Le public israélien se montre méfiant envers les établissements scolaires de l’Etat. C’est ce qui ressort d’une enquête effectuée par Ynet et l’association Yessodot à l’occasion de la rentrée scolaire.
La ville de Petah Tikva et tout le pays ont été en effervescence la semaine dernière suite au refus de trois écoles privées religieuses d’intégrer des élèves d’origine éthiopienne. Le secteur de l’éducation privée a été critiqué sévèrement même par le président de l’Etat Shimon Pérès et par le chef du gouvernement Binyamin Netanyahu. Pourtant une enquête réalisée par le quotidien sur internet Ynet et l’association Yessodot révèle que la majorité de la population préfère l’éducation privée à l’éducation publique, et exprime un manque de confiance envers les établissements scolaires du gouvernement. De plus il ressort qu’il faut améliorer le statut des enseignants en augmentant leur salaire et renforcer les cours sur les sources juives et le civisme.
61% des interrogés ont déclaré qu’ils préfèrent l’école privée contre 34% seulement qui optent pour l’école publique ou publique-religieuse. 5% pensent que cela ne change rien.
La segmentation des courants religieux montre que les religieux orthodoxes choisissent presque tous leurs propres écoles (81%), mais il est intéressant de voir que les laïques aussi (66%), ainsi que les juifs qui se qualifient de "traditionnels" (51%) choisissent l’école privée, alors que les religieux préfèrent l’école publique ou publique-religieuse (57%).
Instruction civique, judaïsme ou sionisme ?
Dans la seconde question on a demandé aux interviewés, laquelle de ces trois matières ils voudraient qu’on enseigne aux enfants en plus des matières obligatoires. 42% ont choisi l’instruction civique, 31% le judaïsme, 21% le sionisme et 6% préféreraient d’autres matières.
Le résultat de l’enquête montre que justement les orthodoxes religieux et traditionalistes, qui étudient principalement le judaïsme ont choisi cette matière comme la plus importante (91% et 78% pour l’instruction civique alors qu’aucun n’a mentionné le sionisme). Parmi les laïques, l’instruction civique a obtenu 56% alors que le judaïsme est mentionné en dernier avec 12%.
Qu’est-ce qui apportera un changement dans le rapport du public et des élèves envers les enseignants ?
34% pensent que c’est l’augmentation du salaire. 24% des interrogés déclarent que c’est l’enseignement des sources juives qui prône des valeurs morales alors que 19% sont persuadés que d’empêcher l’intervention des parents dans les affaires de l’école est la solution. 17% ont répondu que se lever au début de la leçon en signe de respect pour l’enseignant serait plus effectif.
Dans les différents courants religieux orthodoxes et traditionalistes, on pense que l’enseignement des sources juives est la meilleure réponse aux problèmes des écoles (75%), alors que les laïques sont sûrs que l’augmentation des salaires des enseignants est ce qui peut amener le changement d’attitude envers eux, aussi bien du public que des élèves (41%).
Shoshi Baker, la présidente de Yessodot, a déclaré à la suite de la publication des résultats que "Deux composantes de l’identité de l’Etat d’Israël sont : le judaïsme et la démocratie, le problème en Israël est que ces valeurs ne sont pas perçues comme conciliables et ne peuvent que s’opposer. C’est ce que l’on voit dans l’étude : les laïques choisissent massivement l’étude de l’instruction civique qui soutient la démocratie (55%) et négligent le judaïsme (seulement 11%) alors que pour les religieux, le contraire".
Baker est inquiète du manque de confiance que les laïques comme les religieux ont envers l’Etat et ses institutions. Selon elle : "Cela s’exprime dans le fait qu’ils choisissent en grande majorité l’école privée et il est intéressant de voir que les plus favorables à l’école publique sont les religieux qui préfèrent l’éducation publique. Il semble que pour que la majorité des citoyens s’identifie à l’Etat et à ses buts, il faut renforcer l’étude du judaïsme dans les écoles publiques et l’étude de la démocratie et de l’instruction civique dans un pays juif et démocratique chez les religieux".