Moshe Leib Lilienblum, 1843-1910, écrivain hébreu, critique et polémiste, natif de Lithuanie. L’un de ceux qui ont appartenu au mouvement de la Haskala, et l’un des leaders du mouvement des "Amants de Sion". Connu par le surnom de "Malal".
Moshe Leib Lilienblum est né en Lithuanie, issu d’une famille de rabbins érudits. Enfant, il fut éduqué de façon juive traditionnelle dans une école talmudique. Quand il était âgé de 9 ans, sa mère mourut. A l’âge de 13 ans il se fiança, vint habiter chez les parents de sa fiancée et continua ses études de judaïsme. Après son mariage, deux ans plus tard, il fonda une école talmudique pour les adolescents. Durant les années qui suivirent, il fut attiré par les idées du mouvement de la Haskala et appela à opérer des réformes halakhiques pour rendre la religion juive conforme à l’esprit de l’époque. Ses propos lui valurent des oppositions au sein de la communauté juive de la ville, et plusieurs des leaders lancèrent contre lui un anathème. En 1869, il s’installa à Odessa afin d’acquérir une formation générale et une profession.
La rencontre avec les gens du mouvement de la Haskala à Odessa suscita chez Moshe Leib Lilienblum une grande déception, qu’il formula, entre autres choses, dans une satire en vers intitulée "La communauté des fantômes". En parallèle, il s’éloigna de la religion, sa laissa gagner par les idées socialistes et se mit à prêcher une réforme du mode de vie des juifs en Russie, par le passage à des travaux productifs et l’insertion dans la classe ouvrière, passage qu’il vit comme une solution à la misère des Juifs.
A Odessa, Moshe Leib Lilienblum rédigea l’hebdomadaire yiddish, "Voix du messager". A l’âge de trente ans, il rédigea une autobiographie, "Erreurs de jeunesse", où il décrivait les années de son enfance et les difficultés suscitées par le mode de vie juif traditonnel. Son livre eut une influence considérable sur les jeunes Juifs de sa génération, dans la mesure où il reflétait les embarras et les difficultés auxquels se heurtaient les Juifs en raison de la différence entre le judaïsme traditionnel et la vie moderne. Lors de son séjour à Odessa, il nourrit sa famille avec peine, grâce à des travaux de bureau, de correction d’épreuves et d’enseignement.
Les pogromes "Tempêtes dans le Neguev"(1881) changèrent dans une mesure considérable les conceptions de Moshe Leib Lilienblum. Il pensa alors que les Juifs n’avaient pas la possibilité de s’intégrér réellement dans la société russe comme des égaux et qu’éternellement ils seraient considérés comme des étrangers détestés. C’est pourquoi, il pensa que le sionisme était l’unique solution au problème des Juifs et il commença d’agir dans ce sens. En 1883, il fut l’un des fondateurs de l’association des "Amants de Sion" à Odessa et l’un de ses dirigeants. Plus tard, il agit en faveur de l’unification des diverses associations des "Amants de Sion" dans le cadre du mouvement des "Amants de Sion".
Moshe Leib Lilienblum formula ses idées dans un recueil d’articles (1884) intulé "A propos de la résurrection d’Israël sur la terre de ses ancêtres", qu’il traduisit ensuite du russe en hébreu. Le recueil fut considéré comme l’un des documents fondateurs de l’idée sioniste. Cette même année, il prit l’initiative avec Léon Pinsker d’organiser un rassemblement, le congrès de Kattowitz, congrès qui fut à la base du mouvement des "Amants de Sion". A la fin de la même année il fut élu secrétaire rémunéré de la direction du mouvement, fonction qu’il occupa jusqu’à sa mort. Dans le cadre de cette fonction, il agit comme conciliateur entre les courants religieux et les courants laïques du mouvement. Il s’efforça également de rapprocher les "Amants de Sion" des idées de Théodor Herzl, même s’il s’opposa résolument au programme de l’Ouganda.
Parallèment à son activité sioniste, Moshe Leib Lilienblum publia deux autres livres autobiographiques : "Chemin de repentance" et "Chemin d’hébraïsation des exilés". Dans le dernier, il résume son activité dans le cadre des "Amants de Sion". En 1909, il rassembla ses écrits les plus importants dans quatre volumes. Le premier fut publié alors qu’il était encore en vie, et les autres après sa mort.
En 1909, il fut atteint d’une maladie maligne et mourut environ un an plus tard. Le village de Malal porte son nom.