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Vous êtes dans : Accueil >> Un écho d’Israël > > Un écho d’Israël 32 : novembre - décembre 06

Tsahal et l’éducation

mercredi 15 novembre 2006, par Cécile Pilverdier


Yeshivot hesder

La "yeshivat hesder" est une école talmudique qui combine les études religieuses et un service militaire raccourci dans un cadre religieux. Ces yeshivot appartiennent au mouvement religieux national, qui allie les obligations religieuses, l’étude de la Tora, le développement spirituel, et la compréhension de l’obligation de servir à Tsahal et de participer à la société israélienne. Les élèves viennent pour la plupart du mouvement sioniste religieux, après leurs études secondaires dans une école religieuse.

La base légale de cet arrangement

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Yeshivat hesder

Le fondement légal de ces yéshivot a été établi durant des années par le ministre de la Défense. L’origine de ces yéshivot hesder est l’idée de la fondation d’un « Nahal » (unité combattante religieuse ). Cependant à la suite d’une décision de la Cour Suprême en 1999, il avait été décidé de repousser le service militaire pour les très religieux, et on a aussi décidé d’un service militaire raccourci pour les autres.

Quand ils terminent leurs études secondaires, on demande à ceux qui vont faire ce service dans tsahal, de présenter un certificat de l’école où ils ont étudié et passé le baccalauréat avec spécialité Talmud. Dans certains collèges religieux on leur donne des jours de congé, après avoir reçu l’acceptation d’entrer à Tsahal, pour qu’ils puissent étudier quelques jours dans les différentes yeshivot hesder. Cette semaine s’appelle la « semaine de la yeshiva » et qu’ils puissent ainsi choisir parmi elles. L’admission à la yéshiva comme "hesder" se fait sur la recommandation de l’Association des yéshivot hesder. Cette organisation représente aussi les responsables de ces yeshivot dans les contacts, les discussions et les demandes addressées à Tsahal en ce qui concerne le service militaire et les droits des soldats qui y servent.

Les Yeshivot Hesder

La première école talmudique où a été institué cet arrangement pour la première fois, est l’école talmudique supérieure de la « vigne de Yavné », fondée au début des années cinquante, et qui représente son fondateur, le rabbin Haïm Goldwitch, lors de la cérémonie de remise du Prix d’israël en 1991, décerné aux yeshivot hesder.

Le nombre des soldats aujourd’hui est de plus de 1300 par an, ce qui représente plus d’un cinquième de ceux qui terminent leurs études dans les écoles religieuses sionistes. La majorité des autres vont dans les grandes yeshivot, les universités ou font le service militaire normal.

L’organisation et les études

L’organisation ressemble à celle des autres yeshivot, qui suivent le modèle lituanien : la plus grande partie du temps est employé à l’étude approfondie du Talmud, appellé "étudede réflexion » ; dans certaines on étudie aussi la Bible et la pensée juive. Dans les Yeshivot hesder, on partage généralement la journée en trois parties, appellées « ordres » : l’ordre du matin, du midi et du soir. A partir du soir, et jusque dans la nuit en général, il y a un cadre d’étude personnel ou en groupe. Le cycle d’étude met l’accent sur le service envers la société israélienne. De nombreux élèves sont volontaires pour le service de sécurité civile, le Maguen David, (l’équivalent de la Croix Rouge) les services sociaux dépendants des mairies ou autres. Ce n’est pas par hasard si de nombreuses yeshivot hesder sont situées dans les villes de développement ou des régions frontalières. Leur emplacement est important sur le plan idéologique.
D’autres sont dans des villes importantes, pour renforcer le côté spirituel du lieu. Ainsi de nombreuses Yeshivot sont en Judée-Samarie, comme renforcement de la présence juive du lieu.

Les différentes sortes de Yeshivot hesder

Au début de 2006, il y avait 40 yeshivot hesder et leur nombre augmente sans arrêt. Il est difficile de caractériser chacune d’elles, mais on peut en donner une description générale.

On peut distinguer quatre groupes principaux :
- Le centre du Rav, au mont Mor et celles qui en dépendent.
- la yeshiva du mont Etsion et celles qui en dépendent.
- les yeshivot du "nouveau hassidisme".
- Celles qui ne sont pas définies .

Ces différents groupes ont des liens entre eux et leur responsable a lui même été formé dans une yeshivat hesder. Celà ne veut pas dire qu’elles auront toutes les mêmes idées.

Le "Centre du Rav", qui n’est pas d’abord une yeshivat hesder, a été créé par le rabbin Avraham Itzhak Ha-Cohen Kook en 1924. Durant la vie de ce dernier elle a bénéficié d’un moment de célébrité, étant la première qui participait au mouvement religieux sioniste. Par la suite chaque rabbin imprime sa marque, plus ou moins ouverte à la société laïque, plus ou moins prête à des actions extrêmes pour le « grand Israël », sacralisant parfois l’Etat d’Israël.

- La yeshiva du mont Etsion et ses filiales

La yeshiva du mont Etsion appellé « Ha Goush » (le bloc) à cause de sa situation dans le bloc Etsion des implantations près d’Hébron, a été érigée par le rabbin Yehuda Amital. Elle est ouverte aux études de la pensée religieuse du rav Kook ainsi qu’à d’autres, mais l’influence du rabbin Soloveitshik est la plus marquée, en raison de sa façon lituanienne d’étudier.

A cause de sa tendance politique modérée, cette yeshiva s’oppose aux yeshivot « ha kav », comme symbole sioniste et religieux de gauche. Cette yeshiva n’impose pas de s’identifier complètement avec sa propre ligne, et ainsi ses « filles » sont en bons rapports avec elle et ne sont pas sa simple « reproduction ».
Les Yeshivot les plus proches de son esprit sont celles de Petach Tikva, Otniel, Yeruham, tout en n’adoptant pas toujours ses idées.

Comment sont dirigées les yeshivot hesder ?

Parallèlement à ce qu’apportent les yeshivot hesder, il y a ce qu’elles apportent au « commandement ». De nombreux élèves ont été nommés à la direction de ces écoles et beaucoup d’entre eux sont devenus officiers pendant leur service militaire. Pendant leurs périodes de réserve ils ont été nommés à différents niveaux de direction et parfois à de très hauts niveaux. Les yeshivot hesder ont formé de nouveaux rabbins qui dans l’armée sont chefs et officiers. Parmi eux nommons le rabbin Eliézer Shenwold, le rabbin Yuval Sherlo, le rabbin Yehoshua Ben Meir et d’autres.

Les yeshivot hesder communautaires

Ces dernières années il faut souligner l’influence des religieux sur la population générale des grandes villes. On peut nommer les yeshivot hesder de Petach Tikva, de Ramat Gan, de Rishon le Tsion, Holon, Raanana, Modiin.

Le parcours

Il dure cinq ans et chaque année est appelée par les élèves « unité » comme dans les écoles
- L’unité A- L’année après le collège, les élèves repoussent le service militaire d’un an et se consacrent à l’étude.
- L’unité B- La plupart en début d’année s’engagent partiellement, mais continuent à étudier jusqu’en mars ou août (selon la décision de l’école). Dans ce cas, ce temps est compté comme service militaire sans solde. Après celà, les élèves se joignent au cadre militaire normal .
- L’unité C- Cette année là est consacrée au service militaire ordinaire.
- L’unité D- Cette première année après le service militaire ils étudient et elle leur est comptée comme service militaire sans solde.
- L’unité E- Les études continuent, et le service sans solde se termine en milieu d’année. Les soldats mariés ont le droit, en général, de raccourcir ce trajet et de rester une année en moins en yeshiva. Beaucoup d’élèves restent de nombreuses années en plus pour étudier afin de devenir rabbins.

Le caractère du service militaire concret dans les yéshivot hesder

Le soldat qui s’engage dans les yeshivot hesder doit faire un service d’un an et quatre mois et parfois davantage (ceux qui participent à des cours d’infirmiers, officiers ou autre) ; la longueur du service n’est pas fixe et dépend des besoins de l’armée, et de ce que peut faire le soldat. Les soldats qui sont dans le service civil ont un temps plus court, et les officiers un temps plus long. Pendant leur service, les soldats des yeshivot hesder servent dans des unités qui leur sont propres et qui, à la fin, sont dispersées parmi les combattants. Les non-combattants, une minorité, font seulement la période d’entrainement avec les autres.

Le rapport Ben Bassat

A la mi-février 2006, le comité dirigé par le professeur Ben Bassat a présenté un rapport, disant qu’il fallait diminuer le service militaire obligatoire à Tsahal. L’un des points disait de supprimer les parcours particuliers, et parmi eux les yeshivot hesder. C’est le gouvernement qui devra trancher. Au début de la réunion du gouvernement du 26 février 2006, le chef du gouvernement provisoire, Ehud Olmert, a annoncé qu’on prendrait la décision en fonction des avantages qu’apportent les soldats de ces yeshivot et, qu’en conséquence, on ne supprimerait pas cette institution.

Le projet de faire passer ces étudiants dans les cadres ordinaires

En janvier 2005, le général Eléazar Stern, responsable des ressources humaines à Tsahal, a annoncé que les sections combattantes spéciales des soldats des yeshivot seraient supprimées, et qu’ils seraient réunis aux unités ordinaires pendant leurs mois de service. Cette décision a été acceptée avec colère par les chefs des yeshivot, bien qu’une minorité l’ait acceptée. Stern voulait renforcer le caractère de Tsahal comme "armée du peuple", permettant aux soldats des différentes classes de se rencontrer. Certains journalistes prétendaient que ce plan visait à diminuer l’influence des chefs des yeshivot incitant au "refus de servir", surtout depuis le désengagement de la Bande de Gaza. Le général Stern a récusé cette accusation.

Dernièrement les yeshivot hesder sont arrivées à un consensus, le général ayant promis de répartir les élèves en groupes d’au moins dix dans chaque section, ce qui leur permettait d’être un nombre suffisant pour la prière communautaire.

Service sans solde

Cette phase représente la plus grande partie du service des élèves des yéshivot hesder. Dans la plupart, les élèves repoussent le service militaire d’une année, et ainsi leur première année d’étude talmudique est un volontariat. C’est seulement à la fin de cette année ou au milieu de la seconde, (selon les yéshivot) qu’ ils sont incorporés à l’armée. A la différence du service normal, les étudiants des yeshivot ne portent pas l’uniforme et servent sans solde. Cela dure, avant et après, deux ans et demi. Le temps de service normal pour eux est d’un an et demi. Pendant cette période les soldats doivent, comme tous les autres soldats, porter l’uniforme y compris dans leurs déplacements.

L’intégration

Deux yeshivot participent au programme de "l’intégration", dans lequel les étudiants font leur période militaire sans réduction du temps de service, mais ils la font en deux périodes séparées par un temps d’étude. Ces deux yeshivot sont celles de Maale Gilboa et Ein Tsurim, proches du caractère des kibboutsim religieux, qui sont très libéraux et se rapprochent de la yeshiva du mont Etsion.

Ce que pense le public israélien de ces yeshivot

Bien que parfois s’élèvent des griefs d’une partie du public (qui ne comprend pas l’importance de l’étudede la Tora), en général les yeshivot hesder sont très appréciées par Tsahal et le peuple, surtout à cause du refus des orthodoxes d’envoyer leurs fils à l’armée, et de la grande motivation des soldats des yeshivot hesder et de leur valeur humaine. Cette approche a changé après l’assassinat d’Itzhak Rabin par Ygal Amir, qui est sorti d’une yeshivat hesder criant la déchirure entre la gauche et la droite à cette époque. Il y a eu des voix pour demander le démantèlement des cadres militaires avec les yeshivot, qu’on a soupçonnées d’encourager le "refus d’obéissance" et d’être liées à la droite fondamentaliste. C’est le sujet du film "Ha Hesder" (Israël 2002), qui dépeint les étudiants se préparant à faire sauter les mosquées de l’esplanade du Temple.

le "Refus d’obéissance"

Avec le début de la préparation du plan de désengagement, en juillet 2005, plusieurs cas de désobéissance ont été signalés parmi les soldats des yeshivot hesder. L’armée a prévenu que le refus d’un de ces soldats causerait le renvoi de sa section et de sa yeshiva, prolongeant son service d’une année et demie. Dans un cas précis, on a dispersé la section de ces étudiants après que neuf de ses soldats aient refusé d’obéir.

Après le désengagement, le général Stern a réclamé la démission de deux chefs de yeshivot qui avaient encouragé publiquement le "refus" mais cette menace n’a pas été mise à exécution.

Le corps d’armée chargé de l’éducation

Ce corps d’armée fait partie des ressources humaines de Tsahal.

Sa fonction :

- Renforcer le sens de l’appartenance et de la responsabilité des officiers et des soldats envers l’Etat d’Israël, le pays, le peuple et son héritage.

- Faire que les rencontres à l’armée, entre les diverses cultures des soldats soient un moyen de connaissance et de sensibilisation à la complexité de la société israélienne, et servent à en renforcer l’unité.
- Aider à l’écoute, au dialogue et au respect de la dignité de la personne à l’intérieur du groupe.
- Aider à la formation de l’esprit de Tsahal, entre les officiers et les soldats, à l’armée et comme citoyens de l’Etat d’Israël.
- Armée du peuple d’un pays démocratique, elle doit renforcer et améliorer la conscience de la valeur et de l’importance de Tsahal, parmi les officiers, les soldats, la jeunesse et la société.
- Favoriser et réaliser l’intégration des immigrants dans Tsahal.
- Développer le désir chez les jeunes, à servir de façon générale et en particulier au combat.
- Centraliser et effectuer des actions nationales avec la priorité dans l’éducation, le social et particulièrement auprès des populations défavorisées.

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