« Tout mon quartier, auparavant laïque, devient religieux, les Juifs orthodoxes y achetant des appartements. » Voilà ce que l’on entend fréquemment ici. Et, du coup, on parle d’un véritable exode : les non religieux et en particulier les jeunes allant vivre ailleurs, à Tel Aviv, par exemple.
Mais tous ne pensent pas ainsi. Ofer Berkovitch (26 ans), membre du conseil municipal de Jérusalem, né dans cette ville d’une famille jérusalémite, est convaincant : « L’idée de quitter Jérusalem ne m’est jamais venue. » Depuis plusieurs années, voyant les problèmes que rencontre sa génération, il décide avec quelques amis de créer une nouvelle structure pour permettre aux jeunes de « s’épanouir » dans cette ville. Il crée le mouvement « réveil ». Avec 100 membres et plus de 1000 adhérents, ce mouvement est en train d’engendrer une nouvelle réalité pour les jeunes. Plusieurs décisions y sont prises pour améliorer les possibilités de logement, de transport public, de vie culturelle, en tenant compte des besoins et des désirs des jeunes laïques de Jérusalem.
Berkovitch avait déjà créé, lors de ses études, une station de radio pour les Hautes écoles. Scout et membre de l’organisation Ziv, il avait aussi œuvré pour le développement des activités de loisir. « Je voulais prouver qu’ici, à Jérusalem, le vie des jeunes peut être riche et passionnante. »
A l’armée, il servit dans l’aviation. C’est là qu’avec quelques amis il essaya de réfléchir à l’avenir des Juifs non religieux à Jérusalem, cette ville que « nous aimons. » Cela semblait une gageure. Berkovitch comprit alors que, pour être vraiment efficace, il lui faudra briguer une place dans la nouvelle municipalité.
Nommé membre du conseil municipal, lors des dernières élections, il est actuellement responsable du département de la Jeunesse, et, en tant que tel, travaille également avec les responsables des Affaires sociales et du Sport. Soutenu par d’autres membres de la municipalité, il a aussi sa place dans tous les projets culturels de la cité. Berkovitch est bien sûr en lien avec toutes les associations de jeunesse et, en particulier, avec les étudiants.
« Il y a encore tout à faire ici pour améliorer la vie culturelle, mais nous sommes sur la bonne route » déclare-t-il optimiste.