Un peu moins de 24h après que le Premier ministre Ehud Olmert se soit rendu auprès du président israélien Shimon Pérès pour lui remettre sa lettre de démission, le chef de l’Etat a décidé de confier à Tsipi Livni la charge de former un nouveau gouvernement.
Après avoir entendu les délégués de tous les partis politiques représentés à la Knesset comme le demande la loi, Shimon Pérès a annoncé officiellement ce soir qu’il demandait à la députée Tsipi Livni de former le prochain gouvernement. Selon la procédure, après avoir informé de sa décision la présidente de la Knesset Dalia Itzik, le président de l’Etat a reçu la future candidate au poste de Premier ministre qui a accepté la mission confiée.
Dans l’histoire d’Israël, c’est la deuxième fois qu’une femme est appelée à former un gouvernement.
Dans son premier discours à la résidence du chef de l’Etat, Tsipi Livni a appelé les partis politiques de la Knesset à se joindre à son gouvernement. Elle s’est particulièrement adressée à Binyamin Netanyahu en lui demandant de participer à la coalition qu’elle tente de mettre sur pied. Livni a déclaré que si elle ne parvenait pas à former un gouvernement, elle était prête à aller aux élections.
Selon la loi, Livni a 28 jours pour présenter au président son gouvernement. Dans le cas où elle aurait des difficultés à créer une coalition (au minimum 61 députés), Shimon Pérès peut lui accorder un délais supplémentaire de 14 jours. Au terme de ce délais, en cas d’échec, le président a le droit de demander à un autre député d’essayer de former un gouvernement. Le délai est également de 28 jours. S’il ne parvient pas à remplir la mission confiée, la tenue de nouvelles élections est inévitable.
La clef de la coalition : Ehud Barak
Ehud Barak, le ministre de la Défense, a dans ses mains la clef de la future coalition. Personne ne sait vraiment qu’elles sont les intentions du leader travailliste. Il est pourtant celui qui a initié l’actuelle crise politique en refusant, il y a quelques mois, d’aller aux élections générales. Il a demandé des élections internes à Kadima en vue de remplacer Ehud Olmert et de former un nouveau gouvernement. Il y a aujourd’hui une nouvelle tête à Kadima et une candidate potentielle au poste de Premier ministre. Mais Ehud Barak ne semble pas encore satisfait.
Va-t-il prendre le risque des élections sachant que, selon les derniers sondages, le score du parti travailliste sera sans doute le plus bas de toute l’histoire du parti ? Va-t-il faire une alliance stratégique avec Netanyahu en vue de faire échouer toute tentative de formation d’une nouvelle coalition et de préparer un gouvernement d’union nationale après les élections générales ? Mais le public israélien, qui soupçonne que les deux hommes ne veulent pas d’une femme à la tête du pays, pourrait bien le leur faire payer.
La situation de Ehud Barak et du parti travailliste est des plus mauvaise auprès des Israéliens. Le choix retenu sera « le moins mauvais » pour la carrière de l’ancien Premier ministre et de ses coreligionnaires. Pour les intérêts du pays, il faudra attendre…