L’une des figures les plus marquantes de la vie politique israélienne s’est retirée du devant de la scène. Haïm Ramon, plusieurs fois ministre et ancien président de la centrale syndicale la Histadrout a présenté sa démission de la Knesset lundi dernier. Après 26 ans de présence au parlement israélien, Ramon tire sa révérence et s’en va sans regret. Déjà, avant les dernières élections, alors qu’il était vice- Premier ministre, des rumeurs sur son proche départ de la vie politique courraient dans les rangs de Kadima.
Sa capacité d’analyser les situations et de prévoir les conséquences de telle ou telle décision a fait de Haïm Ramon un oiseau rare et précieux de la politique israélienne. Itzhak Rabin prenait conseil auprès de lui, Shimon Pérès l’avait fait revenir à ses côtés au gouvernement et Ariel Sharon aimait s’entretenir longuement avec lui. Sachant déchiffrer l’échiquier politique, Ramon fut l’un des artisans les plus influents de la création de Kadima. Il encouragea Sharon à quitter le Likoud et à fonder un nouveau parti et réussit à persuader des personnalités de premier plan du parti travailliste de rejoindre la nouvelle formation.
Le départ de Haïm Ramon est un coup dur pour Kadima. L’un de ses fondateurs, homme de caractère s’il en est, s’en va sur la pointe des pieds au moment même où Netanyahu multiplie les initiatives pour effondrer le parti centriste. Le chef du gouvernement espère que certains anciens ministres comme Shaoul Mofaz, qui se languissent de rouler dans une volvo, rejoindront tôt ou tard sa coalition. Tsipi Livni aura du mal à garder ses troupes en ordre de bataille surtout si le Premier ministre relance un quelconque processus de paix, même trompe-l’œil. Netanyahu sait très bien que le parti travailliste ne constitue plus un quelconque danger pour son avenir politique à court et moyen terme. Le seul ennemi à abattre le plus rapidement est Kadima. Ramon, futé comme un vieux renard, a senti le vent tourner. Le parti centriste, malgré les apparences, se fissure lentement mais sûrement. Contrairement aux pronostics, Kadima et son leader ne sont pas capables d’une opposition forte face la présente coalition. Son départ semble annoncer le chant du cygne.
Ramon est fatigué de la vie politique israélienne tout en étant profondément atteint par son virus. Certains analystes estiment qu’un retour sur le devant de la scène dans quelques années de l’ancien ministre est plus que vraisemblable. Il prend l’air où moment où celui de la Knesset est quelque peu pollué…