Le mot Holocauste figurait dans les documents relatifs à la fondation de Yad vashem,
ensuite de quoi il devint, pendant un certain temps, le terme reçu pour désigner
I’extermination des Juifs européens, décidée et mise en oeuvre par I’Allemagne. Il provient
d’un passage de la Tora concemant l’offrande perpétuelle [Héb. Ola], que l’on offrait, matin
et soir, sur I’autel des sacrifices, au Temple de Jérusalem. La simple lecture du texte dans la
traduction de La Vulgate montre pourquoi ce terme avait pu être choisi pour décrire le martyre
du peuple juif durant la seconde Guerre mondiale : "Lex holocausti cremabitur in altari." (Lévitique 6,1).
Ce terme avait déjà été utilisé dans des contextes d’oppression raciale. La presse y
avait recouru pour décrire le pogrom de Kichinev en 1903. De même le New York Times pour
signaler l’autodafé de livres à Berlin en 1933 et Winston Churchill pour décrire le "massacre
administratif" des Arméniens en Turquie, au début du 20ème siècle.
A l’usage, le mot Holocauste suscita des réserves en raison de ses connotations
religieuses, aussi, se mit-on à parler plutôt de Shoa. Ce terme revêt, en hébreu biblique, une
signification tout à fait différente, comme peuvent le montrer certains exemples : "Sur toi,
arrivera soudain un saccage" (Isaïe 47, 11) ; "Quand viendra la tempête" (Isaie 10, 3) ; " La
violence des méchanls " (Proverbes 3,10). En dépit d’une variété de nuances , Shoa dénote l’idée
de désolation, mais nullement de sacrifice. Maintenant, ce terme désigne le fleuve de cendres
qui emporta dans ses remous six millions de victimes, à moins qu’il ne soit préférable de
dire : "six millions de fois une victime ."
A propos de ce chiffre, un esprit perceptif a signalé les implications éventuelles d’une
anomalie textuelle de la Tora au verset : " Vous retournerez, chacun dans son clan ! "
(Lévitique 25,10). En effet, la forme verbale en question , [Héb. Tachouvou], ne comporte pas la
lettre vav qui, grammaticalement serait requise. De plus, il se fait que la valeur numérique de
ce verbe est : 708 et que la proclamation de l’Etat d’Israël, effectuée en 1948, a eu lieu, selon
le calendrier hébraïque, en 5708, ou tout simplement en 708, suivant le langage courant.
Qu’est-ce à dire ? sinon que l’absence, à cet endroit crucial, de la lettre vav dont la
valeur numérique est six,
semble symboliser un manque. Ne serait-ce pas pour nous rappeler
qu’au moment du retour du peuple juif à Sion, six millions des siens allaient manquer à
l’appel.