Les pèlerins reviennent, ce qui est une bonne nouvelle, après quatre années où les rues de la vieille ville étaient désespérément vides et où les commerçants passaient leurs journées à jouer au jacquet en attendant une improbable clientèle.
Dans un passage célèbre, le Talmud énumère et décrit sept sortes de pharisiens. “À la manière de...”, on pourrait aussi décrire sept catégories de pèlerins.
Celui qui savait déjà tout avant d’arriver et qui, à peine descendu de l’avion, explique la situation locale à ceux qui vivent sur place ; en ajoutant que, s’ils ne pensent pas comme lui, c’est qu’ils sont intoxiqués. L’espèce existe et elle n’est pas en voie de disparition.
Celui qui ne veut pas de guide israélien.
Celui qui, voyant un adulte israélien parler à des enfants israéliens, en conclut qu’en Israël, les adultes endoctrinent les enfants - même s’il ne comprend pas un mot d’hébreu.
Celui qui ne comprend pas pourquoi les Juifs ne reconnaissent pas Jésus comme le messie, alors qu’il est né à Bethléem, comme les prophètes l’avaient annoncé.
Celui qui veut savoir pourquoi les voitures israéliennes ont des plaques jaunes.
Celui qui a tout compris en une semaine et qui va rentrer chez lui en disant qu’il connaît parfaitement la question, puisqu’il est allé voir sur place.
Celui qui réalise que les choses sont très compliquées.
Le Talmud laisse entendre que seule la dernière catégorie fait honneur aux pharisiens, mais il ne précise pas quelle proportion elle représente dans l’ensemble.
Par rapport aux groupes qui venaient avant la seconde Intifada, on perçoit un élément nouveau chez ceux qui arrivent aujourd’hui : il arrive que leur écoute soit conditionnée par leur propre expérience de l’islam en France.
On constate aussi chez certains groupes une tendance à ne pas rémunérer les intervenants qu’ils invitent à leur parler, lorsque ce qu’ils ont entendu n’est pas politiquement correct. Il est trop tôt pour savoir si la tendance se confirmera.