Généraliser immobilise, alors que tout bouge.
Dans le Jérusalem Post du vendredi 20 août, plusieurs articles obligeaient le lecteur à revenir sur ses opinions, sur ses préjugés, des généralisations qui figent une réalité, alors que tout bouge ; même si, en écoutant les nouvelles, on a l’impression que rien ne bouge vraiment !
Quelques exemples :
1) « Les organisations juives d’aide humanitaire ont été créées pour aider les Juifs dans le besoin. » Vraiment ?
Prenons le cas du JOINT, American Jewish Joint Distribution Committee (JDC). Il fut fondé en 1914 pour centraliser l’assistance matérielle aux Juifs dans le besoin et les aider à émigrer et s’installer en Palestine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Joint a organisé des opérations de sauvetage, puis a aidé les survivants à se réadapter en particulier ceux qui étaient réfugiés dans les camps avant d’immigrer en Israël. Le JOINT collectait alors de l’argent chez les Juifs américains, concrétisant ainsi la solidarité existant dans le peuple juif.
Actuellement le JOINT s’est ouvert à une solidarité internationale, se mobilisant pour tout désastre touchant l’une ou l’autre partie du globe. Il collabore de plus en plus à des actions humanitaires en faveur des non Juifs en Israël et dans le monde.
Sa première intervention auprès des Musulmans en danger fut en 1999 pour les réfugiés du Kossovo ; puis, lors des tremblements de terre au Pakistan, en 2006 et 2008. Il y a quelques semaines le JOINT a fait appel aux Juifs américains, principaux fournisseurs de fonds, pour pouvoir porter secours aux 20 millions de Pakistanais victimes de l’inondation. Il est intéressant de noter qu’aucun bénéficiaire pakistanais n’a rejeté l’aide juive pour des raisons politiques ou religieuses.
Pour le JOINT, aider les victimes pakistanaises fait partie du Tikoun Olam, (la réparation ou transformation du monde), et le faire en collaboration avec des chrétiens, des Musulmans et d’autres, c’est encore mieux.
2) « Les Haredim, les Juifs ultra-orthodoxes, refusent de s’engager dans l’armée ».
Voilà une généralité que l’on entend partout. Cependant il y a de nombreuses exceptions. Citons en une.
Netzhah Yehuda, un bataillon de 700 soldats religieux, fête cette année son dixième anniversaire. Il fait partie de la brigade Kfir, responsable des opérations en Judée Samarie. Il a commencé avec 30 soldats. Actuellement Netzah Yehuda est, avec ses 700 soldats, le bataillon le plus important. La plupart sont des Israéliens haredim ou national religieux. Après avoir terminé leurs années de service, ils sont aidés financièrement pour compléter leurs études. Plusieurs de ces soldats sont désapprouvés par leur famille et parmi les 86 soldats « solitaires », sans famille, il y en a 30 qui sont rejetés par leur famille en Israël.
Le but de ce bataillon est de permettre à des religieux de conserver leur style de vie tout en s’engageant dans l’armée pour défendre leur pays. Ils portent la kipa, observent le shabbat et mangent entièrement kacher. Il n’y a pas de soldates dans le bataillon. Les candidats sont nombreux et le bataillon ne peut en engager que 150 par an. Peut-être faudra-t-il un jour créer un deuxième bataillon et envisager plus tard une brigade religieuse.
3) « Le tombeau de Joseph à Naplouse est un lieu d’affrontement entre les Juifs désirant venir y prier et les Palestiniens ».
Des petits groupes de Hassidiques ou de religieux de Samarie essayaient de pénétrer illégalement et souvent de nuit dans cette zone sous contrôle palestinien, mettant même leur vie en danger.
Pour la première fois depuis 10 ans, le 19 août 2010, une délégation de haut rang dirigée par les grands rabbins Yona Metzger et Shlomo Amar se rendit de jour en pèlerinage à la tombe de Joseph à Naplouse et à l’ancienne synagogue Shalom al Israël à Jéricho. Il faut savoir que Naplouse et Jéricho sont en zone A, c’est-à-dire sous responsabilité sécuritaire palestinienne. Cette visite officielle fut préparée en collaboration entre le rabbin du Mur occidental et des Lieux Saints, Shmuel Rabinovitch, le chef de la brigade de Judée Samarie Yoav Mordekhaï et les Forces de Sécurité palestiniennes.
Le rabbin Metzger profita de cette occasion pour s’insurger contre toutes les infiltrations clandestines et souvent nocturnes des Juifs pieux sur ce lieu. « Cela ne doit pas plaire à Joseph le Juste », précisa-t-il, appelant à arrêter tout pèlerinage qui ne serait pas organisé en collaboration avec l’armée et les Forces de Sécurité palestiniennes
David Ha’ivri, le directeur exécutif de l’office de liaison en Samarie, semble très optimiste : « Nous espérons que la visite des grands rabbins nous permettra de venir plus facilement et surtout légalement prier en ce lieu. »