Ces derniers jours, les haut-responsables palestiniens menacent de s’autoproclamer "Etat indépendant". Un responsable de la défense israélienne a résumé le sentiment général qui règne au gouvernement, en lançant dimanche : "Laissez-les seulement essayer !"
Derrière cette déclaration se cache une incrédulité totale de la part de Tsahal et du ministère de la Défense quant à la capacité d’autonomie de l’Autorité palestinienne.
Même si, au cours des dernières années, les forces de sécurité et les institutions palestiniennes ont connu un essor sans précédent - en grande partie grâce à sa coopération avec Israël - l’Autorité palestinienne est encore loin d’être capable de se débrouiller seule.
Un responsable a pris pour exemple le problème de l’eau en Judée-Samarie. Alors qu’Israël a récemment essuyé des critiques grandissantes de la communauté internationale, l’accusant d’empêcher les Palestiniens d’avoir un accès suffisant à l’eau, les dirigeants israéliens ont assuré que, sans l’aide d’Israël, la situation serait bien plus grave.
"L’Autorité palestinienne de l’Eau ne survivrait pas une journée en complète autonomie", a lancé un responsable de Tsahal. Et d’ajouter : "Nous leur avons proposé une parcelle de terre pour qu’ils construisent une usine de désalinisation mais ils n’en ont rien fait."
Un autre exemple est celui de la coopération sécuritaire : elle a augmenté de manière significative ces deux dernières années, depuis que le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza par la force. Le mois prochain, le cinquième bataillon palestinien entrainé par le lieutenant américain Keith Dayton, en Jordanie, reviendra se déployer en Judée-Samarie. Un autre bataillon sera alors envoyé quatre mois en Jordanie.
Mais malgré le déploiement de forces palestiniennes - qui, selon Tsahal, font un très bon travail pour désamorcer les infrastructures du Hamas en Judée-Samarie -, à chaque fois que le chef de l’AP entreprend un déplacement hors de Ramallah ou dans une autre ville palestinienne, Tsahal, le Shin Bet, et l’administration israélienne sont impliqués pour garantir sa sécurité. "Quand Abbas voyage, c’est une opération militaire", explique un officier. "Tout le monde est impliqué puisque les forces de l’AP ne sont pas capables de lui assurer une sécurité suffisante."
Le sentiment général au ministère de la Défense, c’est que tout le battage médiatique - autour de cette rumeur de déclaration unilatérale d’indépendance palestinienne - est plus un stratagème visant à pousser les Israéliens à penser sérieusement à la solution à deux Etats, qu’un véritable projet politique. Ils attendent qu’Israël fasse de vraies concessions - comme le gel des implantations - pour que les négociations puissent débuter.
Si les palestiniens se déclarent Etat indépendant, Israël sera alors l’objet de nombreuses pressions internationales pour reconnaître ce nouvel Etat. Le gouvernement devrait alors réorganiser le déploiement de l’armée israélienne.
En définitive, les actions israéliennes seront dictées par des décisions politiques. Jérusalem ne peut pas demander à Tsahal de se retirer complètement de Judée-Samarie puisque des Israéliens vivent dans les implantations. L’Etat hébreu peut néanmoins "laisser" aux Palestiniens plus de contrôle sur les routes, et un nouvel espace pour leur Etat.
Source : Jerusalem Post