A la demande du quotidien Haaretz, le tribunal de paix de Petah Tikva a levé partiellement l’interdiction de publier dans la presse les premiers résultats de l’enquête menée par la police à l’encontre de l’ancien député Azmi Bishara.
Bishara, qui a quitté le pays depuis le 6 avril, avait présenté le 22 avril sa lettre de démission de la Knesset à l’ambassade d’Israël au Caire.
La présidente de la Knesset et chef de l’Etat par intérim, Dalia Itzik, avait alors immédiatement demandé de mettre sous scellés le bureau du député arabe israélien.
Cette décision avait provoqué de vives protestations de la part des députés arabes israéliens.
Azmi Bishara, leader du parti politique Balad, est soupçonné de collaboration avec l’ennemi en temps de guerre (c’est-à-dire avec le Hezbollah), de transmission d’informations à l’ennemi, de contact avec des agents ennemis et de blanchiment d’argent. Le tribunal de Petah Tikva n’a pas autorisé la publication de détails à ce stade de l’enquête mais il est clair que l’ex-député est accusé de haute trahison envers l’Etat d’Israël dont il est citoyen. L’accusation est d’autant plus grave que Bishara semble avoir profité de son immunité parlementaire pour violer la loi.
En Israël, la haute trahison en temps de guerre est punie de peine de mort ou de prison à perpétuité.
Azmi Bishara, qui se trouve actuellement en Egypte, réfute toutes ses accusations et parle de chasse aux sorcières. Les députés de Balad n’hésitent pas à accuser le Shabak et les autorités d’Israël d’intimidation à l’encontre des parlementaires arabes en vue de les délégitimer.
Cette affaire très grave jette une nouvelle fois le soupçon sur les arabes israéliens et particulièrement son leadership. Lors de la dernière guerre, des Arabes de Galilée ont transmis régulièrement des informations au Hezbollah en les aidant à « ajuster » leurs tirs. Si les soupçons à l’encontre de Bishara sont exacts, l’ancien député, au lieu d’aider à une meilleure intégration des arabes dans la société israélienne, aura fait tout le contraire et jeté le discrédit sur l’ensemble de ses compatriotes.
Nadia Hilou, députée arabe du parti travailliste, a déclaré hier : « N’oublions pas que la majorité des Arabes d’Israël sont des citoyens fidèles. A cette heure difficile, il faut resserrer la collaboration entre Arabes et Juifs. »
Bishara fait voler en éclats le préjugé souvent répandu que les chrétiens arabes sont plus « israéliens » que les musulmans. Faut-il rappeler que l’ancien député, soupçonné de haute trahison, est un chrétien ?
Mis en ligne le 26 avril 07