des Juifs n’est rien comparé à celui des pilotes de la RAF et des officiers anglais et américains qui auraient pu bombarder les camps nazis dès leur construction. L’acharnement contre Pie XII a été téléguidé par le KGB. On le sait maintenant d’une façon sure. La lecture du livre "le KGB au coeur du Vatican" démontre d’une manière parfaite et extrêmement bien documentée "la lutte à mort" à laquelle s’est livré le communisme face à son seul ennemi de sa stature. Jean-Paul II a failli le payer de sa vie mais Marie a détournée la balle !

          Répondre à ce message

        • Effectivement et c’est très bien vu. En effet depuis quelques temps déjà Zenit relaye au goutte à goutte des "informations" des "interviews" des "révélations" qui vont toutes dans le même sens et dont on sent bien qu’une main bienveillante et intéressée les fournit en vue de préparer un certain terrain. En face également on avance masqué, on essaye de prendre date. Mais cela à la rigueur, on pourrait le comprendre de la part d’une institution d’histoire, dédiée à l’antisémisme. Il y a maledonne pour Yad Vashem. Fondamentalement, ce n’est pas la mission de Yad Vashem. La souffrance et la mémoire qui y sont honorées méritent mieux, autrement. Quand au reste, qu’est ce que ça changera sur le fond. La génération qui tient absoluement à avoir sa revanche sera totalement hors jeu dans dix ans, par le simple tourniquet des générations. Il y aura un autre temps, un autre monde, d’autres acteurs. Car sur le fond, de quoi s’agit t’il ? Du projet des hommes ou du projet de Dieu. Laisser les morts enterrer les morts. BC

          Répondre à ce message

          • Yad Vashem est en effet une institution dédiée à l’histoire. Il s’agit de l’histoire du crime des nations contre le peuple juif. Chaque nation y a contribué, chaque lâcheté y est dévoilée. Celle des puissants, des détenteurs de l’autorité morale, ou de bombes dans les soutes des avions ! Mais ce qui échappe à beaucoup est bien plus subtil ! Il ne suffit pas que la génération des survivants de la Shoa passe, génération qui n’a aucune revanche à prendre sur qui que ce soit, et surtout aucune illusion quant à ce dont les nations sont capables. Malheureusement, les nations n’en sont pas encore conscientes ! Leur crime est tellement énorme qu’il est plus facile de le nier, leur potentiel de destruction est renouvelable. Il ne leur reste qu’à espérer que le "tourniquet des génération" fasse taire les voix et qu’on n’en parle plus...Si l’on peut dire une telle bêtise, c’est qu’on n’a rien compris à l’histoire ! Et la béatification de Pie XII, que va-t-elle va apporter de fondamentalement nouveau à l’histoire des nations qui se sont rendues coupables de pareils crimes ? Oui, nous pouvons laisser les morts enterrer les morts. Mais il faut bien faire attention qui sont les morts et qui les enterre. Est-on si pressés d’enterrer ceux qu’on n’a pas pu brûler ? Pourquoi ? Yad Vashem est aussi une institution où l’on honore ceux qui ont fait véritablement preuve de courage. Et Yad Vashem est vigilent. Une arbre planté à Yad Vashem dans l’Allée des Justes parmi les Nations vaut toutes les béatifications, mais cela, Pie XII l’a loupé ! DK

            Répondre à ce message

            • Je me suis peut-être mal exprimé (le format blog n’est pas des plus facile à manier) mais quoiqu’il en soit vous m’avez compris à l’envers. Il faut être peu au fait de l’âme juive pour ne pas savoir l’importance considérable du commandement de faire mémoire. Mais au fond ce petit incident nous montre que dans le dialogue et la rencontre, le véritable enjeu de fond est peut-être celui de la confiance mutuelle. Merci à l’équipe d’un Echos d’Israel d’avoir le courage (un peu l’inconscience ?) d’ouvrir ses colonnes à tout vent et de nous permettre ainsi les uns et les autres de toucher du doigt à quel point les premiers murs à franchir sont d’abord en nous-mêmes. Heureusement il y a des passeurs. BC

              Répondre à ce message

              • J’ai très bien compris, c’était très clair. On "avance masqué" (qui ça "on", Yad Vashem ?), "Il y a maldonne pour Yad Vashem", "la génération qui tient absolument à avoir sa revanche", et que le "tourniquet des générations" mettra "hors jeu"...quoi de plus clair ? Yad Vashem n’avance pas masqué, mais tout à fait à découvert, c’est l’institution qui s’est exprimée, n’est-ce pas ? Yad Vashem a en outre une mission de vigilance. La mémoire n’a auncune utilité sans la vigilance. Je suis très au fait de l’âme juive, figurez-vous, mais cette confiance mutuelle que vous chantez ne peut s’établir véritablement dans des conditions pareilles ! Les tentatives pour améliorer "l’image de marque" de Pie XII, en vue d’une béatification sont pathétiques, et souvenez-vous des démarches pour béatifier Isabelle de Castille, en 1992 ! Là aussi, les juifs ont été vigilants. Il ne suffira pas que le "tourniquet des générations" fasse son boulot, qu’on en finisse avec tout ça et qu’on béatifie ce bon Pie XII !!! La mémoire juive conserve précisément ce que la mémoire chrétienne veut oublier ! J’apprécie que vous soyez reconnaissant à Echos d’Israël d’ouvrir ses colonnes "à tout vent" ! C’est vrai qu’on y lit des choses très intéressantes, mais aussi quelques bêtises ! En tout cas, le véritable mur, infranchissable pour beaucoup, est celui qui fait obstacle à la vérité. Et pour cela, Yad Vashem a raison d’être vigilant ! Un mot de l’Allée des Justes parmi les Nations : il est utile de rappeler que bon nombre de personnes qui y sont honorées, et pas que des catholiques, n’ont souvent pas agi pour des raisons religieuses, mais surtout humaines, ou même quelquefois sordides, comme Oskar Schindler, par exemple, mais, c’est lui qui est à l’honeur, alors que le Vatican fait des pieds et des mains pour béatifier un homme qui a su et s’est tu ! DK

                Répondre à ce message

      • Cette circulaire vient après la défaite de l’armée allemande à Stralingrad le 31 janvier 1943, l’insurrection du ghetto de Varsovie, en avril 1943, les différents débarquements alliés Italie, la prise de Naples le 1 octobre 1943, la déclaration de guerre par l’Italie à l’Allemagne, etc....il devenait prudent de s’assurer l’après-guerre !

        Répondre à ce message

  • Il ne s’agit pas de répondre exactement à cet article mais d’y ajouter une ou deux précisions quant à la complexité de la situation : au sujet de la situation de l’Eglise : Tous les établissements n’ont pas le même statut ainsi les établissements religieux italiens et français jouissent d’exemption en vertu des accords de Mitylène de 1901, complétés en 1913. En vertu de l’accord Chauvel-Fischer (du nom des diplomates du gouvernement français et du gouvernement provisoire d’Israël), de 1949, l’Etat s’est engagé à respecter le statut existant et ces établissements devraient donc toujours jouir des mêmes droits acquis et exemptions. On notera aussi, que la signature de tout accord entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël ne peut pas ne pas faire jurisprudence et avoir des conséquences pour les autres Eglises. Dans la cadre de la discussion du ’fundamental agreement" puis de l’accord sur la personnalité juridique (signé mais jamais appliqué) les négociateurs ont tenu compte de cet aspect de la question. Lorsque l’on sait que l’Eglise orthodoxe et l’Eglise arménienne sont de grands propriétaires fonciers, notamment à Jérusalem, on comprend que c’est toute la présence chrétienne qui est concernée. Il suffit de se rappeler le problème actuel de la reconnaissance par la gouvernement israélien, du nouveau Patriarche orthodoxe, liè à des questions patrimoniales. Le poids de l’histoire, l’évolution moderne des états avec leur prestation de services et donc les revenus nécessaires, l’application du droit souverain d’un état, la particularité de la situation du pays, le mélange des registres et leur enchevêtrement rendent toutes questions plus complexes ici qu’ailleurs. Le souci de comprendre l’autre et de faire preuve de bonne volonté ne pourraient-ils pas aider à aller de l’avant ?

    Répondre à ce message

    • Pour compléter ce complément, il faut donc dire que la France est mieux équipée juridiquement que le Vatican pour faire respecter les privilèges des communautés religieuses françaises en Israël, puisque le gouvernement israélien s’est engagé là-dessus vis-à-vis de la France en 1949. On peut trouver la liste de ces communautés sur les sites des consulats de France en Israël.

      M. R.

      Répondre à ce message

  • > Incident de Yad va-Shem : de quoi parle-t-on ? 22 août 2007 11:25, par Christian

    La légende accompagnant la photo de Pie XII est effectivement très tendencieuse, vicieuse même. Il y a bien polémique sur le rôle de Pie XII, mais cette légende est elle-même polémique. Pie XII a sauvé des Juifs, de manière directe ou indirecte, les faits sont incontestables, prouvés et archi-démontrés. Concernant Yad va-Shem, on se demande, pour un mémorial qui prétend honorer les "justes", comment il fait pour les reconnaître puisqu’il fait preuve là d’une flagrante injustice. S’il ne sait reconnaître la justice, où est sa crédibilité ? Car les témoignages sur l’action de ce pape, les remerciements des communautés et responsables juifs, les documents d’archives, les articles de presse de l’époque sont innombrables pour décrire un pape diamétralement à l’opposé de la légende que certains voudraient lui attribuer. Pour s’en convaincre :
    - http://www.pie12.com
    - http://wikipedia.telemack.net

    Cette affaire est donc des plus déplorables, très maladroite et fort mal venue. J’espère que les responsables de ce mémorial, qui ont fait preuve d’une légèreté invraisemblable, retrouveront un peu plus de raison et qu’ils laisseront la polémique aux polémistes.

    Répondre à ce message

  • Incident de Yad va-Shem : de quoi parle-t-on ? 25 juin 2009 10:29, par Francine Carpentier

    "En 1944, le grand rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, a déclaré : "Le peuple d’Israël n’oubliera jamais ce que Pie XII et ses éminents délégués, inspirés des principes éternels de la religion qui forment la base d’une civilisation authentique, sont en train de faire pour nos malheureux frères et sœurs, au moment le plus tragique de notre histoire. Une preuve vivante de la divine providence dans ce monde".

    L’action et l’engagement du Pape Pie XII dans la défense des juifs sont connus de tous les historiens, alors POURQUOI TANT DE HAINE ?

    Répondre à ce message


Partager l'info : envoyer l'article par mail title= envoyer par mail RSS2.0 http://www.wikio.fr Partager  
 
LIVRES

Les larmes de la rue des Rosiers
Alain Vincenot - Rue des Rosiers : le quartier juif de Paris. Il remonte au Moyen Âge. À partir du XIXe siècle, beaucoup de juifs d’Europe de l’Est, fuyant l’antisémitisme, y (...)
QUI EST QUI

Itzhak Zaki Alhadif
Itzhak Zaki Alhadif (1890-1938), premier maire juif de la terre d’Israël, qui fut à la tête de la mairie de Tibériade de 1928 jusqu’à son assassinat en 1938. Itzhak Zaki Alhadif (...)
CALENDRIER
VIDEOS
Idan Amedi – Yeled Mizdaken
Le jeune chanteur Idan Amedi, qui participe au concours Kochav Nolad (Une étoile est née), la Star Académie version israélienne, vient d’enregistrer une nouvelle version d’une chanson (...)
DOSSIERS

Les fêtes et les célébrations juives
Présentations, réflexions, témoignages et textes liturgiques sur les fêtes juives en Israël et le calendrier hebraïque : la période de Ticha Beav, Kippour, les fêtes de pélerinage (Pessah, (...)
DOCUMENTS

« Kairos Palestine 2009 » (« Un moment de vérité ») : le dossier de l’AJCF
L’Amitié Judéo-Chrétienne de France a souhaité réagir à ce document, largement diffusé sur Internet et dans les églises chrétiennes, souvent sans analyse critique. De peur qu’il ne (...)
OPINIONS

Les alliés israéliens de Washington
La Gauche israélienne sait que peu importe combien son projet politique est rejeté à toute force par le public, le gouvernement des USA soutiendra ses (...)
CULTURE

Cinéma : Paam Aïti’, Autrefois j’étais
« Autrefois j’étais », en anglais ‘Once I was’ est le titre d’un album de Tim Buckley, sorti en 1968. Le choix n’a pas été laissé au hasard puisque c’est de (...)
 

Copyright 2000-2008© un écho d'Israël
All rights reserved.