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Salon du livre de Paris - la littérature israélienne à l’honneur (1ère partie)

jeudi 6 mars 2008, par Jean-Marie Allafort


Depuis 1994, le salon du livre de Paris accueille chaque année une littérature étrangère : l’Italie, l’Espagne, le Japon, le Brésil etc... Cette année, Israël est le pays invité d’honneur. 39 auteurs israéliens de langue, traduits et publiés en France seront présents lors de cette manifestation qui se tiendra à la porte de Versailles du 14 au 19 mars prochain. Le programme des rencontres organisées pour ces écrivains pendant le Salon du livre est coordonné par le Centre national du livre.

Le Salon du livre sera inauguré conjointement par le président français Nicolas Sarkozy et par le président israélien Shimon Pérès.

La littérature comme les arts et les sciences sont des lieux où les hommes de tous les horizons culturels et religieux peuvent se rencontrer. Les appels au boycott par certains intellectuels (pas seulement musulmans) parce qu’Israël est l’invité d’honneur relèvent de la bêtise. Comment peut-on penser qu’en lisant un livre de littérature hébraïque on soutiens la politique du gouvernement d’Israël ou l’occupation dans les territoires ?

C’est une occasion exceptionnelle de découvrir la littérature hébraïque. Certains auteurs sont connus par le public français, d’autres le sont beaucoup moins.

Les 39 écrivains invités sont : Elie Amir, Aharon Appelfeld, Gabriela Avigur-Rotem, Benny Barbash, Ron Barkaï, Orly Castel-Bloom, Lizzie Doron, Israël Eliraz, Haïm Gouri, Michal Govrin, David Grossman, Amir Gutfreund, Alon Hilu, Shifra Horn, Miron C. Izakson, Sayed Kashua, Judith Katzir, Etgar Keret, Alona Kimhi, Ron Leshem, Savyon Liebrecht, Mira Maguen, Edna Mazya, Sami Michaël, Agi Mishol, Rutu Modan, Eshkol Nevo, Rony Oren, Amos Oz, Israel Pincas, Igal Sarna, Meir Shalev, Zeruya Shalev, Youval Shimoni, Ronny Someck, Zvi Yanaï, Avraham B. Yehoshua, Nurit Zarchi, Boris Zaidman.

Nous vous signalons, dans le cadre de ce salon, certains livres de littérature israélienne que nous avons particulièrement appréciés.

Aharon Appelfeld, La chambre de Marianna, roman, trad. par Valérie Zenatti, éd. L’Olivier, 2008

Aharon Appelfeld est né à Czernowitz en Roumanie en février 1932. Rescapé de la Shoah durant laquelle il perd ses deux parents (il retrouvera son père 20 ans plus tard), il émigre en Palestine alors sous mandat britannique en 1946. Il a reçu de nombreux prix littéraires, dont le Prix Médicis étranger en 2004. Son ami l’écrivain américain Philip Roth le fait apparaître dans son roman Opération Shylock et dit de lui : « Appelfeld est l’auteur dépaysé d’une littérature elle-même dépaysée et il a fait de cette désorientation un sujet qui n’appartient qu’à lui ». Son dernier roman traduit en français, La chambre de Mariana, est le récit d’une double initiation : au mal, incarné par les hommes qui rendent visite à l’héroïne Mariana et pourchassent les juifs ; à l’amour et à la sensualité puissante qu’elle incarne.



Gabriela Avigur-Rotem, Canicule et oiseaux fous, roman, trad. par Zina Avran et Arlette Pierrot, éd. Actes Sud, 2006

Gabriela Avigur-Rotem est née à Buenos-Aires en Argentine en 1946. Elle émigre en Israël avec ses parents en 1950. Après des études de littérature anglaise et hébraïque, elle enseigne dans un lycée et dirige des ateliers d’écriture dans les universités de Haïfa et Ben Gourion. Elle est lauréate de nombreux prix littéraires dont Le prix Wiso en France en 2006 pour son roman Canicule et oiseaux fous. Canicule et oiseaux fous est une évocation d’un parcours personnel, ce roman est le bilan amer et désabusé d’une vie collective dont les protagonistes sont les survivants de la Shoah, les immigrés des quatre coins du monde, les collectivistes du kibboutz et la jeunesse aux prises avec une identité éclatée et multiple.



Haïm Gouri, L’Affaire chocolat, roman, trad. par Rosie Pinhas-Delpuech, éd. Denoël, réédition 2008

Haïm Gouri est né à Tel-Aviv en 1923. Après la guerre d’indépendance en 1948, il étudie la littérature et la philosophie à l’Université hébraïque de Jérusalem. Ses études de littérature française à l’Université de la Sorbonne lui permettent de traduire en hébreu de nombreuses oeuvres de poètes et d’écrivains français. Il reçoit plusieurs distinctions littéraires en Israël dans le domaine journalistique, pour Face à la cage de verre : Le procès Eichmann, Jérusalem, 1961 en 1962. L’affaire chocolat, son roman récemment réédité en français, est une réflexion onirique avec comme fil rouge une question lancinante : comment continuer à vivre quand tous les vôtres ne sont pas revenus des camps d’extermination ?



David Grossman, Dans la peau de Gisela (politique et création littéraire), essais, trad. par Sylvie Cohen, éd. du Seuil, mars 2008

David Grossman, né en 1954 à Jérusalem, est considéré aujourd’hui comme l’une des figures majeures de la littérature israélienne. Il fait des études de philosophie et de théâtre à l’Université hébraïque de Jérusalem et commence sa carrière comme correspondant à Kol Israel, la radio nationale en Israël. Il devient célèbre avec la parution de son premier livre, Le vent jaune, essai politique engagé où il décrit les souffrances imposées aux palestiniens. Le 10 août 2006, quelques jours avant la mort de son fils au combat, lui et les écrivains Amos Oz et Avraham B. Yehoshua avaient lancé, d’abord dans le quotidien Haaretz puis lors d’une conférence de presse, un appel au gouvernement israélien pour qu’il accepte un cessez-le-feu, point de départ pour aboutir à une solution négociée, décrivant la poursuite des actions militaires comme “ dangereuse et contreproductive ” et s’inquiétant du sort du gouvernement libanais. Dans son dernier recueil, Dans la peau de Gisela, David Grossman livre sa vision personnelle de la société israélienne. À travers la question centrale de l’identité, l’auteur analyse ce qui constitue le quotidien d’Israël : la permanence d’un conflit qui, selon lui, mène à l’impasse.

La suite demain...
Mis en ligne le 6 mars 08

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