Au super-marché de la rue Shmuel Baruch, près du Mahané Yehuda à Jérusalem, le client est accueilli par une grande affiche représentant une mère et son enfant devant un réfrigérateur ouvert où l’on peut voir un yaourt, une tomate et une boîte de conserve à moitié vide ; le tout accompagné de la légende : « 60 000 enfants n’ont rien à manger chez eux ». Près de chaque caisse, on retrouve la même affiche en modèle réduit, et le client est invité à donner, s’il l’accepte, un shekel pour l’enfance sous-alimentée. Conséquence de 4 années d’Intifada qui ont tari le flot des touristes et provoqué en Israël une crise économique sans précédent. Aujourd’hui, le quart de la population israélienne vit sous le seuil de pauvreté. La ligne de partage entre riches et pauvres, il n’est pas inutile de le souligner, ne se superpose pas à celle qui distingue Juifs et Arabes : parmi les Israéliens, il y a des Arabes riches et des Juifs pauvres.
De quoi bouleverser encore le cliché présent dans l’esprit de beaucoup de Français, pour qui les Israéliens sous tous banquiers et tous riches.