Jamais d’Oscars pour les films israéliens. Pourquoi ? Cette question a resurgi après la défaite d’Ajami aux cérémonies de cette année. Comme neuf autres films israéliens depuis 1965, Ajami était suffisamment bon pour faire partie des finalistes, pas assez "comme il faut" pour remporter la victoire.
Dans les premières décennies du cinéma israélien, l’Académie du Film israélien avait le don pour candidater les productions les plus critiques vis-à-vis de la société israélienne (Sweet Mud, What a Wonderful Place, entre autres). On y cherche encore les personnages israéliens non-détestables. Le nombre considérable de juges juifs au sein du prestigieux comité de sélection américain a bien pu se sentir offensé par de tels portraits.
Une génération prometteuse
Ces dernières années cependant, la qualité des - environ - 14 films produits annuellement en Israël a fait un véritable bond. A l’œuvre : un groupe de jeunes réalisateurs, qui ont souvent débuté avec des séries télévisées. En parallèle, la présence des producteurs talentueux et un choix d’histoires plus pertinentes ont, semble-t-il, constitué la formule gagnante.
Ces trois dernières années, un film israélien encensé par la critique s’est à chaque fois retrouvé dans les cinq finalistes de la catégorie du "Meilleur film étranger". Cette année, Ajami - vision interne des tensions entre Juifs et Arabes ainsi qu’entre Arabes eux-mêmes dans le quartier "Ajami" de Jaffa - a été sélectionné par l’Académie israélienne. A la surprise générale, c’est la l’œuvre argentine, très peu médiatisée, The secret in Their Eyes, qui a été récompensée.
La critique s’est habituée aux étranges choix du comité de sélection du film étranger. Cette année, comme l’année dernière, quatre des cinq films en finale étaient inquiétants, durs et innovants, alors que le cinquième était plus doux, conventionnel, voire plus hollywoodien. Pour Katriel Schory, directeur exécutif du Fonds israélien pour le Cinéma, le fait que ces critères aient favorisé le choix du film argentin ne fait aucun doute. Quoi qu’il en soit, les réalisateurs israéliens n’ont aucune intention de changer de style pour augmenter leurs chances aux Oscars, précise-t-il. "Les 700 membres de l’Académie israélienne choisissent le meilleur film pour ses mérites, pas pour faire plaisir à un certain public ou des juges à l’autre bout du monde", sourit Schory.
Source : Jerusalem Post