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Les Assemblées ou Eglises évangéliques (ou Églises libres)

mardi 3 janvier 2006, par Daniel Attinger


Données historiques

Sous ce nom on peut grouper un ensemble très varié et nombreux de communautés qui se sont multipliées en Europe, en Amérique du Nord et dans les pays du tiers-monde, où certaines d’entre elles ont connu une large diffu­sion. Il s’agit ordinairement de mouvements nés des diverses Églises issues de la Réforme qui ont accentué tel ou tel point par­ticulier du message évangélique : la question du baptême des adultes (baptistes), une certaine conception de la méthode missionnaire (méthodistes), le rôle de l’Esprit saint et de ses dons (pente­côtistes), l’importance du shabbat, des prescriptions alimentaires de l’Ancien Testament et de l’attente messianique (adventistes du septième jour), etc. Ces communautés, qui souvent se réclament des premiers temps de la Réforme, sont nées généralement au XIXe siècle dans les pays anglo-saxons, en réaction à la situation des Églises protestantes d’alors qui avaient tendan­ce à verser dans le rationalisme et le libéralisme.

Caractéristiques particulières

Une des principales caractéristiques de ces communautés est leur volonté d’annoncer l’É­van­gile pour créer de nouvelles assemblées, des lieux où se regroupent ceux qui sont “nés de nou­veau”. Par opposition aux Églises traditionnelles “multitudinistes”, c’est-à-dire se consi­dérant comme Église de la nation où elles sont implantées, ces assemblées sont “confessan­tes”, c’est-à-dire qu’elles ne considèrent comme leurs que ceux qui déclarent explicitement en faire partie. C’est pourquoi elles refusent généralement le baptême des enfants et prônent le baptême des seuls croyants. On les appellent aussi “Églises libres”, car elles manifestent une grande liberté dans plusieurs domaines : liberté au sens de décision libre et volontaire dans l’acte de foi, liberté à l’égard de l’État, liberté dans l’expression de cette foi (les cultes sont souvent occa­sions d’improvisations liturgiques), liberté à l’égard de tout enseignement dog­matique et prédo­minance de la piété individuelle et du témoignage public de l’expérience personnelle de Dieu. On y pratique souvent une lecture très littérale de l’Écriture qui refuse ordinairement toute réfle­xion critique sur les textes.

Ces communautés forment en général des congrégations locales autonomes qui peuvent s’u­nir entre elles pour former des unions à différents niveaux. Elles sont aussi souvent mé­fiantes à l’égard des organismes œcuméniques.

Les Églises libres en Israël

Bien que certaines de ces communautés soient présentes depuis longtemps dans la région (par exemple les baptistes depuis 1911), nombreuses sont celles qui se sont implantées à la sui­te de la fondation de l’État d’Israël, voyant dans le retour des Juifs sur leur terre un signe de la fin des temps et donc de la venue du Messie attendu. Elles sont très actives dans le pays et par­tage souvent des convictions proches du sionisme. C’est à elles que l’on doit la fonda­tion à Jérusalem d’une “Ambassade chrétienne en Israël” créée en réaction au refus des na­tions du monde de reconnaître Jérusalem comme la capitale de l’État d’Israël. Elles déploient parfois aussi une activité parallèle dans les milieux arabophones. En outre de nouvelles as­semblées locales ont aussi vu le jour en Israël, particulièrement en vieille ville de Jérusalem, comme par exemple “l’Assemblée de l’Alliance”, “l’Assemblée de Jérusalem”. Ces commu­nautés regrou­pent des arabes chrétiens très engagés dans le témoignage en milieu musulman. Toutes ensem­ble, ces communautés représentent quelques milliers de personnes.

Assez proches d’elles se trouvent les Juifs messianiques, bien qu’ils refusent généralement d’être appelés “chrétiens”, car ce terme s’applique selon eux aux chrétiens prove­nant du paga­nisme. Ils forment de nombreuses communautés locales, souvent très diverses les unes des au­tres, tant dans leur théologie que dans leur organisation ou que dans leurs célébra­tions. Malgré leur autonomie, elles trouvent parfois le moyen de se réunir pour manifester la communion existant entre elles. On estime à quelque 10.000 le nombre des Juifs messianiques en Israël.

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