
Trois jours après le grave incident qui s’est produit à l’intérieur de la basilique de Nazareth, la visite rendue aux époux Habibi par le Custode de Terre Sainte, le Père Pierbattista Pizzaballa, est en elle-même un événement. Le Custode s’est rendu au poste de police de Nazareth, où Hayyim et Violette Habibi sont toujours gardés à vue. Au terme du bref entretien qu’il a pu avoir avec eux, il a déclaré entre autres : « Je pense qu’en tant que responsables des lieux saints, nous avons la responsabilité également de montrer une attitude et un style chrétiens. Et la voix de la paix est celle du pardon. » Certes, a-t-il ajouté, rien ne peut justifier leur acte, mais « l’Église veut pardonner. Ce geste nous a profondément blessés, mais nous ne gardons pas rancune. Comme hommes d’Église, nous avons le devoir de délivrer un message de paix. Il n’y a pas de paix sans justice, et il n’y a pas de paix sans pardon. » Il a souligné la détresse vécue par cette famille et s’est engagé à l’aider.
Le geste du P. Pizzaballa a eu un retentissement considérable dans tous les organes de presse israéliens. Les journaux télévisés des principales chaînes s’en sont immédiatement faites l’écho, ainsi que les sites Internet des grands quotidiens, certains n’hésitant même pas à titrer : « Le Vatican pardonne. » Formule qui n’est pas totalement inexacte, puisque la Custodie de Terre Sainte est en effet chargée par le Saint-Siège de la garde des lieux saints et que la basilique de l’Annonciation, à ce titre, est placée sous la juridiction du Custode. Ce soir, on a pu entendre en Israël une voix chrétienne autorisée proclamer haut et fort que la clef de la paix était le pardon.
Voir aussi sur le sujet : Événements de Nazareth : le point de vue de la Custodie