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La hiérarchie catholique à Jérusalem

mercredi 30 novembre 2005, par Michel Remaud


Patriarche, nonce, custode, délégué apostolique... Le non-initié a généralement de la peine à définir ces différentes fonctions et à comprendre comment leurs compétences respectives s’articulent entre elles.

Le patriarcat latin

L’évêque catholique de rite latin de Jérusalem porte le titre de Patriarche latin.

Les origines du patriarcat remontent aux croisades. Quand les croisés arrivèrent à Jérusalem en 1099, le patriarche de Jérusalem, grec orthodoxe, venait de mourir à Chypre où il s’était retiré. Constatant la vacance du siège, les croisés y installèrent l’un des leurs.
Pendant la période du royaume franc, le siège patriarcal fut occupé par un latin. Lors de la prise de Jérusalem en 1187, le patriarche se retira à Saint-Jean-d’Acre, puis quitta le pays en 1291, à la chute du royaume franc. Le titre de “patriarche latin de Jérusalem” devint alors, pour cinq siècles et demi, une fiction purement honorifique.

Le patriarcat fut rétabli en 1847. Son titulaire actuel est Mgr Michel Sabbah, né à Nazareth en 1933. Il est le premier évêque arabe du diocèse latin de Jérusalem, alors que ses sept prédécesseurs depuis 1847 étaient italiens.
Si le patriarche exerce une autorité réelle sur les 72 000 catholiques latins de Jordanie, de Cisjordanie, d’Israël, de la bande de Gaza et de Chypre, le titre même de patriarche est honorifique, puisque son titulaire n’a sous sa juridiction aucun autre diocèse que le sien propre, qui englobe tous les territoires ci-dessus énumérés. Ce titre lui permet de se situer sur un plan d’égalité avec les patriarches des autres Églises, le Grec-orthodoxe et l’Arménien.
Le patriarche actuel est assisté dans ses fonctions par quatre autres évêques : un coadjuteur (adjoint avec doit de succession) et trois auxiliaires dont l’un réside à Amman, avec délégation pour la Jordanie, et un autre à Nazareth, avec délégation pour le territoire israélien.

Les Églises catholiques de rite oriental

Les Églises catholiques de rites orientaux (maronite, grecque-catholique, etc.) sont aussi représentées en Terre Sainte et chacune de ces Églises a sa hiérarchie propre. Depuis 1992, les chefs de ces différentes Églises catholiques se retrouvent régulièrement au sein de l’Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte, dont le patriarche latin est de droit le président.
Un “ordinaire”, dans le langage juridique catholique, est l’ecclésiastique (généralement un évêque) qui exerce la juridiction ordinaire sur un diocèse ou sur une circonscription assimilée à un diocèse.

La custodie franciscaine

Du départ des croisés jusqu’au rétablissement du patriarcat latin en 1847, mise à part les années 1551-1560 où ils furent expulsés, les Franciscains furent pratiquement les seuls à assurer la présence catholique latine en Terre Sainte. Reconnus officiellement par le sultan depuis 1336 comme gardiens des lieux saints catholiques, ils assumèrent, outre cette garde (“custodie”) le service pastoral des fidèles. Aujourd’hui encore, le supérieur des Franciscains de Terre Sainte, le “custode”, sans être évêque, jouit des privilèges et prérogatives d’un évêque et a droit au port des insignes épiscopaux. Il demeure le garant des droits reconnus à l’Église catholique de Terre Sainte avant le rétablissement du patriarcat latin, ce qui n’est pas sans entretenir dans l’Église locale un certain bicéphalisme. Ajoutons que de nombreuses paroisses du pays sont confiées aux Franciscains, qui sont aussi très présents auprès de la population par leurs œuvres caritatives. L’actuel custode de Terre sainte est le Père Pierbattista Pizzaballa.

La délégation apostolique et la nonciature

Le délégué apostolique est un prélat, généralement un évêque, qui a pour fonction de représenter le Saint-Siège auprès de l’Église locale. Il n’a pas autorité sur les évêques du pays ou de la région, et sa fonction, selon le Droit canonique, est plutôt de liaison et d’information.
Le délégué apostolique peut être aussi nonce apostolique, c’est-à-dire accrédité comme ambassadeur du Saint-Siège auprès du gouvernement du pays où il est en poste.
À Jérusalem, les fonctions de délégué apostolique en Terre sainte et de nonce en Israël sont actuellement exercées par un archevêque italien, Mgr Antonio Franco. Comme dans d’autres domaines, les choses sont moins simples ici qu’ailleurs. Mgr Franco est délégué apostolique à Jérusalem et en Palestine, et nonce en Israël. Il faut ajouter que le territoire de sa compétence ne coïncide pas avec celui du diocèse de Jérusalem. En effet, la Jordanie et le Saint-Siège entretiennent depuis 1994 des relations diplomatiques. Il y a donc un autre nonce pour la Jordanie, qui est accrédité aussi en Irak, où il réside habituellement.

C’est peut-être l’occasion de rectifier une erreur de langage assez largement répandue parmi les Juifs israéliens, dont beaucoup considèrent comme synonymes les termes de pape et de Saint-Siège. Après une hospitalisation de Jean-Paul II lors des dernières semaines de sa vie, on a pu entendre un journaliste annoncer très sérieusement à la radio que le Saint-Siège n’était plus sous assistance respiratoire ! Il faut donc préciser que le Saint-Siège ne se confond pas avec la personne physique du pape, et que cette expression désigne, au sens large, les organismes de gouvernement de l’Église catholique.

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1 Message

  • > La hiérarchie catholique à Jérusalem 15 décembre 2006 14:50, par Nicole Emmanuelle Patouillet

    Depuis peu abonnée à votre site "un écho d’Israël", je tiens à vous remercier des renseignements précis que vous donnez sur les différentes communautés chrétiennes en Terre Sainte ; je fais partie de l’association " Les Montées de Jérusalem", et par deux fois en 1985 et 1989, j’ ai eu la joie de participer à la montée de Pentecôte de chacune de ces années ; en considérant l’évolution des situations religieuses et politiques, je suis heureuse de trouver dans vos documents, des précisions concernant chaque Eglise ; étant engagée dans la Communion de Prière, de cette association, je peux vous assurer de mon union de prière, particulièrement en ce temps de l’Avent et de Noël qui vient. Bonne fête à vous tous, et que " jusqu’à la prochaine rencontre, Dieu vous garde dans la paume de sa main." NicolEmmanuelle Patouillet à Dijon

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