
- Mr et Mme Neher
Avec Madame Renée Neher, c’est une grande figure du judaïsme français, et du judaïsme francophone en Israël, qui vient de disparaître.
Renée Bernheim était venue d’Alsace. Avec André Neher, qu’elle avait épousé en 1947, elle fut un des membres les plus actifs de la communauté juive de Strasbourg, prenant en particulier une part importante dans l’accueil des Juifs sépharades exilés d’Algérie à partir de l’été 1962. À la suite de la guerre de 1967, André et Renée Neher prirent la décision de la alya et vinrent s’établir à Jérusalem.
Docteur en histoire, Renée Neher-Berheim a consacré la plus grande partie de sa vie à l’histoire de son peuple. Elle laisse une œuvre écrite importante, en langue française, qu’il n’est pas possible de présenter ici, depuis Le judaïsme dans le monde romain jusqu’à La vie juive en terre sainte, consacré à la vie de la communauté juive en terre d’Israël sous la domination ottomane, en passant par l’Histoire biblique du peuple d’Israël, écrite collaboration avec son mari André Neher. Ceux qui ont eu la chance de pouvoir l’approcher et l’entendre appréciaient la manière dont elle savait allier la rigueur de l’érudition à l’art de raconter, regrettant parfois que les contraintes de l’édition lui aient interdit d’émailler ses ouvrages d’anecdotes qu’elle aurait aimé rapporter.
Les étudiants du Centre Ratisbonne se souviendront de ses conférences sur l’histoire juive contemporaine, où le talent pédagogique était mis au service d’un amour de son peuple, de sa terre et de sa ville qui donnait sens à toute sa recherche. Son état de santé lui avait malheureusement interdit d’apporter sa collaboration à l’enseignement donné à l’Institut Albert-Decourtray, dont la fondation l’avait réjouie.
Jusqu’à ces derniers temps, Madame Neher était une lectrice attentive et assidue d’Un écho d’Israël. Ses appréciations et ses encouragements nous étaient précieux.
Elle s’est éteinte le 29 Décembre 2005, 28 Kislev 5766, au quatrième jour de Hanucca. Elle repose désormais sur le mont des Oliviers, auprès d’André Neher. Que sa mémoire soit en bénédiction.