Données historiques
Sous ce nom on peut grouper un ensemble très varié et nombreux de communautés qui se sont multipliées en Europe, en Amérique du Nord et dans les pays du tiers-monde, où certaines d’entre elles ont connu une large diffusion. Il s’agit ordinairement de mouvements nés des diverses Églises issues de la Réforme qui ont accentué tel ou tel point particulier du message évangélique : la question du baptême des adultes (baptistes), une certaine conception de la méthode missionnaire (méthodistes), le rôle de l’Esprit saint et de ses dons (pentecôtistes), l’importance du shabbat, des prescriptions alimentaires de l’Ancien Testament et de l’attente messianique (adventistes du septième jour), etc. Ces communautés, qui souvent se réclament des premiers temps de la Réforme, sont nées généralement au XIXe siècle dans les pays anglo-saxons, en réaction à la situation des Églises protestantes d’alors qui avaient tendance à verser dans le rationalisme et le libéralisme.
Caractéristiques particulières
Une des principales caractéristiques de ces communautés est leur volonté d’annoncer l’Évangile pour créer de nouvelles assemblées, des lieux où se regroupent ceux qui sont “nés de nouveau”. Par opposition aux Églises traditionnelles “multitudinistes”, c’est-à-dire se considérant comme Église de la nation où elles sont implantées, ces assemblées sont “confessantes”, c’est-à-dire qu’elles ne considèrent comme leurs que ceux qui déclarent explicitement en faire partie. C’est pourquoi elles refusent généralement le baptême des enfants et prônent le baptême des seuls croyants. On les appellent aussi “Églises libres”, car elles manifestent une grande liberté dans plusieurs domaines : liberté au sens de décision libre et volontaire dans l’acte de foi, liberté à l’égard de l’État, liberté dans l’expression de cette foi (les cultes sont souvent occasions d’improvisations liturgiques), liberté à l’égard de tout enseignement dogmatique et prédominance de la piété individuelle et du témoignage public de l’expérience personnelle de Dieu. On y pratique souvent une lecture très littérale de l’Écriture qui refuse ordinairement toute réflexion critique sur les textes.
Ces communautés forment en général des congrégations locales autonomes qui peuvent s’unir entre elles pour former des unions à différents niveaux. Elles sont aussi souvent méfiantes à l’égard des organismes œcuméniques.
Les Églises libres en Israël
Bien que certaines de ces communautés soient présentes depuis longtemps dans la région (par exemple les baptistes depuis 1911), nombreuses sont celles qui se sont implantées à la suite de la fondation de l’État d’Israël, voyant dans le retour des Juifs sur leur terre un signe de la fin des temps et donc de la venue du Messie attendu. Elles sont très actives dans le pays et partage souvent des convictions proches du sionisme. C’est à elles que l’on doit la fondation à Jérusalem d’une “Ambassade chrétienne en Israël” créée en réaction au refus des nations du monde de reconnaître Jérusalem comme la capitale de l’État d’Israël. Elles déploient parfois aussi une activité parallèle dans les milieux arabophones. En outre de nouvelles assemblées locales ont aussi vu le jour en Israël, particulièrement en vieille ville de Jérusalem, comme par exemple “l’Assemblée de l’Alliance”, “l’Assemblée de Jérusalem”. Ces communautés regroupent des arabes chrétiens très engagés dans le témoignage en milieu musulman. Toutes ensemble, ces communautés représentent quelques milliers de personnes.
Assez proches d’elles se trouvent les Juifs messianiques, bien qu’ils refusent généralement d’être appelés “chrétiens”, car ce terme s’applique selon eux aux chrétiens provenant du paganisme. Ils forment de nombreuses communautés locales, souvent très diverses les unes des autres, tant dans leur théologie que dans leur organisation ou que dans leurs célébrations. Malgré leur autonomie, elles trouvent parfois le moyen de se réunir pour manifester la communion existant entre elles. On estime à quelque 10.000 le nombre des Juifs messianiques en Israël.