De plus en plus de musulmans viennent visiter Israël. Début décembre, ce sont les musulmans londoniens qui ont sillonné le pays. D’autres viennent même de pays qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël, de Malaisie, d’Indonésie… .
Du 14 au 19 décembre, une délégation de 15 musulmans français, tous intégrés dans la société civile, sont venus en Israël. Leur but : confronter l’opinion musulmane française avec la réalité israélienne.
C’est Valérie Hoffenberg, directrice du bureau parisien de l’American Jewish Comite (AJC) qui a préparé ce voyage. Depuis plusieurs années elle travaille à créer des ponts entre les députés et sénateurs parisiens et les responsables et représentants de la communauté musulmane de France. Ces rencontres, réunions, dîners, lui ont permis de faire la connaissance de musulmans français ayant un impact sur la société civile française. 15 d’entre eux ont accepté de faire partie de ce voyage. Parmi eux, une femme d’affaire, une sous-préfet, une inspectrice générale de l’Education nationale, une journaliste, un commandant de police.
Dans le contexte français, monter une telle délégation semblait une gageure. En effet, depuis la deuxième intifada (2000), la France est devenue le théâtre d’affrontements judéo-arabes, les jeunes arabes français s’identifiant avec les Palestiniens. Et, jusqu’à aujourd’hui, l’incompréhension reste forte entre les deux communautés. Alors, ce voyage ?
Au programme, la visite de Yad Vashem (beaucoup ont pleuré), d’une école de Kfar Kara, où des enfants juifs et musulmans étudient ensemble, Bethléem, la VieilleVille de Jérusalem. Mais aussi des rencontres, avec Shimon Peres et Abou Mazen en particulier. En dépit de leurs occupations, ces deux chefs d’Etat ont accordé un temps plus long que prévu à ce petit groupe de musulmans français. « Votre présence ici nous met du baume sur le cœur », lance Peres après leur avoir parlé du douloureux quotidien des Palestiniens et des Israéliens. A Ramallah, ils sont reçus dans la moukata par Mahmoud Abbas. Là, ils parlent de l’influence du conflit israélo-palestinien sur la réalité judéo-arabe en France. « Quel serait votre message pour la communauté musulmane française ? » lui demandent-ils. « Dites leur que nous voulons vivre en paix avec les Israéliens, et que nous ne cautionnons aucun acte de violence au nom de la Palestine », répond Abbas.
Au terme de ces 5 jours de voyage, les membres de cette délégation découvrent sur le terrain qu’ils n’avaient jusque là rien compris au conflit. Même ceux qui avaient de la peine à prononcer le mot Israël, l’entité sioniste pour eux, appellent à un suivi, à la nécessité de mettre en place des actions communes.
« Personne n’est sorti indemne de ce voyage » conclut Valérie Hoffenberg, en entendant de la bouche des uns du et des autres : « Nous ne serons plus jamais les mêmes ».
Source : Jérusalem Post en français du 30 décembre au 5 janvier