Derniers articleS

Bus et soirées à Tel Aviv
Il n’y a toujours pas de métro à Tel Aviv. Et alors que le Tramway de (...) >lire la suite


Tout peut changer : quelques préjugés à l’épreuve
Les organisations juives n’aident que les Juifs, les ultra-orthodoxes (...) >lire la suite


Mobilisation des Israéliens en vue des fêtes de Rosh Hashana
Le titre principal du journal Maariv vendredi dernier était : 530 280 (...) >lire la suite


Telmap, pionner israélien de la navigation en ligne
Ce qui rend les « téléphones intelligents » intelligents c’est leur (...) >lire la suite


Un écho d’Israël a besoin de vous pour continuer
Grâce à vos dons, Un écho d’Israël peut continuer à se développer et (...) >lire la suite


Rentrée scolaire : plus d’étude de l’arabe et plus de judaïsme
Ce 1er septembre est le jour de la rentrée scolaire en Israël pour un peu (...) >lire la suite


Une pièce en or rare de 2 200 ans découverte à Tel Kadesh
Une pièce en or très rare de 2 200 ans a été découverte sur le site de Tel (...) >lire la suite



Toutes les nouvelles

Vous recherchez un article, utilisez notre moteur de recherche :

Vous êtes dans : Accueil >> Un écho d’Israël > > Un écho d’Israël 9 : juillet 2003

Israël, Etat illégitime ?

mardi 15 juillet 2003, par Michel Remaud


Il y a quelques semaines, j’ai reçu par voie électronique le texte d’une pétition pour laquelle on sollicitait ma signature. Dans le formulaire à remplir en cliquant sur quelques boutons virtuels, le signataire devait indiquer son pays de résidence, en cochant le nom d’un État dans une liste à faire défiler à l’écran. Malheureusement, Israël ne figurait pas dans la liste. Je n’ai donc pas signé la pétition.

Peu après, j’ai eu l’occasion de lire dans une revue catholique un article remettant en question la légitimité de l’existence même de l’État d’Israël. On relève dans ce texte un certain nombre d’assertions dont ce document n’a pas le monopole, et qui traduisent au contraire des opinions largement répandues aujourd’hui, et de plus en plus explicitement exprimées. « À l’époque contemporaine », peut-on lire dans cet article, « des juifs ont voulu recouvrer leur terre en faisant valoir leurs droits à la propriété de la Terre promise occupée depuis des siècles par d’autres peuples. C’est cette revendication qui est à l’origine de l’État d’Israël et des inextricables difficultés politiques de la Terre Sainte. Pour recouvrer leur terre, les Israéliens n’ont pas hésité à faire la guerre et à en chasser les occupants légitimes. »

À quel épisode historique est-il fait ici allusion ? Les premiers Juifs à venir s’installer sur cette terre à l’époque moderne et contemporaine, que ce soit après l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492 ou à partir de la première alya en 1882, n’étaient pas des « Israéliens ». Ceux d’entre eux qui sont venus, pour des raisons religieuses, s’établir à Safed, Tibériade, Hébron ou ce qui allait devenir Mea Shearim, au cours des cinq derniers siècles, ne s’y sont pas implantés par la force des armes, et les immigrants, laïcs pour beaucoup d’entre eux, venus par vagues successives à partir de la fin du XIXème siècle n’ont pas cherché à reprendre la Palestine aux Turcs au moyen d’un débarquement armé !

Les premiers « Israéliens » sont nés en 1948, avec l’État d’Israël. C’est une décision de l’O.N.U. qui a créé cet État, et cette décision a été rendue possible par l’existence d’une importante population juive dans ce qui était devenu la Palestine britannique après avoir été la Palestine ottomane. Ajoutons qu’un certain nombre des « victimes malheureuses du Sionisme » - pour reprendre une formule de cet article - n’habitaient cette région que depuis quelques années, quelques décennies au plus, puisque des Arabes des régions voisines étaient venus s’établir en Cisjordanie à la suite de la déclaration Balfour, escomptant que la présence conjointe des Britanniques et des Juifs provoquerait un développement économique de la région.

Que la guerre d’indépendance, en 1948, ait été l’occasion de nombreux drames pour la population locale et la cause d’un exode arabe massif, il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour le nier. Encore faut-il rappeler que cette guerre a été déclarée par les pays arabes voisins, à la suite de leur refus de reconnaître la décision de l’O.N.U.

Lors de la guerre de 1967, la seule qui ait présenté des caractéristiques d’une guerre de conquête, même si elle n’a pas été provoquée par Israël, les Israéliens n’ont pas chassé « les occupants légitimes » de la Cisjordanie ni de la bande de Gaza, qui se sont plutôt bien accomodés de cette nouvelle occupation, au moins pendant les premières années, après avoir subi celle des Jordaniens et des Égyptiens. La multiplication des implantations, notamment à partir de l’accès du Likoud au pouvoir dix ans plus tard, l’immobilisme de plusieurs gouvernements israéliens, les effets d’un système électoral qui interdit en Israël l’émergence d’une véritable majorité parlementaire, sans oublier l’inaptitude des dirigeants palestiniens à saisir certaines occasions historiques, ont conduit à la situation dans laquelle on est aujourd’hui enlisé, mais, redisons-le, il n’y a pas eu d’expulsion massive de la population des territoires.
« Nous ne pouvons admettre l’existence d’un État fondé sur l’exclusion d’un autre peuple », peut-on lire en conclusion de cet article. La formule est mise en évidence par la revue, qui en a tiré le sous-titre en caractères gras : « Un État ne peut fonder son existence sur l’exclusion d’un peuple. ». Affirmation générale à laquelle il est impossible de ne pas souscrire, et qu’approuverait sans aucun doute l’immense majorité des Israéliens. Malheureusement, la formule laisse entendre que « l’exclusion d’un autre peuple » (quel est exactement le sens du mot « exclusion » dans ce contexte ?) serait le fondement de l’État d’Israël et serait donc impliquée comme une condition nécessaire dans l’existence même de cet État. L’État d’Israël, en somme, serait par nature et nécessairement illégitime.

Quel que soit le jugement que l’on puisse ou doive porter sur la politique de son gouvernement, l’État d’Israël tient sa légitimité internationale d’une décision de l’Organisation des Nations Unies. Sauf erreur, jamais cette organisation n’a déclaré illégitime l’existence d’un de ses membres, même de ceux qui se sont bel et bien fondés sur l’élimination de populations locales, commes les Etats-Unis et l’Australie. Jamais non plus le Saint-Siège, qui entretient depuis 1993 des relations diplomatiques avec l’État d’Israël, n’a remis en question cette reconnaissance. Et si l’existence d’Israël est illégitime, pourquoi avoir attendu plus de cinquante ans pour s’en rendre compte et la dénoncer ?

De nos jours, nous dit-on, des juifs auraient voulu recouvrer la Terre promise, sans hésiter à faire la guerre pour en chasser les occupants légitimes. Pour pouvoir conclure à l’illégitimité de l’État d’Israël, ce type de discours veut passer directement de la Bible à l’actualité politique en négligeant totalement les réalités historiques. Paradoxalement, il tombe du même coup dans le fondamentalisme qu’il semble reprocher aux Juifs.

On ne fait rien avancer en remplaçant l’histoire par des mythes. La réalité n’est pas simple, et la route de la paix passe nécessairement par la prise en compte de sa complexité.


Partager l'info : envoyer l'article par mail title= envoyer par mail RSS2.0 http://www.wikio.fr Partager  
 
LIVRES

Les larmes de la rue des Rosiers
Alain Vincenot - Rue des Rosiers : le quartier juif de Paris. Il remonte au Moyen Âge. À partir du XIXe siècle, beaucoup de juifs d’Europe de l’Est, fuyant l’antisémitisme, y (...)
QUI EST QUI

Itzhak Zaki Alhadif
Itzhak Zaki Alhadif (1890-1938), premier maire juif de la terre d’Israël, qui fut à la tête de la mairie de Tibériade de 1928 jusqu’à son assassinat en 1938. Itzhak Zaki Alhadif (...)
CALENDRIER
VIDEOS
Idan Amedi – Yeled Mizdaken
Le jeune chanteur Idan Amedi, qui participe au concours Kochav Nolad (Une étoile est née), la Star Académie version israélienne, vient d’enregistrer une nouvelle version d’une chanson (...)
DOSSIERS

Les fêtes et les célébrations juives
Présentations, réflexions, témoignages et textes liturgiques sur les fêtes juives en Israël et le calendrier hebraïque : la période de Ticha Beav, Kippour, les fêtes de pélerinage (Pessah, (...)
DOCUMENTS

« Kairos Palestine 2009 » (« Un moment de vérité ») : le dossier de l’AJCF
L’Amitié Judéo-Chrétienne de France a souhaité réagir à ce document, largement diffusé sur Internet et dans les églises chrétiennes, souvent sans analyse critique. De peur qu’il ne (...)
OPINIONS

Les alliés israéliens de Washington
La Gauche israélienne sait que peu importe combien son projet politique est rejeté à toute force par le public, le gouvernement des USA soutiendra ses (...)
CULTURE

Cinéma : Paam Aïti’, Autrefois j’étais
« Autrefois j’étais », en anglais ‘Once I was’ est le titre d’un album de Tim Buckley, sorti en 1968. Le choix n’a pas été laissé au hasard puisque c’est de (...)
 

Copyright 2000-2008© un écho d'Israël
All rights reserved.