Le parti travailliste est un parti de gauche, sioniste et membre de l’internationale socialiste. Il est né de l’union du Mapaï, parti fondé par David Ben Gourion en 1930, du mouvement des Poalé Tsion (travailleurs de Sion) et de Ahdout HaAvoda (union du travail) et du parti Rafi. Fondé en 1968 par Lévi Eshkol, il devint en 1969 le ’Maarakh’ (cartel) lorsque le parti Mapam rejoignit la formation. Le Mapam, né en 1948 avait une orientation idéologique clairement pro-Union Soviétique et était marqué par une ligne politique stalinienne forte qui sera peu à peu abandonnée. Jusqu’en 1990, le Mapam gardera une certaine autonomie au sein du parti.
En Février 1969, Golda Meïr remplace à la tête du parti Lévi Eshkol, décédé soudainement, et elle lui succède au poste de Premier ministre. Sa nomination est due à la volonté des différentes formations du parti - le Rafi de Moshé Dayan et les Poalé Tsion- Ahdout HaAvoda de Yigal Allon - de trouver un candidat accepté par tous.
Le parti travailliste développa alors une politique socialiste et favorisa très largement la centrale syndicale, la Histadrout, dont le but était de protéger le droit des travailleurs et de lutter pour une égalité sociale entre les différents citoyens d’Israël.
Sur le plan politique, de nombreuses divergences d’opinions virent le jour. Après la guerre des Six Jours, les différents courants du parti furent d’accord sur un point unique : ne pas se retirer des territoires occupés jusqu’à ce qu’un accord de paix soit signé avec les Palestiniens. Le principe de concessions territoriales fut toujours envisagé, mais les divergences se multiplièrent lorsque des plans concrets furent avancés.
Après la guerre de Kippour, une crise importante éclata au sein du gouvernement et du parti. Golda Meïr démissionna après les élections du 31 décembre 1973, où le Maarakh remporta 51 sièges à la Knesset. Les têtes de file du parti, parmi lesquelles il faut compter Moshe Dayan, le ministre de la Défense, Abba Even, le ministre des Affaires étrangères et Pinhas Sapir, le ministre des Finances, quittèrent eux aussi le gouvernement. Shimon Pérès, ministre de l’Information et Itzhak Rabin, ministre du Travail, briguèrent la direction du parti. Rabin l’emporta de peu et fut nommé Premier ministre. C’est la période où les premières implantations illégales vont surgir en Judée et Samarie. Rabin donna l’ordre de les détruire mais Shimon Pérès, ministre de la Défense, l’en empêcha.
En 1977, eut lieu un ‘renversement’ du pouvoir. Le Likoud obtint 43 sièges contre 32 pour le parti travailliste. Pour la première fois depuis la création de l’Etat d’Israël, le parti travailliste était dans l’opposition. Shimon Pérès remplaça Itzhak Rabin à la tête du parti. Ménahem Bégin devint Premier ministre.
Lors des élections de 1981, le parti travailliste obtint 47 mandats et le Likoud 48. Les travaillistes restèrent dans l’opposition. Le gouvernement fut dirigé par Bégin jusqu’en octobre 1983. Ce dernier démissionna suite aux critiques liées à la guerre du Liban. Il fut remplacé par Itzhak Shamir.
En 1984, le parti travailliste obtint 44 sièges et le Likoud 41. Les deux grands partis décidèrent de former un gouvernement d’union nationale. Ils inventèrent un système de rotation. Durant les deux premières années, Shimon Pérès fut Premier ministre et Itzhak Shamir ministre des Affaires étrangères, puis Shamir le remplaça à la tête du gouvernement et Pérès devint Chef de la diplomatie. En 1987, ’Yahad’ (ensemble) fondé par Ezer Weizman et qui avait obtenu 3 mandats aux élections de 1984 rejoignit le parti travailliste.
Durant ces années, les travaillistes sont divisées en deux camps : les colombes qui sont pour des concessions territoriales et les faucons qui prônent une politique de fermeté avec les Palestiniens. Pérès est à la tête des ‘colombes’ et Rabin est le leader des ‘faucons’.
Aux élections de 1988, le Likoud et les travaillistes obtinrent respectivement 40 et 39 sièges à la Knesset. Shamir et Pérès formèrent à nouveau un gouvernement d’union nationale. En 1990, les travaillistes quittèrent la coalition et regagnèrent l’opposition.
En 1992, lors des élections primaires au parti travailliste, Rabin l’emporta sur Pérès. Le 23 juin 1992, les travaillistes remportèrent les élections avec 44 mandats. Un an plus tard, ce fut le début du processus de paix d’Oslo. Israël débuta des négociations avec l’OLP puis signa la paix avec la Jordanie. Le 4 novembre 1995, Rabin fut assassiné. Pérès le remplaça alors à la tête du gouvernement.
Aux élections de 1996, Binyamin Netanyahu fut élu Premier ministre au suffrage universel. Le parti travailliste avait obtenu 34 mandats contre 32 pour le Likoud. En 1997, Ehud Barak, ancien chef d’Etat-major de Tsahal, fut élu à la tête du parti. Aux élections anticipées de 1999, Barak initia ‘Israël Ahat’, une union de trois partis de gauche (Avoda, Gesher et Meimad). Il gagna les élections. Il relança le processus de paix, mais en septembre 2000, la seconde Intifada éclata. Il démissionna alors de son poste.
Ariel Sharon, qui se présenta contre lui aux élections pour le poste de Premier ministre, l’emporta. Le parti travailliste participa au gouvernement de Sharon. En 2001, Binyamin Ben Eliézer fut élu à la tête du parti. En novembre 2002, il conduisit à la chute du premier gouvernement Sharon à la suite d’un désaccord sur le budget de l’Etat. Les élections furent anticipées. Eliézer fut remplacé à la direction du parti par Amram Mitzna. Les élections de janvier 2003 furent un échec pour les travaillistes qui n’obtinrent que 19 mandats et Sharon forma son second gouvernement sans la participation des travaillistes.
En 2003, Mitzna démissionna de son poste de secrétaire général du parti et fut provisoirement remplacé par Shimon Pérès. En janvier 2005, le parti travailliste rejoignit le gouvernement et Pérès fut nommé vice Premier ministre. Les députés du parti travailliste soutinrent alors Sharon dans son plan de désengagement.
En novembre 2005, de nouvelles élections primaires eurent lieu et Shimon Pérès fut défait par Amir Péretz, chef de la centrale syndicale israélienne, la Histadrout. Le parti travailliste quitta alors le gouvernement. Les élections furent avancées. Un mois plus tard, Sharon créa le parti Kadima. Shimon Pérès décida de le suivre et quitta le parti travailliste.
Les deux messages principaux de la campagne électorale de 2006 sont d’abord l’amélioration de la situation économique et sociale des couches les plus défavorisées, puis la reprise de négociations avec le monde arabe et, si possible, avec les Palestiniens en vue d’arriver à un accord de paix global.
Aux élections de 2006, le parti obtient 19 sièges à la Knesset. Le parti travailliste entre dans la coalition gouvernementale dirigée par Ehud Olmert avec 7 portefeuilles dont celui de la Défense.
Suite à la seconde guerre du Liban, les critiques sont de plus en plus sévères contre le secrétaire général du parti et ministre de la Défense, Amir Péretz. Lors du premier tour des éléctions primaires en mai 2007, il est battu et n’arrive qu’en troisième position. Au second tour, Ehud Barak l’emporte de peu avec 51, 3% des voix sur son rival Ami Ayalon et redevient le leader du parti travailliste.
Les grands points du programme travailliste :
Le parti travailliste prône des négociations avec les Palestiniens en vue d’arriver à un accord final : deux peuples, deux Etats. Il appelle aussi à mettre un terme aux discriminations à l’encontre des minorités en Israël. Sur le plan économique, il demande l’augmentation du salaire minimum, le développement des infrastructures en vue de créer des emplois.
Sur le plan de l’Education, il est pour l’école gratuite depuis le plus jeune âge et le renforcement des Etudes supérieures de la Recherche.
Voir également la liste des candidats au poste de député du parti travailliste.
Au terme du scrutin du 10 février 2009, le parti travailliste n’obtient que 13 sièges et devient pour la première fois dans son histoire la quatrième formation politique après le parti de droite Israël Beiténou.
Dirigeants du parti depuis 1948
David Ben Gourion : 1948-1963
Levi Eshkol : 1963-1969
Golda Meir : 1969-1974
Itzhak Rabin : 1974-1977
Shimon Pérès : 1977-1992
Itzhak Rabin : 1992-1995
Shimon Pérès : 1995-1997
Ehud Barak : 1997-2001
Binyamin Ben-Eliezer : 2001-2002
Amram Mitzna : 2002-2003
Shimon Pérès : 2003-2005
Amir Peretz : 2005-2007
Ehud Barak : 2007 -
Dernière mise au jour 13 février 2009