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Présentation de la fête de Souccot

jeudi 3 décembre 2009


Après Pessah et Shavouot, Soukkot est la troisième fête de pèlerinage. Elle est encore appelée Fête des Tentes. Célébrée durant une semaine, elle commence le 15 Tishri.

1. Origines de la fête Comme les deux autres fêtes de pèlerinage, Soukkot a une double signification, agricole et historique.

Signification agricole

Se situant au seuil de l’automne, Soukkot était une fête d’action de grâce pour la récolte d’automne et pour les bénédictions accordées par Dieu au travers de la nature durant l’année écoulée. La dimension agricole de la fête est biblique et se retrouve notamment en :
- Ex 23, 16 : « Tu observeras la fête de la Moisson (hag ha-qatsir = Shavouot), des prémices de tes travaux de semailles dans les champs, et la fête de la Récolte (hag ha-asif), en fin d’année, quand tu rentreras des champs le fruit de tes travaux. »
- Dt 16, 13 : « Quant à la fête des Tentes (hag ha-Soukkot), tu la célébreras pendant sept jours lorsque tu auras rentré tout ce qui vient de ton aire et de ton pressoir. »

Signification historique

Pessah fait mémoire de la sortie d’Egypte et Shavouot le don de la Torah au Sinaï ; ainsi Soukkot commémore l’errance des israélites dans le désert, et c’est la raison pour laquelle on construit des tentes. « Vous habiterez sept jours sous des huttes (Soukkot). Tous les citoyens d’Israël habiteront sous des huttes, afin que vos descendants sachent que j’ai fait habiter sous des huttes les Israélites quand je les ai fait sortir du pays d’Égypte. Je suis le Seigneur votre Dieu. » (Lv 23, 42-43)

Autres noms de la fête

En Nb 29,12 Soukkot est désigné tout simplement par le mot ha-‘hag (« la fête »). Les rabbins feront de même afin de suggérer que Soukkot est la fête par excellence (de même, on appelle Kippour : ha-Yom, c’est-à-dire « le jour »).
Zman simhatenou (« temps de notre joie ») est l’appellation liturgique de la fête de Soukkot, et en vérité, la joie est très présente à Soukkot.

2. La mitsva de la souka (« Tente » ou « hutte »)

Construction :
La Torah ordonne d’habiter dans une souka durant la fête de Soukkot. Avant le 15 Tishri, chaque famille construit sa souka dans le jardin ou sur le balcon, et durant la fête tous les repas doivent être pris dans la souka à moins que les intempéries ne l’empêchent. Au moins, dire le qidoush et manger un petit peu du repas du premier soir de la fête dans la souka est obligatoire. On s’efforcera aussi d’y recevoir les amis, d’y dormir et d’y étudier la Torah.
Ce doit être une construction provisoire dont le toit est composé de feuillages et de branchages, à travers lesquels il est possible de voir les étoiles du ciel. Il s’agit de faire mémoire des habitations précaires dans lesquelles s’abritèrent les israélites durant la traversée du désert, habitations qui symbolisent aussi l’abandon à la protection divine. En retournant chaque année pendant une semaine dans la souka, on affirme qu’il n’y a pas de résidence permanente ici-bas, et qu’en fin de compte, Dieu est notre seul abri.

BénédictionLe premier soir, on fera 4 bénédictions : 1- la bénédiction sur le vin (qidush)
2- Avant d’accomplir la mitsva de demeurer
dans la souka, il faut prononcer la bénédiction suivante : « Béni sois-tu, Seigneur notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné de demeurer dans la souka. »
3- La bénédiction shé-héhéyanu
4- La bénédiction sur le pain (motsi)

Les sept ‘oushpizin Selon le Zohar, lorsque un juif habite la souka, il est digne de recevoir la shekhina et les sept bergers fidèles que sont Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David. De là est née la coutume d’accueillir chaque jour de la fête, un de ces ’oushpizin (« invités d’honneur »). En général, on inscrit leur nom sur une feuille et les 7 feuilles sont affichées sur les murs de la souka ; Elie a parfois aussi un siège qui lui est réservé.

3. La mitsva du Loulav (« branche de palmier »)

La mitsva de prendre le loulav se trouve en Lv 23, 40 : « Le premier jour vous prendrez un fruit de l’arbre Hadar, des rameaux de palmier, des branches de l’arbre Abot et des saules de rivière, et vous vous réjouirez pendant sept jours en présence du Seigneur votre Dieu. »
On rassemble donc dans un bouquet appelé loulav quatre espèces (arba‘ minim) : une branche de palmier, un rameau de myrte, une branche de saule et un cédrat (sorte de gros citron). Chaque jour de la fête qui n’est pas chômé, on emmène le loulav à la synagogue pour la prière du matin ; au cours de la récitation du hallel, on prononce la bénédiction relative à cette mitsva, et l’usage est de secouer les quatre espèces en direction des quatre points cardinaux, ainsi que de haut en bas.
L’interprétation de ce geste est multiple : rendre grâce à Celui qui a fait le ciel et la terre, à Celui qui a tout créé, conjurer les vents néfastes et les mauvaises influences atmosphériques, demander la pluie à Dieu. De même la symbolique des quatre espèces est riche. Chacune représente : une caractéristique du Saint Béni soit-Il, un des 4 patriarches ou une des 4 matriarches, un des quatre types de juifs, une partie du corps humain.

4. La joie

La joie est aussi une mitsva, un commandement. La Torah dit en effet : « Tu célébreras la fête des Tentes pendant sept jours, au moment où tu rentreras le produit de ton aire et de ton pressoir. Tu te réjouiras à ta fête [ve-sama’hta be-‘haguekha], toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, le lévite et l’étranger, l’orphelin et la veuve qui sont dans tes portes » (Dt 16, 13-14).
A l’époque du second Temple, les libations d’eau versées sur l’autel, afin de mettre en valeur les prières pour la pluie au cours de la fête de Soukkot, étaient aussi accompagnées de grandes manifestations de joie. Il y avait au Temple d’énormes chandeliers d’or et des torches fabriquées à partir des vieux habits du grand prêtre. On raconte que la lumière était tellement grande que les femmes pouvaient trier les lentilles la nuit. Des danses s’organisaient dans les parvis du Temple et selon les sages, il n’y avait pas de joie plus grande que lors de ces festivités.

5. Liturgie

Le Hallel est récité en entier chaque jour. Chaque soir, dans la bénédiction qui suit le Shema‘ Israel, on demande à Dieu d’étendre la souka de sa paix sur son peuple.

Les lectures
Le rouleau propre à la fête de Soukkot, c’est le livre de l’Ecclésiaste ou Qohélet. Il est lu à la synagogue durant le shabbat qui se trouve dans la semaine de Soukkot (ou à Shemini ‘atseret s’il n’y a pas de shabbat intermédiaire, ou le premier jour de Soukkot en Israël). Ce livre rappelle la petitesse de l’homme face à Dieu, et que « tout est vanité ». Dans ses derniers chapitres, il propose aussi une réflexion sur le cycle de la vie de l’homme de sa jeunesse à sa vieillesse.

Le 1er jour, Lv 22,26 à 23,44 présente les commandements de la fête de Soukkot ; la Haftarah est Za 14 où les temps de la fin sont décrits comme une immense fête des Tentes. Le 2ème jour, la Haftarah est 1 R 8,2-21 qui raconte l’inauguration du Temple de Salomon, un huitième jour de la fête des Tentes. Lors du Shabbat intermédiaire, on lit Ex 33,12 à 34,26 et Ez 38 qui raconte le combat de Gog et Magog et conclue ainsi : « Je manifesterai ma grandeur et ma sainteté, je me ferai connaître aux yeux des nations nombreuses, et ils sauront que je suis le Seigneur. » (Ez 38,23)

6. Hosha’na rabba et les hoshanot

Durant les sept premiers jours de la fête, au terme de l’office du matin, une procession s’organise autour d’un rouleau de la torah, le loulav en main et au rythme de prières et d’hymnes appelés hosha’not. Le refrain Hosha‘-na (= Hosanna) signifie « de grâce sauve-nous ».
Le 7ème jour de la fête est appelé Hosha‘na rabba et ce jour-là, on fait sept fois le tour de la Torah tandis que les hosha‘not sont plus développées. Le nombre de tours est fixé à sept, car Dieu a sept qualités selon 1 Ch 29,11 : la grandeur, la puissance, la gloire, l’autorité, la majesté, la royauté et la domination suprême. Il s’agit en quelque sorte de la conclusion de la fête. La miséricorde obtenue le jour de kippour est annoncée à Hosha‘na rabba. Les hosha’not peuvent être comprises comme les dernières invocations pour que soit achevé le salut accordé le jour de Kippour. Le loulav représente en quelque sorte les palmes de la victoire de la miséricorde de Dieu.

Quatre versets introduisent les hosha‘not :
« Sauve, nous t’en prions à cause de Toi, notre Dieu, sauve, nous t’en prions ;
Sauve, nous t’en prions à cause de Toi, notre Créateur, sauve, nous t’en prions ;
Sauve, nous t’en prions à cause de Toi, notre Rédempteur, sauve, nous t’en prions ;
Sauve, nous t’en prions à cause de Toi qui nous recherche, sauve, nous t’en prions. »
Le jour de Hosha‘na rabba, à la fin de l’office du matin, on voit tout le monde frapper le sol avec son loulav. Ce rite symbolise le renouveau de la vie : les branches ainsi dénudées de leurs feuilles bourgeonneront au printemps. Au niveau spirituel, ce rite exprime le désir de sortir des fêtes d’automne dépouillé et purifié. Et à la fin de ce jour, on chantera La-shana ha-baa biroushalayim (« l’année prochaine à Jérusalem »).

Conclusion

La souka et le loulav sont les éléments les plus marquants de cette fête emprunte d’une liesse très grande. Mais les 8 ou 9 jours de Soukkot ne sont pas achevés :
Shemini ‘atseret et Simhat Torah concluront réellement le cycle de la fête des tentes et des fêtes d’automne.

Source : Ziv, bulletin de la commission judaïsme de la Cté des Béatitudes.


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