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En 1941, les Allemands entrent en Union soviétique (Ukraine aujourd’hui). Avec la Verchmacht, les unités Einsatzgruppen et la police de l’ordre, ils doivent tuer les Juifs, les tziganes et les communistes. Le travail du père Desbois et de son équipe est un travail très structuré. Il y a d’abord l’étude de deux sortes de documents : Ensuite, avec un minibus où ont pris place onze personnes, ils se dirigent vers les villages de l’Ukraine. Quand ils aperçoivent une personne âgée, ils s’arrêtent pour prendre contact et avoir des renseignements sur ce qui s’est passé pendant la guerre. Ils rencontrent alors des témoins directs des tueries. Une fois surmontée la peur causée par la crainte des représailles du gouvernement, ils arrivent à entendre et à enregistrer des témoignages plus bouleversants les uns que les autres sur la « Shoa par balles » qui a eu lieu dans ces villages. Une seule question de fond revient sans cesse : Que s’est-il passé ? Dans un premier village (Satanif) où il y avait 80 % de Juifs, les Allemands ont voulu faire un exemple. Ils ont emmuré sous le marché couvert tous les Juifs du village et ont mis sur la porte plus de deux mètres de terre. Les Ukrainiens ont réouvert la porte en 1954. Il y avait là 1500 Juifs. Dans un autre village, les hommes ont décapité les Juifs, les femmes ont décapité les enfants et les deux derniers du village ont été tués devant l’église du village. Bien souvent ce sont les paysans eux-mêmes qui ont creusé les fosses. Dés 5h du matin, ils étaient réquisitionnés, et à 5 h du soir les Juifs étaient fusillés. Après, il fallait encore reboucher les fosses. Dans un autre village encore, les Juifs emmenés en camion ont été fusillés sur le haut de la colline. Le sang coulait dans les canalisations des maisons plus basses. « Là où il y a des douilles, il y a des corps », dit le père Desbois Dans un petit village, 5760 douilles ont été trouvées. Or les Allemands n’avaient pas le droit d’utiliser deux douilles pour la même personne. Une fosse met trois jours pour mourir. La terre bouge pendant trois jours car certains ne sont que blessés et sont enterrés vivants. C’est le cas de cette femme que l’on a retrouvée dans la seule fosse qui a été ouverte par le père Desbois et son équipe en présence d’un rabbin pour dire le qaddish et d’une équipe ukrainienne. Cette femme protégeait de sa main la figure de son enfant sur lequel on jetait de la terre. Ni elle, ni son enfant n’ont de traces de balle. Dans un autre lieu, les Allemands emmenèrent dans un train 1700 Juifs, leur disant qu’ils allaient en Israël. Un kilomètre plus loin, ils arrêtèrent le train, firent sortir tout le monde le long du train. C’est ainsi que tous ont été fusillés. Et nous pourrions ainsi continuer les descriptions. A l’Ouest de l’Ukraine, les fosses ne sont pas marquées. Par contre à l’Est on y trouve un mémorial où il est écrit « Gloire éternelle à l’union soviétique ». Beaucoup de fosses ont été ouvertes par des maraudeurs pour retrouver l’or dentaire. On y retrouve des crânes coupés en deux où la mâchoire a été retirée. Pourquoi faire ces recherches ? Le père Desbois a deux buts principaux. « Le travail que je fais n’est pas facile », nous confie le père Desbois. Pas facile d’avoir une éthique quand on travaille sur la pire des maladies. L’équipe du père Desbois n’a trouvé que 500 fosses (sites d’extermination) et elle estime qu’il y en a 1500. Elle essaye d’établir les faits. Ce qui donne la force de faire ce travail, ce sont tous ces témoins. Et quand on leur demande s’ils ont déjà parlé, ils répondent tous unanimement : « Mais personne ne nous a jamais rien demandé ! » Sur le lieu d’une fosse où 97 000 Juifs ont été enterrés, aucun signe, aucun panneau... Le travail que cette équipe effectue est un travail de prévention, nous explique le père Desbois. Si on ne fait pas cela, on justifie pour demain d’autres génocides. Il est important que les futurs génocideurs sachent que la mémoire de l’assassin ne restera pas intacte. C’est en fait une histoire de sauvetage. Beaucoup d’histoires ont déjà été collectées grâce à Yad Vashem. Par exemple, les Allemands ont découpé en petits morceaux et jeté à la rivière toute une famille qui avait caché des Juifs. C’est pour établir des preuves pour eux que travaille l’équipe du père Desbois. Il est très important d’établir les preuves de la shoa à l’Est. Il faut des veilleurs. Dès qu’un génocide se met en route, il faut que toutes les machines se mettent en route, légales ou non, pour l’arrêter. Les génocideurs savent très bien que les gens dont le groupe n’est pas touché dorment en paix ! Lire aussi : Mis en ligne : 9 janvier 07 5 Messages de forum |
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